Les Sables d’Olonne : de la conduite à la blouse blanche

01/07/2020 Économie/Entreprise
Économie/Entreprise Les Sables d’Olonne : de la conduite à la blouse blanche

Pendant le confinement, Olivia Verdier a « troqué » ses clefs de voiture contre une blouse blanche. Cette ancienne aide-soignante, devenue enseignante de la conduite aux Sables d’Olonne, en Vendée, a travaillé dans une structure d’assistance à domicile.

Mise au chômage partiel dès la fermeture administrative imposée par l’État aux écoles de conduite, par son employeur, l’auto-école CER Cerov des Sables d’Olonne, Olivia Verdier aurait pu rester tranquillement chez elle pendant le confinement lié au Coronavirus. Or, c’est un autre choix que cette enseignante a fait. « J’avais besoin de me sentir utile et de rendre service. L’hôpital des Sables d’Olonne avait passé une annonce pour recruter du personnel soignant », explique-t-elle. Aussi, titulaire d’un diplôme d’aide-soignante, elle a postulé dans ce centre hospitalier, ainsi que dans une Adhap, une structure d’aide à domicile et d’assistance aux personnes pour proposer ses services. « L’hôpital ne m’a pas répondu, mais l’ADHAP avait besoin de remplacer une partie de son personnel ». Passée sa période de congés payés, elle a remis sa blouse blanche. Pendant deux semaines, Olivia Verdier a assisté chaque jour une dizaine de personnes âgées ou en situation de handicap. Au programme de ses journées : les aider à se lever, à effectuer leur toilette, à prendre leurs médicaments, les coucher. Un retour aux sources en quelque sorte pour cette aide-soignante aujourd’hui âgée de 41 ans et originaire de Saint-Étienne.

Un métier passionnant mais des horaires fractionnés
« Les gestes sont revenus immédiatement, comme si je n’avais jamais arrêté ce métier ». Un métier qu’elle a exercé pendant six ans. « Seule nouveauté : le port du masque ! ». De cette expérience qu’elle qualifie « d’enrichissante au regard des relations humaines et des belles rencontres qu’elle a pu faire », elle retient la difficulté de travailler en horaires décalés et fractionnés. « Je travaillais de 8 heures à midi, puis je devais retourner parfois m’occuper de patients dans l’après-midi et je reprenais le travail en soirée, de 17 heures à 20h30. Dimanches et jours fériés compris». C’est d’ailleurs ce rythme de travail très soutenu qui l’a poussée à changer d’orientation professionnelle et se tourner vers l’enseignement de la conduite.

Changement d’orientation
« J’avais des amis qui étaient enseignants de la conduite et ce métier m’a plu ». Il y a huit ans, elle a donc présenté le Bepecaser en candidat libre. Une fois son diplôme en poche, elle a été recrutée par l’auto-école CER Cerov où elle prépare les candidats au permis B. Un changement d’orientation qui la comble totalement. À tel point qu’il n’est pas question pour elle d’abandonner l’enseignement de la conduite. « L’ADHAP m’a proposée de m’embaucher définitivement, mais j’ai refusé car le métier d’aide-soignante est très physique. De plus, j’aime travailler avec les jeunes, enseigner et transmettre des savoirs. C’est un métier qui n’est pas routinier. Par ailleurs, j’aime l’entreprise dans laquelle je travaille ». Celle-ci emploie une dizaine de salariés et possède trois agences.

Conditions sanitaires strictes
Aussi, elle a repris les clefs de sa voiture à la levée du confinement. « Les consignes sanitaires ont été un peu compliquées à mettre en place et il a fallu un temps d’adaptation», souligne-t-elle. Concrètement, le véhicule doit être désinfecté après chaque leçon : nettoyage du volant, de la ceinture, des commandes. L’utilisation de la climatisation est par ailleurs interdite. Autre consigne : avant de s’installer, les élèves doivent se laver les mains avec du gel hydroalcoolique et porter un masque. «Ils sont très disciplinés et viennent presque tous avec un masque ». Ce nouvel accessoire ne semble pas les perturber outre mesure, excepté quelques désagréments. « Ils le touchent en permanence, ça leur tient chaud et cela provoque de la buée sur les lunettes, ça leur tire les oreilles. Mais dans l’ensemble ils se plient à cette consigne ». Pour la monitrice aussi, le port du masque toute la journée est difficile à supporter toute la journée. « Avec la chaleur, c’est terrible… Je suis contente de l’enlever le soir. Il m’arrive même parfois d’avoir l’impression de l’avoir encore quand je suis rentrée chez moi ! ».

Des élèves plus motivés qu’avant le confinement
Une chose est sûre : les élèves sont beaucoup plus motivés qu’avant le confinement. « Les premiers à reprendre des leçons de conduite étaient super contents. Ils voulaient aller voir la mer, alors nous y sommes allés ! », s’amuse Olivia Verdier. « Pour certains, c’était leur première sortie depuis deux mois ». Autre nouveauté inhérente au confinement : l’absence de fatigue liée à l’école. « Nous n’avons plus droit aux « je sors d’un cours de math et je suis fatigué ! ».
Un léger bémol malgré tout : ils ne redoutent pas les risques de contamination. « Ils sont un peu insouciants et se sentent invincibles car ils n’appartiennent pas à la population à risque. Ils sont plus inquiets pour leurs loisirs ! ».

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