Changement d’heure : la baisse de luminosité accroît le risque d’accident

22/10/2026 Sécurité routière

Sécurité routière Changement d’heure : la baisse de luminosité accroît le risque d’accident

Le passage à l’heure d’hiver marque chaque année une période de vigilance accrue sur les routes. Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, les horloges reculeront d’une heure. Conséquence directe : la nuit tombera plus tôt, entre 17 h et 19 h, précisément au moment des sorties d’école et des retours du travail. Une baisse de luminosité qui fragilise particulièrement les piétons, les cyclistes et les utilisateurs de trottinettes, déjà exposés aux risques de la circulation.
Les chiffres de la Sécurité routière soulignent l’ampleur du phénomène. Selon les données de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), les accidents impliquant un piéton augmentent de 34,9 % entre 17 h et 19 h en novembre par rapport au mois d’octobre. Plus largement, 42 % des piétons tués chaque année le sont entre octobre et janvier.

Être visible pour éviter le choc
La nuit, un éclairage public insuffisant, des vêtements sombres ou une chaussée encombrée peuvent retarder la détection d’un usager par un automobiliste. Or, à vitesse élevée, quelques mètres suffisent à rendre un freinage d’urgence inefficace.
Pour illustrer cet enjeu, la Sécurité routière et UTAC ont réalisé des essais de freinage de nuit. À 50 km/h, un piéton vêtu de noir n’est visible qu’à 28 mètres, alors que le véhicule a besoin de 31 mètres pour s’arrêter. Le choc survient à 32 km/h. Avec une tenue rétroréfléchissante, le piéton est repéré à 44 mètres et la voiture s’immobilise 13 mètres avant lui.
Le constat est tout aussi parlant pour les cyclistes. À 80 km/h, un cycliste portant des vêtements sombres, même sur un vélo correctement éclairé, n’est visible qu’à 35 mètres alors que 60 mètres sont nécessaires pour que le véhicule s’arrête. Avec un gilet rétroréfléchissant, sa visibilité atteint 63 mètres, permettant au conducteur de s’arrêter à temps.

Adapter les comportements
Face à ces risques, la Sécurité routière rappelle l’importance des équipements et de la prudence. Les vélos doivent notamment disposer d’un feu blanc à l’avant, de catadioptres réglementaires et d’un feu rouge arrière. Hors agglomération, le port d’un gilet de haute visibilité est obligatoire de nuit ou lorsque la visibilité est insuffisante. Pour les trottinettes électriques, les feux avant et arrière, les dispositifs rétroréfléchissants et le port du gilet dans les conditions prévues par la réglementation contribuent également à réduire les risques.
Mais la prévention repose sur tous les usagers. Les automobilistes doivent adapter leur vitesse, anticiper davantage et redoubler d’attention aux abords des passages piétons et des pistes cyclables. Piétons, cyclistes et utilisateurs de trottinettes ont, eux aussi, intérêt à privilégier des vêtements clairs ou rétroréfléchissants et à vérifier leur éclairage. Avec le changement d’heure, voir et être vu devient un enjeu essentiel. Une vigilance renforcée, associée à des équipements adaptés, peut faire la différence entre un freinage réussi et un accident.
S. A.


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