Réforme du permis moto : quid des nouveaux examens ?

01/01/2020 Formations/Examens
Formations/Examens Réforme du permis moto : quid des nouveaux examens ?

Les nouveaux examens du permis moto doivent remplacer les examens actuels en mars 2020. Si à l’heure où nous bouclons ce magazine, quelques points faisaient encore l’objet de discussions, voici dans les grandes lignes, à quoi vont ressembler les nouveaux examens.

Le 9 janvier 2018, le Premier ministre, Édouard Philippe, dévoilait dix-huit mesures visant à lutter contre l’insécurité routière. Parmi elles, la mesure n°15 ayant pour objectif « de protéger et responsabiliser les usagers de deux-roues motorisés » et qui prévoyait de « moderniser les modalités d’examen pour les catégories A1 et A2 ».
Ainsi, à partir du 1er mars 2020, les candidats au permis moto vont être évalués sur la base de trois épreuves : un examen théorique spécifique moto baptisé ETM, des exercices à réaliser sur une piste fermée et une dernière partie qui consiste à rouler en condition réelle dans la circulation. Si l’épreuve pratique existait déjà et se composait de deux parties (plateau et circulation), le déroulement de l’examen a été modifié comme nous allons le voir plus loin.

- L’épreuve théorique moto
C’est la grande nouveauté de cette réforme des examens moto. Désormais pour obtenir le permis deux-roues, il faudra passer et obtenir une épreuve théorique spécifique, même si le candidat a obtenu l’ETG moins de cinq ans avant le passage de l’examen pratique moto.
Baptisé ETM, pour Épreuve théorique moto, ce nouvel examen a pour but de poser plus de questions en relation avec la pratique du deux-roues afin de mieux sensibiliser et former les futurs motards. Ainsi une base de questions spécifiques à l’ETM a été développée, portant sur les thèmes suivants :
■ les dispositions légales en matière de circulation routière (90 questions),
■ le conducteur (120 questions),
■ la route (120 questions),
■ les autres usagers de la route (60 questions),
■ la réglementation générale (60 questions),
■ les éléments mécaniques liés à la sécurité (60 questions),
■ les équipements de protection et autres éléments de sécurité des véhicules (60 questions),
■ les règles d’utilisation du véhicule en relation avec le respect de l’environnement (30 questions).

- Passage de l’examen dans un centre agréé
À l’instar de l’ETG, l’ETM se passera dans un centre d’examen agréé et coûtera 30 euros. Le candidat devra simplement indiquer avant le lancement de la série, s’il veut passer l’ETG ou l’ETM. Chaque série comportera 40 questions et comme pour l’ETG, le candidat devra donner au minimum 35 bonnes réponses pour obtenir l’ETM. Sa validité est portée à 5 ans dans la limite de 5 passages de l’examen pratique par catégorie d’examen.

- L’épreuve hors circulation
Une fois l’ETM obtenu, le candidat devra passer un examen pratique, qui se découpe en deux temps : une partie hors circulation (plateau) et une partie en circulation. Sur ce point, pas de changement par rapport à l’examen pratique actuel.

Un examen « tout en un »
Concernant la partie hors circulation, l’interrogation orale et les vérifications sur la moto disparaissent puisqu’elles sont remplacées par certaines questions posées au candidat lors du passage de l’ETM. Sinon, la structure de l’épreuve plateau ne change pas fondamentalement. Elle comporte toujours les exercices suivants : le déplacement de la moto sans l’aide du moteur, l’allure réduite sans passager, le freinage, l’allure réduite avec passager et l’évitement. L’évolution ne porte donc pas sur la nature des exercices mais sur la façon de les réaliser. En effet, le candidat devra effectuer un parcours « tout en un », en enchaînant tous les exercices sans s’arrêter. Pour cela, il devra apprendre « par cœur » le parcours avant le jour de l’examen. La suppression de l’interrogation orale, des vérifications sur la moto et l’enchaînement des exercices devraient permettre de réduire la durée de passage de chaque candidat d’environ 5 minutes. Ainsi, de 15 minutes à l’heure actuelle, l’examen plateau ne devrait plus nécessiter que 10 minutes par candidat, ce qui permettra d’augmenter la durée de l’examen en circulation. Cependant, à l’heure où nous bouclons ce magazine, la durée exacte des examens plateau et en circulation n’était pas encore définitivement fixée.

Le matériel de balisage
Le parcours de l’examen est balisé par 17 cônes orange et 5 cônes bleus. Quatre cônes bleus marquent le point d’arrêt à la sortie de l’évitement. Un cinquième cône bleu indique le lieu où le candidat doit marquer l’arrêt lors du demi-tour à allure lente sans passager. Quant aux cônes orange, ils permettent d’indiquer la trajectoire que doit suivre le candidat pour réaliser son parcours. À noter que la Délégation à la sécurité routière a demandé que les 4 piquets également placés sur la piste, soient équipés de protection pour éviter qu’un candidat ne se blesse s’il venait à tomber sur l’un d’eux.

L’équipement requis
Pour passer l’examen, le candidat doit être équipé d’un casque et de gants homologués, d’un blouson et de chaussures destinés à la pratique de la moto et/ou possédant le marquage CE, d’un pantalon ou d’une combinaison. Mais, il doit également, et c’est une nouveauté, avoir une dorsale ou un gilet airbag lors de l’épreuve en circulation. Si tel n’est pas le cas, il n’aura pas le droit de passer l’examen.

