REMC : premier bilan

01/10/2015 Réglementation
Réglementation REMC : premier bilan Le référentiel pour l’éduction à une mobilité citoyenne (REMC) est entré en vigueur le 1er juillet 2014. Un peu plus d’un an après, qu’est-ce que cela a changé ?

Rappelons-le, le REMC n’est pas un programme, mais une approche pédagogique par compétence. Un an après son entrée en vigueur, comment les enseignants de la conduite se le sont-ils approprié ? L’accueil est plutôt positif. « Dès septembre 2014, lorsque les enseignants de la conduite ont pu suivre un stage de formation, ils ont apprécié cette approche qui ressemble plus à de la formation pédagogique qu’à une sorte de bachotage pour décrocher le permis. L’application du REMC est très valorisante pour un enseignant », se félicite Michel Schipman, vice-président du CNPA-ER. Même constat un peu plus nuancé pour Céline Pouit, enseignante BAFM, à l’auto-école CERRSO et Atlantic Conduite, en Charente-Maritime. Visiblement passionnée par cette nouvelle approche pédagogique, elle tient à souligner l’intérêt du REMC dans le contexte actuel. « Il permet de se différencier par rapport aux plateformes qui tentent de s’implanter. En effet, un suivi pédagogique réel de l’apprenant est primordial pour l’éducation routière. L’objectif premier de ce programme étant d’agir sur le long terme en faisant baisser la sinistralité, baisse qui a déjà commencé à s’opérer sur les 18-24 ans. Et cela s’accentuera très probablement avec la généralisation de ce dispositif dans les écoles de conduite. » Cependant, elle constate que certains enseignants ont été un peu déçus. « On leur a peut-être trop présenté le REMC comme une révolution, alors que ce n’en est pas vraiment une. Il est vrai que nous faisions déjà tous de la sensibilisation et adaptions un peu notre approche en fonction de la personnalité de chacun ». Autre problème, selon l’enseignante, « il y a peut-être un manque de formation. Tout le monde n’a pas encore suivi un stage. L’entrée en vigueur du REMC impose de l’appliquer, mais pas aux exploitants de former leurs salariés ». Il faudra certainement plus de temps pour le REMC soit « digéré » par l’ensemble de la profession.

Pas toujours accepté par les élèves
Du côté des élèves, l’accueil est plus mitigé. « Le REMC va plus loin que l’obtention du permis. Et ce n’est pas toujours compris par le public, constate Michel Schipman. Souvent, les élèves ne voient pas l’intérêt de travailler en groupe. Ils ne comprennent pas que l’on fasse réfléchir sur le pourquoi, le comment, les pressions de la société, etc. Ils veulent simplement être capables de passer l’examen et obtenir leur permis de conduire ». Effectivement, « certains élèves me chambrent en me demandant si je me prends pour Freud, à vouloir tout analyser », plaisante un enseignant parisien. « Pour beaucoup, c’est de la masturbation intellectuelle qui ne sert à rien. Ils ne voient pas la portée de cette pédagogie à long terme sur le comportement d’un conducteur et à l’impact positif que cela peut avoir sur la sécurité routière. Ils pensent uniquement à court terme, à savoir obtenir le permis. »

Pas d’impact sur le taux de réussite
Justement, le REMC a-t-il eu une influence sur le taux de réussite ? Pour Céline Pouit, « cela n’a pas changé grand-chose. L’examen juge sur une compétence globale à un instant T, le but n’est pas de se projeter au-delà ». Une opinion partagée par Michel Schipman. « L’examen est indispensable pour montrer ce que l’on est capable de faire, mais il ne montre pas la volonté de ce que l’on veut faire ». En d’autres termes, il faudra attendre un peu plus longtemps pour voir si les conducteurs formés avec l’approche du REMC s’avèrent avoir moins d’accidents.

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