Quatre raisons invoquées pour demander des cours non-mixtes

01/02/2015 Réglementation
Réglementation Quatre raisons invoquées pour demander des cours non-mixtes Si l’affinité reste le critère le plus courant avancé par les élèves pour choisir leur enseignant, certains exigent de ne partir en leçon qu’avec une personne du même sexe. Voici quatre raisons qui les poussent à le faire.

Le client est roi, et c’est aussi valable pour vos élèves ! Parmi leurs exigences, parfois, celle de ne prendre des leçons de conduite qu’avec un moniteur du même sexe. Sur la base de témoignages de gérants et d’enseignants, recueillis notamment via notre page Facebook, voici les quatre raisons qui reviennent le plus souvent pour justifier cette demande.

Motif n°1 : la timidité
Certaines élèves, un peu timides ou qui manquent cruellement de confiance en elles, préfèrent être accompagnées par une monitrice. « J’avais une demoiselle à l’auto-école qui ne désirait pas être avec mon patron car elle considérait que les femmes étaient plus douces et plus patientes », raconte Sandrine, enseignante de la conduite en Haute-Normandie. La douceur n’est pourtant pas l’apanage des dames ! En témoigne Salah, gérant d’auto-école à Tours. « J’ai une clientèle à 90 % féminine dans mon auto-école, explique-t-il. C’est en grande partie parce que je suis calme et que je n’aime pas gueuler sur mes élèves. » Plus qu’une question de genre, la douceur est plutôt une question de personne. Caroline, gérante d’auto-école en Nouvelle-Calédonie, juge pour sa part que « les femmes mûres » sont souvent en demande d’une monitrice femme. « Ayant peur en voiture, elles se sentent plus en confiance »,argumente-t-elle.

Motif n°2 : la peur de la promiscuité
Le cliché du moniteur pervers a encore la dent dure. Certaines élèves préfèrent être assises à côté d’une femme, de crainte que leur enseignant ne profite de la promiscuité. Fabrice, formateur dans le Pas-de-Calais, se souvient d’une élève « qui avait peur en leçon » pour cette raison. « Elle insinuait que je l’emmenais dans un endroit trop calme pour apprendre à conduire », poursuit-il. Il arrive également que « la présence d’un mari ou d’un père » soit imposée en place passager. Pas facile de donner un cours de conduite dans ces conditions ! Bruno, enseignant de la conduite, raconte pour sa part une anecdote presque burlesque. « Un mari jaloux avait exigé que sa femme fasse ses leçons de moto avec une monitrice. Sauf qu’elle a fini par le quitter… pour la monitrice en question ! »

Motif n°3 : le machisme
Certains hommes refusent également, par machisme, qu’une femme leur donne des leçons de conduite. Dans le département du Rhône, Sébastien a eu le cas d’un jeune Italien « qui ne voulait pas d’une monitrice ». La raison ? « Il disait que dans son village, en Italie, les filles montaient derrière. » Même son de cloche du côté d’Audrey, enseignante dans le Finistère, qui dit avoir vu les deux cas de figure. D’un côté « les filles un peu intimidées par les moniteurs qui bossaient avec [elle] », et d’un autre, « des élèves macho qui demandaient un homme ».

Motif n°4 : la religion
La culture ou la religion d’un(e) élève peut constituer un dernier motif. Pour répondre à cette demande dans son auto-école de Seine-Saint-Denis, où se côtoient bon nombre de communautés religieuses (musulmans, juifs, hindouistes), Nadia propose d’elle-même ces cours de conduite non-mixtes. « J’ai eu cette idée parce que je suis de confession musulmane. Je n’en fais pourtant pas une question de religion, mais de liberté de chacun. D’autant que je le propose à tous mes élèves, quelles que soient leurs croyances », relève-t-elle. Une gérante d’auto-école alsacienne assure quant à elle avoir refusé la demande d’une élève pour motif religieux, parce qu’elle se dit « athée et que [sa] seule religion est la sécurité routière ». Peu importe la raison invoquée, la non-mixité présente un problème. Comment faire, le jour de l’examen, si l’inspecteur – ou l’inspectrice – n’est pas du même sexe que l’élève ? Nadia propose une solution. « Les femmes qui ont eu une monitrice pendant leur formation montent avec un enseignant pour leurs dernières heures de conduite. » Car à l’examen, l’élève n’a plus le choix.

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Le label de qualité proposé par l’État et intitulé « Référentiel de qualité des formations au sein des écoles de conduite » a été validé par le CNEFOP le 9 janvier 2018. Les écoles de conduite intéressées vont bientôt pouvoir constituer leur dossier de demande de labellisation.
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