Le Conseil national de sécurité routière a adopté 9 recommandations

29/11/2022 Sécurité routière
Sécurité routière Le Conseil national de sécurité routière a adopté 9 recommandations

Le Conseil national de sécurité routière (CNSR) s’est réuni le 28 novembre dernier. Présidé par Yves Goasdoué, maire de Flers dans l’Orne, le CNSR a adopté neuf recommandations à l’attention du gouvernement, visant à lutter contre l’insécurité routière, en présence de la déléguée interministérielle à la Sécurité routière, Florence Guillaume.

Recommandation n°1 : médicaments et conduite
Afin de réduire les risques d’accidents de la route dus à la prise de médicaments, le CNSR a présenté plusieurs pistes pour mieux former les praticiens, mieux informer les patients et développer la recherche sur les effets des médicaments sur l’accidentalité.

Recommandation n°2 : l’indispensable reconnaissance des blessés
Mieux prendre en compte les blessés de la route et les intégrer plus dans la communication institutionnelle afin de faire prendre conscience de la réalité des accidents de la route, à savoir qu’en plus des 3 000 morts, on compte environ 65 000 blessés graves, chaque année.

Recommandation n°3 : stratégie de mobilisation des branches professionnelles sur le risque routier
Afin d’inciter les entreprises à agir concrètement contre ce risque, un plan d’action est proposé pour mobiliser au niveau territorial les organisations professionnelles, les partenaires sociaux et les pouvoirs publics.

Recommandation n°4 : infrastructures et usagers vulnérables
Afin de mieux protéger les usagers vulnérables (piétons, cyclistes, usagers deux-roues motorisés…), le CNSR incite « les collectivités à aménager leurs infrastructures selon les règles de l’art édictées par le CEREMA (établissement public sous la tutelle du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires qui accompagne l'État et les collectivités territoriales pour l'élaboration, le déploiement et l'évaluation de politiques publiques d'aménagement et de transport) ». Par ailleurs, le CNSR estime qu’un « meilleur suivi de la connaissance des accidents impliquant ces usagers doit accompagner le dispositif, par le développement des observatoires locaux de l’accidentalité et la réalisation d’audits de sécurité ».

Recommandation n°5 : mieux prévenir, dépister et intervenir contre la conduite sous influence (alcool et stupéfiants)
Le CNSR demande que la recherche soit développée pour détecter plus facilement et rapidement ces conduites sous influence. Par ailleurs, la récidive de la conduite sous l’emprise de l’alcool étant fréquente, le CNSR demande que le recours aux éthylotests antidémarrage (EAD) devienne systématique dans ce cas. Et il préconise « la promotion de l’EAD en prévention primaire pour équiper certaines flottes (entreprises, location, transports de personnes non encore concernés, etc.) ».

Recommandation n°6 : évaluer, prévenir et réduire les blessures psychologiques
Au-delà des atteintes physiques, l’accident est source de multiples blessures psychologiques pour les blessés de la route et leurs familles (stress post-traumatique, bouleversement de l’image de soi, atteinte de la concentration, effets sur les capacités de travail et les relations avec autrui, etc.). L’évaluation, la prise en charge et le traitement de ces blessures doivent être mieux appréhendés. Aussi, le CNSR propose « la création d’une charte d’accueil des victimes à diffuser auprès de forces de l’ordre et des établissements de santé, de désigner par département un référent pour coordonner les autorités intervenantes et organiser la gestion logistique et matérielle d’accompagnement, de mettre à disposition des victimes un guide précisant leurs droits et indiquant les structures pouvant leur apporter aide et soutien ».

Recommandation n°7 : pour des infrastructures urbaines propices aux déplacements de tous les usagers
Afin de mieux adapter les infrastructures à une utilisation multimodale par les usagers de la route, le CNSR préconise de « promouvoir des chartes d’aménagement de la voirie à l’échelle des villes et agglomérations. Sur la base de ces chartes, les gestionnaires de voirie s’engageront pour garantir un degré de sécurité élevé dans l’aménagement et la cohérence multimodale de l’espace public (objectifs de sécurité routière concertés et déclinés dans des programmes d’action et de travaux, cartographie des accidents, audits d’inspection des réseaux etc.). En échange de ces engagements, les collectivités pourraient bénéficier d’abondements des dotations financières de l’État ».

Recommandation n°8 : de la bonne utilisation des aides à la conduite
Si les systèmes d’aides à la conduite sont de plus en plus nombreux, les conducteurs ne savent pas forcément les utiliser. Or, une mauvaise utilisation peut provoquer des accidents. Le CNSR demande donc le développement de campagnes et modules de sensibilisation, de communication sur ces précautions d’usage. « Surtout il faut informer et former les conducteurs à la bonne utilisation de ces aides lors des formations initiales à la conduite, dans les modules post-permis ou à l’occasion de la prise en main d’un nouveau véhicule dans le cadre professionnel ou privé ».

Recommandation n°9 : mieux lutter contre l’usage du téléphone au volant
Afin de lutter contre l’utilisation du téléphone portable au volant (impliqué dans 10% des accidents corporels), le CNSR réclame qu’une information claire et objective soit délivrée « autour d’un message fort de non-utilisation du téléphone lorsqu’on se déplace sur une voie de circulation. L’aide à l’auto-régulation de l’usage du téléphone doit être promue et la technologie mise à contribution pour proposer des possibilités de déconnexion automatiques ou volontaires en action de conduite. Des moyens de « contrôle-sanction » doivent être développés pour lutter contre les plus récalcitrants, car le nombre des infractions relevées reste à un faible niveau au regard du non-respect des règles ».

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