Comment vendre des heures de formation sur simulateur ?

01/11/2019 Formations/Examens
Formations/Examens Comment vendre des heures  de formation sur simulateur ?

La réforme du permis de conduire prévoit d’inclure plus d’heures de formation sur simulateur de conduite afin de réduire le coût global de la formation. Encore faut-il convaincre les élèves comme leurs parents de l’intérêt d’utiliser cet outil pédagogique.

Depuis le 19 août dernier, il est possible d’effectuer jusqu’à 10 heures de formation sur un simulateur de conduite (contre 5 heures auparavant), dans le cadre d’une formation de 20 heures. Par ailleurs, l’arrêté du 16 juillet 2019, paru au Journal Officiel du 18 aout 2019, précise que pour la formation sur boîte automatique, « le volume de treize heures comporte un volume d’au moins dix heures sur voies ouvertes à la circulation ». En d’autres termes, on en déduit que sur les treize heures obligatoires de formation sur boîte automatique, six peut être réalisées sur simulateur et non pas dix comme c’est le cas pour la formation à la conduite sur boîte manuelle. Notons cependant que ces volumes d’heures sur simulateur ne sont pas obligatoires. Chaque école de conduite est libre de proposer moins d’heures, voire aucune si elle ne dispose pas d’un simulateur à la conduite.

Définir clairement le simulateur
Mais pour celles qui utilisent cet outil, il n’est pas toujours facile de faire accepter aux élèves et/ou à leurs parents de payer une heure de conduite qui sera effectuée sur une machine qui peut être considérée, par ces derniers, comme un jeu. Sur ce point, Antoine Beaudonnet, directeur commercial chez Ediser et ENPC, souhaite que l’État qualifie rapidement « ce qu’est un simulateur de conduite ». Pour lui, il est essentiel qu’un simulateur comporte « un poste de conduite, avec un vrai volant, un pédalier, un écran reproduisant un champ de vision à 180°, etc. », voire éventuellement « des rétroviseurs comme c’est obligatoire aux Pays-Bas sur les simulateurs poids-lourd. Si l’on ne définit pas clairement à quoi doit ressembler un simulateur de conduite, on ouvre la porte à toutes les dérives ». En effet, il ne faudrait pas qu’un simple écran et un clavier suffisent pour être reconnus comme un simulateur de conduite. « Car si cela coûterait moins cher qu’un vrai poste de conduite pour une auto-école, cela dévaloriserait l’outil qui pourrait effectivement être vu comme un jeu par l’élève et ses parents, estime Antoine Beaudonnet. Par ailleurs, cela permettrait aux plateformes de se targuer de proposer des cours sur simulateur via Internet, en utilisant un simple ordinateur chez soi ».

Acquisition plus rapide de la compétence 1
Le simulateur présente des avantages incontestables. « L’élève est moins stressé sur simulateur car il n’a pas à gérer le trafic, explique Yann Giraudeau, conseiller commercial simulation automobile et poids-lourd chez Codes Rousseau. Cela permet une approche plus progressive de l’apprentissage de la conduite. De plus, on peut travailler plusieurs fois un même point, ce qui n’est pas forcément évident en situation réelle, sur la route. Enfin, sur un temps équivalent, on peut réaliser beaucoup plus d’exercices que durant une heure de conduite en voiture, car le simulateur ne connaît pas les aléas des embouteillages. Résultat : les élèves acquièrent plus vite la compétence 1 ».
Un constat partagé par Antoine Beaudonnet, qui estime qu’il faut entre 10 et 12 heures pour maîtriser la compétence 1 à un élève qui prend uniquement des cours dans un véhicule-école alors qu’il ne faut que 7 à 8 heures quand le simulateur de conduite est intégré dans le parcours de formation.

Quel prix fixer pour une heure sur simulateur ?
Si l’élève apprend plus vite, il aura besoin de moins d’heures de cours, ce qui doit mathématiquement faire baisser le coût de sa formation. C’est pourquoi Antoine Beaudonnet conseille de prendre le temps d’expliquer à l’élève et à ses parents l’intérêt du simulateur de conduite, mais de ne pas facturer les heures de simulateur moins cher. Ce qui pourrait par ailleurs, sous-entendre que le simulateur de conduite est moins efficace qu’un cours en voiture puisque c’est moins cher. Même réflexion pour Yann Giraudeau, qui concède que l’école de conduite peut éventuellement « offrir une ou deux heures d’entraînement sur le simulateur » si elle souhaite faire un geste commercial. Car une heure de cours sur simulateur sans enseignant de la conduite est financièrement moins lourde pour l’école de conduite qu’une heure en voiture avec un enseignant. « Dans ce cas, c’est gagnant-gagnant, affirme Yann Giraudeau. Avec moins d’heures de cours, l’élève paiera moins cher sa formation. Quant à l’auto-école, elle n’a pas à payer l’enseignant, le carburant, etc. ».

Un flou sur la présence obligatoire des moniteurs
Certes. Si ce n’est que l’arrêté du 16 juillet 2019 est un peu flou. En effet, le texte n’indique pas clairement si le formateur doit être présent pendant les dix heures de simulateur ou simplement sur les cinq dernières heures (hors compétence 1). « Si l’enseignant doit être présent dès la première heure de formation sur simulateur, ce n’est plus du tout rentable pour l’école de conduite », souligne Antoine Beaudonnet, qui demande à la DSR de clarifier ce point rapidement.

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