Présidence de Mobilians-ESR : Patrice Bessone a passé la main à Lorenzo Lefebvre
28/05/2026 Groupements/syndicatsAprès 16 années passées à la présidence de Mobilians-ESR, Patrice Bessone qui avait annoncé depuis plusieurs mois qu’il ne briguerait pas un quatrième mandat de président, a passé le témoin à son vice-président, Lorenzo Lefebvre, lors du 62ème congrès de Mobilians-ESR qui s’est tenu du 22 au 24 mai 2026, à Toulon, dans le Var.
Alors que la profession fait face depuis une quinzaine d’années à plusieurs problèmes (concurrence des plateformes, manque de places d’examen, restriction de l’accès au CPF pour financer la formation au permis de conduire, etc.), Patrice Bessone déclare en guise de bilan personnel : « Je n’ai jamais laissé sans réponse les flétrissures de notre métier. Je ne suis pas allé à Canossa. Malheureusement, j’ai commis des erreurs et j’ai eu des échecs. On sait que l’échec est individuel. Je prends l’entière responsabilité des échecs. Heureusement, nous avons eu des réussites. La réussite, elle, est toujours collective ».
Un travail collectif, auquel Lorenzo Lefebvre a largement contribué. En effet, adhérent depuis 2004 à Mobilians-ESR (qui s’appelait alors CNPA branche éduction routière), Lorenzo Lefebvre avait pris des responsabilités au sein de l’organisation professionnelle dès 2013, avant d’occuper activement le poste de vice-président depuis sept ans. C’est donc un homme parfaitement au courant des dossiers qui prend la suite de Patrice Bessone.
Une feuille de route avec 3 chantiers prioritaires
Outre la création de 150 postes d’inspecteurs supplémentaires pour répondre au manque de places d’examen que continue de réclamer Mobilians-ESR, Lorenzo Lefebvre a défini trois axes de travail prioritaires :
-Tout d’abord la montée en compétences des formations, avec notamment un renforcement de l’enseignement théorique. « Je constate que la profession s’est peu à peu reposée sur les séries d’apprentissage théorique laissant les élèves seuls face à un outil numérique au détriment de l’enseignement traditionnel du Code de la route en salle. Aujourd’hui, la formation initiale manque de théorie. C’est une vraie perte en termes de sécurité routière. Il faut revenir aux essentiels de la formation théorique. Dans le sens étymologique du mot « révolution », il y a l’idée d’un « retour, retournement sur soi ». Peut-être que nous devrions faire un tour sur nous-mêmes. L’autre sujet qui me tient à cœur concerne la formation AM que je ne trouve pas assez consistante. Il me semble primordial d’augmenter le nombre d’heures de formation et encore une fois, de mettre l’accent sur les règles du Code de la route.
-Le deuxième axe de travail porte sur la simplification administrative. Cela a commencé avec la réécriture des textes concernant les agréments et les autorisations d’enseigner, à laquelle Mobilians-ESR a pris part en concertation avec la délégation à la Sécurité routière. Mais il faut aller plus loin. On constate que d’un département à l’autre, les préfectures ne demandent pas les mêmes documents aux écoles de conduite. C’est pourquoi Mobilians-ESR a proposé à la déléguée interministérielle à la Sécurité routière, Estelle Balit, lors du congrès à Toulon, de rédiger un guide commun de référence afin d’harmoniser les pratiques et les procédures sur l’ensemble du territoire.
-Le troisième axe de travail consiste à faire évoluer la profession. La société évolue ; les écoles de conduite doivent donc savoir évoluer, notamment en étoffant la palette des services qu’elles proposent. « Il y a tellement de choses à faire, confie Lorenzo Lefebvre, il ne faut pas hésiter à s’inspirer de ce qui se fait dans les autres pays. » Autre sujet d’évolution : la transition énergétique des flottes vers l’électrique. « La direction est prise, on ne peut pas aller contre le sens de l’histoire. Pour autant, cette transition doit être douce et accompagnée », déclare le nouveau président de Mobilians-ESR. Idem pour la transition du parc vers des véhicules à boîte automatique.
Évoluer sans subir
Évoluer oui, mais pas à n’importe quel prix. S’il est un point sur lequel Lorenzo Lefebvre entend ne faire aucune concession, c’est sur le maillage du territoire par les écoles de conduite. « Je ne veux pas de fermeture d’auto-écoles ! Il faut garder la notion de proximité qui est l’atout de la profession en conservant un établissement toutes les 2,8 communes françaises. » Et de conclure : « Il faut que l’on soit capable d’évoluer sans subir ».
S. A.
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