Formation boîte auto : Ce n’est pas encore automatique !

01/02/2018 Formations/Examens
Formations/Examens Formation boîte auto : Ce n’est pas encore automatique !

Entre le changement de réglementation qui a rendu la formation sur boîte automatique plus facile d’accès que sur boîte manuelle et les constructeurs qui proposent de plus en plus de véhicules équipés d'une boîte automatique, la formation au permis B assortie du code restrictif 78 connaît-elle un essor ?

Il y a un an, le volume minimum de formation est passé de 20 heures à 13 heures pour les candidats au permis B restrictif à la boîte automatique. Par ailleurs, le passage de la boîte auto à la boîte manuelle a été simplifié. En effet, il suffit dorénavant de suivre une formation de sept heures dans une école de conduite pour se voir délivrer en fin de stage une attestation permettant de conduire un véhicule doté d’une boîte manuelle. Plus besoin donc de repasser devant un inspecteur.

Un bilan nuancé
Ces mesures qui simplifient l’accès à la conduite pour un véhicule équipé d’une boîte auto se sont-elles traduites par une augmentation de la demande en formation boîte auto ? Un an après, le bilan est nuancé. Sid Si-Djilali, gérants de plusieurs auto-écoles dans le Bas-Rhin, estime que la demande augmente très légèrement, mais « c’est encore peu perceptible ». Et pour cause, rares sont les personnes à connaître ces nouvelles réglementations. Il faut donc faire un réel travail d’information auprès du public.

Un frein culturel
Mais force est de constater que cela ne suffit pas. En effet, la boîte automatique est encore souvent associée dans l’inconscient des Français à un équipement réservé aux personnes handicapées comme le confie Marie Martinez, gérante de trois établissements dans les Yvelines. « Lorsque l’on propose une formation sur boîte auto, les jeunes ne sont pas forcément réfractaires. Mais les parents s’y opposent en disant que leur enfant n’est pas handicapé. C’est dommage car on constate que les jeunes sont de moins en moins dégourdis en conduite et en mécanique. Du coup, la formation sur boîte auto serait vraiment bénéfique pour certains et leur permettrait de décrocher plus rapidement leur permis. » Même son de cloche chez Jean-Étienne Giraud, gérant d’une auto-école à Montmélian, en Savoie. « On se heurte à un frein culturel de la part des parents qui nous disent que leur enfant n’est pas handicapé, ni idiot... C’est très difficile de changer les mentalités. Pourtant, la formation sur boîte automatique présente un intérêt financier non négligeable pour les apprentis conducteurs. Par ailleurs, la boîte auto est un outil de sécurité car cela permet de se concentrer sur l’environnement en se déchargeant totalement du passage des vitesses. Pour tenter de convaincre les élèves et surtout leurs parents d’opter pour ce type de permis, nous offrons deux heures de conduite sur notre DS3 automatique. Une heure pour l’élève et une heure pour les parents. Quand ils acceptent de faire ce test, on arrive à en basculer environ 10% vers la formation sur boîte auto. C’est une formation géniale, mais il faudrait qu’il y ait plus de communication sur ses atouts au niveau des écoles de conduite, mais surtout de l’État. »

Un début de changement des mentalités
Pour sa part, Edwige Blanchard, directrice générale du centre de Formation Blanchard, à Dreux, dans l’Eure est un peu plus optimiste. « Nous constatons une augmentation de la demande de formation en conduite accompagnée en boîte auto car nous avons une forte clientèle parisienne qui possède des véhicules haut de gamme en boîte auto. Depuis trois/quatre ans, nous prenons chaque année un véhicule automatique supplémentaire pour pouvoir répondre à la demande. On sent que les mentalités évoluent doucement. Et depuis quelques mois, compte tenu des questions que les gens nous posent lors de la prise de renseignements, on se rend compte qu’ils sont au courant des changements de réglementation. Par ailleurs, ceux qui ont sauté le pas, nous disent tous qu’ils ne reviendraient pas à la boîte manuelle. Du coup, nous avons peu de demandes pour la passerelle vers la boîte manuelle. Ou alors, cela concerne les jeunes qui sont amenés à avoir un véhicule de société ou de fonction équipé d’une boîte manuelle. » Même constat pour Armel Lebié, président de l’INRI’S, un groupement spécialisé dans la formation en accéléré. « Nous remarquons une forte hausse de la demande pour ce type de formation. Il y a encore trois ans, la formation sur boîte auto, ne représentait que 10% des demandes. Aujourd'hui, on est passé à environ 50%. Il faut dire que c’est un apprentissage plus simple, donc moins long et moins onéreux. » Et Armel Lebié se dit très confiant quant à l’avenir : « La boîte auto va de pair avec l’évolution de la société et la politique écologique qui s’oriente de plus en plus vers des véhicules hybrides ou électriques, tous équipés en boîte auto ». Alors si pour l’heure, la formation sur boîte auto est encore loin d’être automatique, elle pourrait bien d’ici quelques années devenir la norme.

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