La Prévention Routière interroge les jeunes sur le permis

01/08/2013 Sécurité routière
Sécurité routière La Prévention Routière interroge les jeunes sur le permis Quatre ans après la réforme du permis de conduire menée par les pouvoirs publics, qui visait à rendre celui-ci « moins cher, moins long et plus sûr », l’Association Prévention Routière a mené une étude auprès d’un échantillon représentatif de 1 009 jeunes âgés de 18 à 24 ans.

Le permis de conduire, passeport indispensable pour s’intégrer dans la société ? C’est ce que semble révéler cette étude* menée pour l’Association Prévention Routière qui montre que 65,8% des jeunes de 18-24 ans interrogés étaient déjà titulaire du fameux papier rose et que 16,7% suivaient une formation à la conduite. Seuls 17,5% des sondés affirmaient ne pas le préparer ou avoir abandonné la formation. Des chiffres qui démontrent l’importance qu’accordent les jeunes au permis de conduire.

19 ans : âge moyen de l’obtention du permis
Les titulaires du permis sont un peu plus nombreux parmi les jeunes hommes (70,4%), les jeunes ayant un niveau supérieur du bac (79,47%) et les actifs (69,4%). Ils sont un peu moins nombreux parmi les jeunes femmes (60,9%), les inactifs (61,6%) les jeunes n’ayant pas le niveau bac (57,5%) et les jeunes d’Île-de-France (45,6%). L’âge moyen d’obtention du permis de conduire en France est de 19 ans. Selon la Prévention Routière, « le permis reste un rite, une étape incontournable à cet âge, avec souvent derrière une influence décisive des parents. Ce sont très souvent eux qui poussent leurs enfants à passer le permis de conduire et qui aident financièrement ». En effet, si les motivations qui arrivent en tête sont « parce que c’est normal de le passer à cet âge » et « parce que j’en avais besoin pour mon travail ou mes études », la raison qui consiste à dire « parce que mes parents m’ont incité à le passer » est également très largement évoquée.

28,5% de conduite accompagnée
La conduite accompagnée est choisie par les jeunes qui souhaitent obtenir leur permis très tôt (41,5% des jeunes interrogés étant déjà titulaires de leur permis ont opté pour cette filière). Conséquence, tandis que la moyenne d’obtention du permis via la filière traditionnelle est de 19,4 ans, la moyenne d’âge de ceux qui ont opté pour la conduite accompagnée est de 18,4 ans, soit un an plus tôt.

80,6% de réussite au Code, du premier coup !
Si les jeunes trouvent que l’examen théorique n’est pas forcément très facile, ils s’en sortent pas mal puisque 80,6% ont réussi l’ETG du premier coup. Pour se préparer, 75,9% affirment avoir complété leur formation en dehors de l’auto-école, à l’aide de livres, CD, DVD et formation via Internet. Par ailleurs, 73% constatent que leur préparation s’est limitée à s’entraîner à répondre à des séries de questions. « Parmi les recalés, explique la Prévention Routière, on trouve les jeunes avec un niveau d’études inférieur au baccalauréat, ceux qui résident en Île-de-France ou qui ont préparé le permis par la filière traditionnelle. Et parmi les recalés, plus d’1 sur 3 attend trois mois ou plus pour repasser l’examen ». Une information qui n’étonnera pas beaucoup la profession !

31 heures de conduite en moyenne
Lors de son inscription, 1 jeune sur 2 opte pour un forfait 20 heures (47,1%), mais d’autres prennent des forfaits plus longs puisque le nombre moyen d’heures de pratique est porté à 22,6. On note une légère différence en fonction de la filière choisie : 22 heures en conduite accompagnée et 23 heures en filière classique. Cependant, ce forfait de départ se révèle bien souvent insuffisant puisque le nombre d’heures de conduite nécessaires est en moyenne de 31 heures. Une nouvelle fois, on constate un écart entre la conduite accompagnée (26 heures) et la formation classique(35 heures). La Prévention Routière analyse la situation de la manière suivante : « Cette difficulté à maîtriser le nombre d’heures prévu au départ s’explique à la fois par le manque de préparation à l’issue du forfait, mais aussi par les délais nécessaires pour obtenir une date d’examen, en particulier après un échec : plus de la moitié des jeunes recalés ont dû attendre 3 mois ou plus pour repasser l’examen pratique et plus d’un quart ont attendu au moins 5 mois ». Aussi, « la formation au permis de conduire est vécue par les jeunes concernés comme une démarche longue, supérieure à un an, fort logiquement pour les jeunes suivant la conduite accompagnée, mais aussi pour 48% des jeunes suivant la filière traditionnelle. Cette durée est perçue comme difficile à appréhender en terme d’organisation personnelle : disponibilité des créneaux horaires à l’auto-école, des dates de passage aux examens… ».

Coût moyen du permis : 1 495 euros
Le sondage commandé par la Prévention Routière porte également sur le coût de la formation au permis de conduire. Le coût de revient moyen global est de 1 493 euros, sachant que pour la conduite accompagnée, le coût est moins élevé (1 110 euros) et plus élevé pour la filière traditionnelle (1 665 euros). À noter que les femmes nécessitent visiblement plus d’heures de conduite que les hommes puisque le coût moyen pour les femmes (AAC et filière traditionnelle) est de 1 600 euros, alors qu’il n’est que de 1 450 euros pour les hommes. Dans 53% des cas, le permis de conduire est financé par les parents ou les grands-parents. Seuls 30% des jeunes affirment avoir financé tout seul leur formation à la conduite. Enfin, interrogés sur la difficulté pour obtenir le permis de conduire, les jeunes s’avèrent assez partagés sur la question puisque 48,7% d’entre eux estiment que le permis est difficile à obtenir. Mais inversement, 51,2% trouvent qu’obtenir son permis de conduire n’est pas insurmontable. En conclusion, pour l’Association Prévention Routière « les résultats de cette étude indiquent clairement les pistes à privilégier pour réduire le coût du permis de conduire sans pour autant nuire à l’insécurité : réduire les délais – trop longs et qui entraînent un surcoût – de présentation aux examens, redéfinir les critères d’attribution des places pour ne plus pénaliser les redoublants et développer la conduite accompagnée, ainsi que la conduite supervisée ». Selon la Prévention Routière, « ces mesures doivent s’accompagner d’un renforcement de la sensibilisation des jeunes aux principaux risques routiers (alcool, vitesse, drogues, téléphone...) au moment de la préparation au permis de conduire, mais également en amont dans les lycées, les centres de la formation des apprentis (CFA) et les filières techniques et professionnelles ». 

* Étude réalisée en juillet 2012 par le bureau d’études The Links qui a auditionné des jeunes lors de tables rondes à Nantes et Paris, puis sur Internet.

À LIRE AUSSI

CISR : focus sur les 18 mesures retenues

Suite à la tenue le 9 janvier dernier du Comité interministériel de la sécurité routière (CISR) en présence du Premier ministre et de dix ministres et secrétaires d’État, le gouvernement a choisi de retenir 18 mesures à mettre en œuvre pour lutter contre l’insécurité routière. Détail.