Accidentologie 2019 : Un bilan provisoire contrasté

01/03/2020 Sécurité routière
Sécurité routière Accidentologie 2019 : Un bilan provisoire contrasté

Le bilan provisoire de l’accidentologie 2019 a été dévoilé, le 1er février dernier. Si le nombre de morts et de blessés est en baisse en Métropole, il est en hausse en Outre-mer.

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a profité d’un déplacement sur une autoroute le 1er février dernier, pour dévoiler le bilan provisoire de l’accidentologie 2019. Le ministre a publié sur son compte Twitter : « Le bilan de la sécurité routière sur les routes de France métropolitaine est historique. 2019 est l’année la moins meurtrière. L’engagement du Gouvernement pour une @RoutePlusSure porte ses fruits. Je salue la mobilisation de l’ensemble des acteurs de la sécurité routière ». Un enthousiasme à nuancer…

Bilan historiquement encourageant dans l’Hexagone
En effet, selon les estimations provisoires de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 3 239 personnes ont perdu la vie sur les routes de France métropolitaine en 2019. Cela représente 9 morts de moins qu’en 2018 et 2019 devient ainsi la meilleure année de référence en Métropole. Un résultat d’autant plus encourageant qu’après une diminution du nombre de morts sur les routes pendant plusieurs années, la courbe de la mortalité routière était malheureusement repartie à la hausse en 2014, 2015 et 2016. La baisse de la mortalité routière s’enregistre dans toutes les catégories d’usagers, à l’exception des cyclistes et des piétons. Ainsi, 1 621 automobilistes ont perdu la vie en 2019 (soit 16 tués de moins qu’en 2018), 747 usagers de deux-roues (soit 13 morts de moins) et 38 routiers (soit 6 tués en moins). À l’inverse, 472 piétons sont décédés (soit 1 tué de plus) et 184 cyclistes sont morts (soit 9 tués de plus). À noter que cette année, l’ONISR a identifié les usagers d’engins de déplacements personnel (EDP) comptabilisés dans la catégorie des piétons et les usagers d’engins de déplacements personnel motorisés (EDPM). Trois utilisateurs d’EDP et 8 d’EDPM ont trouvé la mort. Les accidents corporels sont également en baisse de -1,1 %, soit 604 accidents en moins et les personnes blessées de - 0,6 %, soit 392 personnes blessées en moins.

Augmentation du nombre de morts et de blessés en Outre-mer
Les « bons » résultats constatés en Métropole ne doivent cependant pas occulter les « moins bons » résultats enregistrés en Outre-mer. Toujours selon l’ONISR, 254 personnes ont perdu la vie dans un accident de la route en Outre-mer, soit 14 tués de plus qu’en 2018. Même tendance à la hausse pour les accidents corporels (+11,6 % par rapport à 2018, soit +301 accidents) et les blessés (+5,5 % soit + 185 blessés).
Ainsi, si l’on additionne le nombre de morts en Métropole avec celui d’Outre-mer, 3 493 personnes ont perdu la vie dans un accident de la route en 2019, contre 3 488 en 2018. Avec 5 tués de plus qu’en 2018, on ne peut plus affirmer que « 2019 est l’année la moins meurtrière ».



La bataille de la communication sur les 80 km/h
Alors que la loi d’Orientation des mobilités (LOM) publiée au Journal Officiel du 26 décembre 2019, permet désormais aux départements de choisir de remonter ou pas de 10 km/h la vitesse maximale autorisée sur les routes qui étaient passées de 90 à 80 km/h en juillet 2018, les défenseurs du 80 km/h et les partisans du 90 km/h se battent à coup de chiffres.
De son côté, le gouvernement avance un effet positif immédiat du passage à 80 km/h sur l’accidentologie : « D’après l’ONISR, en comparaison des cinq dernières années, 209 vies ont été épargnées lors de la première année de la mesure (juillet 2018-juin 2019) sur le réseau hors agglomération et hors autoroute, concerné par la baisse à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée. La mortalité routière sur ce réseau est équivalente au second semestre 2019 et au second semestre 2018, ce qui confirme l’effet de la mesure, et ce, bien que ce réseau ait été fortement impacté par la dégradation du parc des radars depuis la fin de l’année 2018. Le réseau routier en agglomération connaît a contrario une forte dégradation avec 1 031 décès en 2019 contre 963 en 2018 (+ 68) ». Pour sa part, Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes conteste ces chiffres et s’insurge : « Il faut que le Gouvernement cesse sa propagande sur fond de chiffres triturés pour leur faire dire ce qu’ils ne disent pas. La réalité est implacable : Entre 2013 et aujourd’hui, le nombre d’accidents est resté précisément le même. Il est donc totalement faux d’affirmer que la mesure du 80 a pu sauver des vies ». Aussi, Pierre Chasseray salue « le choix de la Haute-Marne, premier département français à faire un pas concret vers un retour aux 90 km/h », tandis que Jehanne Collard, avocate de l’association des Victimes de la route estime qu’il ne faut « pas revenir au 90 km/h sur les routes comme le voudraient certains élus irresponsables ». 

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