Le café améliore-t-il vraiment la vigilance au volant ?

01/09/2021 Sécurité routière
Sécurité routière Le café améliore-t-il vraiment  la vigilance au volant ?

Assurance Prévention mène depuis trois ans l’étude Bien manger pour mieux conduire, afin de mesurer l’impact de l’alimentation sur la conduite. Cette année, le troisième volet de cette étude porte sur les effets des boissons caféinées sur la vigilance au volant.

Selon une enquête OpinionWay réalisée en novembre 2020, lorsque la fatigue se fait sentir au volant, 6 Français sur 10 décident de pendre un café. Partant de ce constat, Assurance Prévention, une association de la Fédération française de l’Assurance, a voulu savoir si ce réflexe améliorait réellement la vigilance du conducteur au volant ou si c’était une idée reçue. Pour cela, une étude a été menée sous le contrôle du Docteur Frédéric Saldmann, cardiologue et nutritionniste, et du Professeur Fabrice Bonnet, médecin endocrinologue, avec le simulateur de conduite Car Evolution de Develter et le boîtier Toucango d’Innov+ qui permet, grâce à un capteur optique infra-rouge orienté en direction du visage du conducteur, d’analyser l’état de vigilance de ce dernier.

Trois groupes témoins
Trois groupes de bons dormeurs ont été constitués pour analyser leur état de conduite après avoir bu trois types de boissons. Le premier groupe « boisson caféinée » a consommé 50 cl d’une boisson caféinée contenant 160 mg de caféine. Le deuxième groupe « café double expresso » a bu un vrai double expresso d’un volume de 50 cl contenant 160 mg de caféine. Enfin, le troisième groupe « expresso décaféiné » a pris un café de 50 cl sans caféine. L’expérience se déroulait le matin à jeun, après une nuit correcte de sommeil, sur simulateur. Chaque participant devait effectuer un exercice de 15 minutes sur route fermée afin de prendre en main le simulateur. Puis, il devait conduire pendant 30 minutes sur un programme simulant la conduite sur autoroute, avec un exercice de freinage. Une pause de 15 minutes était ensuite programmée afin de prendre la boisson prévue en fonction du groupe test. Enfin, les participants reprenaient le volant pour une durée de 120 minutes de conduite sur autoroute avec trois exercices de freinage, pendant laquelle la vigilance du conducteur était mesurée.

Le café améliore durablement la vigilance au volant
Résultat : le café et les boissons caféinées permettent de lutter contre la somnolence et la perte de vigilance liées à de longs trajets routiers monotones. Cependant, le groupe « café double expresso » a présenté une vigilance plus durable que le groupe « boisson caféinée ». Comme l’explique le Docteur Saldmann, « la composition du café est complexe. Il y a bien sûr de la caféine, mais pas uniquement. Le café est composé d’environ 1 000 molécules différentes. Le taux de caféine étant le même dans le groupe « café double expresso » et le groupe « boisson caféinée », on peut affirmer que la caféine seule ne permet pas d’expliquer la différence significative en faveur du café ». En d’autres termes, l’interaction de la caféine avec d’autres molécules contenues dans le café permet de booster la vigilance humaine plus que la prise d’une simple boisson caféinée. Ce qui fait dire au Docteur Saldmann qu’il serait intéressant et utile d’identifier les molécules impliquées dans cette synergie. De même qu’il serait judicieux de mener cette même expérience avec le thé qui contient également de la caféine.

Le sommeil plus efficace que le café
Cependant, si la caféine permet bel et bien de stimuler la vigilance, le Docteur Saldmann précise qu’elle ne remplace, ni n’égale pas le sommeil. De même qu’il rappelle l’étude de l’an dernier qui mettait en évidence l’importance de prendre un repas léger, comportant des aliments qui ne nécessitent pas un gros effort digestif et qui présentent un indice glycémique le plus bas possible pour éviter l’alternance de coups de forme et de coups de fatigue, provoqués par un pic de la glycémie. Par ailleurs, il est indispensable de penser à bien s’hydrater en buvant de l’eau régulièrement, car cela favorise le bon fonctionnement du cerveau et aide à rester concentré. Ainsi, Stéphane Pénet, administrateur d’Assurance Prévention et délégué générale adjoint de la FFA, rappelle les règles de bon sens avant de prendre la route pour un long trajet : « Il est indispensable de partir reposé et de faire des pauses régulières, au moins toutes les deux heures et dès les premiers signes de somnolence ». Sans oublier d’aérer son véhicule et de marcher pour se détendre.

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La somnolence au volant en quelques chiffres

La somnolence au volant est la première cause de mortalité sur autoroute. Elle entraîne des périodes de micro-sommeil de 1 à 4 secondes, sachant qu’à 130 km/h, un véhicule parcourt 150 mètres en 4 secondes. Les heures les plus à risques se situent entre 13 et 15 heures et entre 2 et 5 heures du matin.

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