EDPM et vélos : le port du casque bientôt obligatoire pour tous ?
15/09/2026 RéglementationComme nous vous l’avions annoncé dans La Tribune des Auto-Écoles n°281 (mai/juin 2026), le préfet des Alpes-Maritimes a imposé depuis le 2 avril dernier, aux usagers de trottinettes électriques et autres EDPM (Engin de déplacement personnel motorisé), le port obligatoire d’un casque et d’un gilet rétroréfléchissant, de jour comme de nuit, sur l’ensemble du département.
EDPM : hausse de l’utilisation et des accidents
Laurent Hottiaux, alors préfet des Alpes-Maritimes (il a été nommé cet été préfet de Loire-Atlantique et des Pays de la Loire) avait justifié cette décision par l’augmentation de l’usage de ce type de déplacement dans le département et la hausse des accidents impliquant ces engins. Rien qu’en 2025, les sapeurs-pompiers des Alpes-Maritimes ont procédé à 710 interventions de secours impliquant un EDPM contre 468 en 2024. Cela représente une moyenne de 2 accidents par jour (chute individuelle, collision entre EDPM ou autre usager de la route) qui débouchent très souvent sur des blessures graves.
Ce phénomène n’est pas spécifique aux Alpes-Maritimes. Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), au niveau national, 79 usagers d’un EMPM ont perdu la vie en 2025 contre 45 en 2024, 44 en 2023, 35 en 2022, 24 en 2021, 7 en 2020 et 10 en 2019. Le nombre de blessés graves augmente également puisque 1 200 blessés graves ont été recensés en 2025, ce qui représente une hausse de 38 % par rapport à 2024.
Une mesure déjà en vigueur dans plusieurs départements
Si les trois-quarts des accidents mortels d’EDPM ont lieu en milieu urbain, un quart survient hors agglomération. Et presque tous les territoires sont touchés. Même des départements ruraux comme l’Ardèche a, par exemple, enregistré six accidents impliquant des EDPM depuis le début de l’année 2026. C’est pourquoi, plusieurs préfets ont décidé de suivre l’exemple des Alpes-Maritimes. Ainsi, le port du casque (et parfois d’un gilet rétroréfléchissant) est obligatoire depuis juin dans l’Yonne, depuis juillet en Seine-et-Marne et dans le Vaucluse, depuis août à Paris, dans les Hauts-de-Seine, en Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne, et depuis septembre en Ardèche, dans la Manche, dans le Nord, le Pas-de-Calais ou encore les Yvelines.
Un texte en préparation au niveau national
Si pour l’heure l’obligation pour les utilisateurs d’EDPM de porter un casque de jour comme de nuit relève de la compétence des préfets, la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, a confié travailler sur le sujet pour harmoniser l’application de la règle au niveau national. Elle souhaiterait également que la mesure s’applique aux cyclistes. En effet, le port du casque à vélo est uniquement obligatoire pour les jeunes de moins de 12 ans. Au-delà de cet âge, les cyclistes sont encouragés à porter un casque, mais la loi ne prévoit pas d’obligation. La ministre plaide pour un texte unique qui s’appliquerait aux EDPM et aux vélos. Mais elle rencontre l’opposition du Réseau vélo et marche qui « a pour vocation d’œuvrer au développement des infrastructures cyclables et piétonnes » et d’accompagner les collectivités et les territoires dans leurs engagements en faveur de mobilités plus durables. Arguant que le mot « vélo » regroupe des réalités différentes (vélo musculaire, électrique, VTT, etc.), le Réseau vélo et marche estime que « légiférer d’un seul bloc reviendrait à appliquer au cycliste utilitaire le plus prudent des contraintes pensées pour les usages les plus rapides ou les plus déréglementés. L’urgence chiffrée se situe du côté des EDPM, non du vélo. L’objectif de lisibilité peut être obtenu par une règle nationale applicable aux EDPM, se substituant au régime actuel des arrêtés locaux et excluant explicitement les cycles de son périmètre ». Le Réseau vélo et marche redoute en effet que le fait de rendre le port du casque obligatoire pour tous les cyclistes pourrait faire baisser la pratique du vélo de 15 à 30% (comme cela été observé en Australie), ce qui aurait un impact négatif pour la santé publique, mais aussi pour l’économique de la filière vélo.
S. A.
Pour plus d'info, abonnez-vous sur www.tribune-auto-ecoles.fr