Ornikar : une nouvelle levée de fonds qui suscite des questions

01/09/2019 Formations/Examens
Formations/Examens Ornikar : une nouvelle levée de fonds qui suscite des questions

Après deux premières levées de fonds en 2014 et 2018, Ornikar a fait un nouveau tour de table pour décrocher plusieurs millions d’euros. 

Tandis que nombre d’écoles de conduite de proximité ont de plus en plus de mal à obtenir des prêts chez leur banquier, Ornikar continue de séduire les investisseurs. Après une première levée de fonds en 2014 d’un montant d’un million d’euros, la start-up avait obtenu un apport financier l’an dernier de 10 millions d’euros auprès d’Idinvest Partners, Partech Ventures, Elaia Partners et Brighteye Ventures. Et au début de l’été 2019, Ornikar annonçait avoir obtenu une troisième levée de fonds à hauteur de 35 millions d’euros.

Un investissement de l’État
Pour cela, Benjamin Gaignault, le fondateur d’Ornikar, a réussi à convaincre une nouvelle fois Idinvest Partners et Brighteye Ventures, mais également Bpifrance qui, soulignons-le, est une banque publique d’investissement détenue à 50 % par la Caisse des dépôts et des consignations et à 50 % par l’État français, comme l’indique très clairement le site Internet de Bpifrance. On notera par ailleurs, que de fait, l’État va siéger à la direction d’Ornikar. De là à en déduire que l’État soutient Ornikar… On peut légitimement se poser la question quand on sait que la députée de La République de Marche, Françoise Dumas, a déposé, dans le cadre du projet de la loi d’orientation des mobilités (LOM), un amendement pour rendre l’agrément national. Mais le doute grandit encore plus lorsque l’on apprend que finalement, Ornikar n’a pas levé 35 millions d’euros, mais « seulement » 12 millions, dont près de 10 millions proviennent de BpiFrance, en d’autres termes d’argent public !

Des résultats financiers fantômes
Selon Benjamin Gaignault, Ornikar a été rentable en 2018. Le fondateur de la start-up annonce un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros qu’il espère tripler en 2019. Une affirmation difficile à vérifier puisque les comptes n’ont pas été publiés. Mais les investisseurs sont visiblement confiants puisque Jonathan Userovici, chargé d’investissement chez Idinvest Partners, déclarait dans Les Échos : « Au vu de sa rentabilité, la société n’avait pas forcément besoin d’argent, mais cette levée va lui permettre d’accélérer sur certains sujets et de poursuivre son hypercroissance ».

Une diversification de l’activité
En effet, outre une ambition affichée à l’international, en Allemagne avec un bureau à Berlin et en Espagne avec une agence à Madrid et une ouverture prévue en Italie l’an prochain, Benjamin Gaignault compte bien élargir le champ d’activité d’Ornikar. Comme, il l’avait annoncé l’an dernier, le fondateur d’Ornikar travaille au développement de services pour les jeunes conducteurs leur permettant d’acheter ou de louer une voiture et de souscrire une assurance à des tarifs préférentiels. Dans ce cas, la start-up aurait un rôle d’apporteur d’affaires et toucherait une commission sur les contrats vendus. Un moyen de développer l’activité en se diversifiant sur le secteur plus large de la mobilité que sur la seule formation à la conduite. Mais aussi peut-être un moyen de survivre si la formation ne s’avérait pas aussi rentable que semblent annoncer les chiffres avancés par Benjamin Gaignault. En tout cas, ce dernier ne prend pas trop de risques puisqu’il vient de céder une partie de ses actions. En d’autres termes, Ornikar passe désormais sous le contrôle des fonds d’investissements. Business is business, certes. Mais on est loin des préoccupations pédagogiques qui devraient rester un élément essentiel de la formation à la conduite.

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