Auto-écoles en ligne : Un créneau de plus en plus encombré

01/10/2015 Formations/Examens
Formations/Examens Auto-écoles en ligne : Un créneau de plus en plus encombré Les auto-écoles en ligne, qui se proposent de simplifier l’apprentissage du permis de conduire et d’en abaisser le coût, se développent à vitesse grand V.

Si Ornikar, qui n’a toujours pas obtenu son agrément auto-école, s’est tout de même lancé dans la formation à la conduite à Nantes, de nombreuses autres start-up ont également démarré leur activité d’« auto-écoles en ligne low-cost ». Contrairement à Ornikar, elles ont toutes fini par obtenir leur agrément, car elles disposaient au moins d’un local. Pour se lancer dans l’aventure, elles n’ont pas forcément attendu que les mesures de la loi Macron – publiée dans sa version définitive au Journal Officiel le 7 août dernier – soient transcrites par des décrets d’application. Ainsi, l’inscription en ligne, qui doit être précédée de l’évaluation préalable dans les locaux ou désormais le véhicule, n’a pas encore été légalisée par un décret. Du coup, de nombreuses auto-écoles n’exigent pour le moment qu’une « pré-inscription » en ligne. Quant au statut de moniteur auto-entrepreneur, il semblerait qu’il n’ait pas encore été officialisé.

Se décharger de l’administratif
Premier moyen de faire baisser le coût du permis : laisser à l’élève des tâches administratives. Suivant le modèle créé par Luc Creuze en 2014 dans l’Hérault, l’auto-école Autoacademy (et sa formule low-cost « Permis Factory ») s’est développée dans d’autres villes. Deux agences franchisées ont ainsi ouvert à Clermont-Ferrand en 2015, dirigées par Maxime Pellion. Pour ce dernier, « la diminution des coûts de fonctionnement liés aux tâches administratives, d’impression et de constitution des dossiers, permet de réduire le prix du permis (formule 20 h à 780 euros) ». Le candidat télécharge, complète et imprime les pièces de son dossier, avant de les envoyer ou de les amener à l’auto-école. Même philosophie chez Autoecole.net, qui a débuté son activité en septembre 2014 en région parisienne. Comme l’explique Stanislas Llurens, l’un des deux fondateurs, « nos élèves gagnent du temps en évitant de se rendre à l’auto-école pour s’inscrire, se former au Code et réserver une heure de conduite ». Grâce à la réduction des coûts structurels, l’établissement propose un prix d’appel de 675 euros pour le forfait 20 h. L’élève se charge de son inscription administrative en préfecture. Il peut effectuer une formation au Code réserver ses cours de conduite en ligne avec les moniteurs, salariés de l’auto-école, avant de rejoindre l’un des 42 points de rendez-vous en Île-de-France. Pareillement, Lepermislibre.fr, lancé début 2015, se présente comme une auto-école classique mais qui permet à l’élève de réserver son moniteur en ligne. La start-up propose une formule à 690 euros dans laquelle des moniteurs indépendants donnent des leçons à des candidats libres. D’autre part, Lepermislibre.fr met également à disposition des auto-écoles qui le souhaitent son réseau de moniteurs indépendants, afin de gagner en flexibilité. Romain Durand, co-fondateur, précise que la formule a évolué. « Il ne s’agit plus d’un abonnement, mais de l’achat de prestations heure par heure ».

Le candidat libre, avenir de l’auto-école ?
Plusieurs auto-écoles en ligne misent exclusivement sur la formule du candidat libre. Mais l’égalité de traitement entre candidats libres et candidats présentés par les auto-écoles au niveau des places d’examens, inscrite dans la loi Macron, n’est pas encore effective sur le terrain. Présent depuis début 2015 à Lyon, et depuis à Bordeaux, Lille, Nantes et St-Étienne, PermiGo emploie 90% de moniteurs salariés et 10% de moniteurs indépendants. Comme l’explique Grégory Giovannone, directeur, « nous disposons d’un moniteur indépendant par ville, en cas de besoin ponctuel si l’un de nos moniteurs salariés est par exemple en arrêt maladie. Cela apporte de la flexibilité à notre activité ». PermiGo propose une formule 20 h à 699 euros. « Un tel tarif est possible, car nous n’avons qu’un seul local, à Lyon, ce qui entraîne moins de charges que les auto-écoles avec de nombreux bureaux et secrétaires. Si pour le moment, les candidats libres représentent une minorité, PermiGo envisage à terme, quand l’égalité de traitement entre candidats sera appliquée, de n’avoir que des candidats libres. Mais je crains que les préfectures aient beaucoup de difficultés à faire appliquer cette égalité ». Enfin, Envoituresimone.com a démarré son activité en août 2015 dans plusieurs villes (Amiens, Avignon, Honfleur, Lyon, Lille, Nice, Paris, Toulouse). « Mais seule l’agence de Paris dispose d’un local et d’une salle de Code, explique Édouard Rudolf, co-fondateur du site. Il n’y a pas de locaux dans les autres villes, car nos élèves sont uniquement des candidats libres, que nous accompagnons cependant dans toutes les démarches ». L’entraînement au Code se fait en ligne de manière illimitée, et pour la conduite, les élèves réservent en ligne un enseignant indépendant (au statut d’EIRL ou d’auto-entrepreneur), qu’Envoituresimone.com se targue de rémunérer au tarif de 25 euros HT par heure, soit « deux fois plus qu’une auto-école traditionnelle ». Pour Jean-Louis Bouscaren, président de l’UNIDEC, « même si ces auto-écoles en ligne ont obtenu leur agrément, il convient de se méfier d’un prix d’appel alléchant, car le coût de la formation risque d’être au final bien plus élevé que prévu ».

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