Le détail des épreuves
L’examen débute par le déplacement de la moto sans l’aide du moteur, en marche avant, puis en marche arrière (en vert sur le schéma). Une fois effectuée cette épreuve, le candidat doit remettre sa moto sur la béquille. Il enchaîne avec un déplacement à allure lente sans passager (en rose sur le schéma). Cette épreuve est chronométrée. Le chronomètre doit être déclenché lors du passage de la roue arrière entre les deux premiers cônes orange et stoppé quand la roue arrière passe entre les deux cônes orange suivants. Si le temps est inférieur à 14 secondes, le candidat obtient un C, s’il est compris entre 14 et 16 secondes, c’est un B et au-delà de 16 secondes, le candidat obtient un A. Quoiqu’il en soit, le candidat poursuit son parcours (matérialisé en rose sur le schéma) jusqu’au point 4. Cette dernière partie n’étant plus prise en compte par le chronomètre. À partir du point 4, le candidat s’engage pour l’épreuve de freinage (en bleu sur le schéma). Il débute par un demi-tour qui doit être effectué entre les deux cônes orange situés dans la zone C6 et C7, puis il va tourner au bout de la piste pour revenir le long de la piste en prenant de la vitesse. Au passage au point C6, la vitesse est contrôlée par un radar. Le candidat doit rouler au minimum à 50 km/h (avec une marge de 5 km/h pour le permis A1), puis freiner. Sur piste sèche, la moto doit s’arrêter au plus tard sur la ligne C5 et sur piste humide, sur la ligne C4. Pendant ce temps, le passager doit se mettre en position d’attente sur la ligne C4 de l’autre côté de la piste pour permettre d’enchaîner sur l’épreuve de roulage à allure réduite avec un passager à l’arrière de la moto. Lorsque la moto est arrêtée, le passager traverse la piste et s’installe à l’arrière de la moto. Le candidat effectue alors le trajet avec son passager (matérialisé en jaune ocre sur le schéma), puis dépose son passager dans la zone située entre les deux piquets et les deux cônes orange (Attention ! Le comportement et la façon de se tenir du passager sont pris en compte. Si le passager aide ou guide le candidat ou s’il ne se tient pas correctement, la note C est attribuée et l’examen est interrompu). Enfin, le candidat s’élance pour l’ultime épreuve, à savoir le slalom à allure normale et l’évitement (indiquée en fuchsia sur le schéma). La remontée en slalom doit se faire à une vitesse supérieure à 40 km/h (avec une marge de 5 km/h pour le permis A1), la vitesse étant prise par le radar au point C7. Arrivé en bout de piste, le candidat fait demi-tour pour revenir le long de la piste sur le côté opposé à celui où il a effectué l’épreuve de freinage, pour faire l’exercice de l’évitement. Pour cela, il doit arriver à une vitesse minimum de 50 km/h (avec une marge de 5 km/h pour les permis A1 et A2). La vitesse est alors contrôlée au radar en point C6 juste avant que le candidat ne fasse un évitement entre les cônes. Une fois l’évitement réalisé, le candidat va arrêter sa moto entre les 4 plots bleus de la zone d’arrêt.

La grille de notation
Pour noter les différentes épreuves, les inspecteurs disposent d’une grille de notation. Lorsque les exercices sont correctement effectués, le candidat obtient un A. Idem s’il ne réussit pas correctement le déplacement de la moto sans l’aide du moteur. Par contre, il n’aura plus le droit que de poser deux pieds au sol au lieu de trois pendant le reste du parcours. S’il pose un pied supplémentaire, qu’un obstacle est déplacé ou renversé, qu’un défaut de maîtrise du freinage est identifié par une roue décollée ou qu’il effectue un chrono entre 14 et 16 secondes, il obtient un B. Il se verra décerner un C dans les cas suivants : chrono inférieur à 14 secondes, distance de freinage non respectée, freinage anticipé, vitesse de freinage minimum non respectée, erreur de parcours, cône d’évitement déplacé ou renversé, sortie de terrain, obstacle non franchi, arrêt hors zone ou encore s’il a obtenu deux notations B. Cependant, le candidat a droit à un second essai pour réaliser l’ensemble du parcours. On considérera alors que le premier essai était une reconnaissance du terrain. Si lors de ce deuxième essai, il obtient à nouveau un C, il est définitivement ajourné. De même que s’il fait tomber sa machine dès le premier essai lors du parcours (sauf lors de l’exercice du déplacement de la moto sans l’aide du moteur), l’examen est immédiatement interrompu et le candidat ajourné.

- L’épreuve en circulation
L’épreuve en circulation va être plus longue que les 30 minutes actuelles, mais la durée n’a pas encore été fixée. Le but consiste à avoir plus de temps pour emmener le candidat hors agglomération et mieux évaluer sa maîtrise de la moto et notamment la bonne application des trajectoires de sécurité en virage. Ce dernier sera évalué sur quatre compétences :

1/ Savoir se positionner en ligne droite
En agglomération, l’inspecteur vérifiera que le candidat se positionne au centre de sa voie de circulation, pour augmenter son coussin de sécurité avec les autres usagers, dans toutes les situations où l’état de la chaussée, la configuration des lieux et les conditions météorologiques le permettent.
Hors agglomération, l’inspecteur contrôlera que le candidat se positionne sur la droite de sa voie de circulation, en conservant un coussin de sécurité avec l’axe médian et l’accotement, dans toutes les situations où l’état de la chaussée, la configuration des lieux et les conditions météorologiques le permettent.
2/ Savoir aborder les virages ou courbes en adoptant la technique de la trajectoire de sécurité
C’est une des autres nouveautés de cet examen. Partant du constat que les motards ne représentent que 1,6 % du trafic en France, mais 19 % des morts dans un accident de la route, la Délégation à la sécurité routière a souhaité sensibiliser les futurs motards à la notion de trajectoire de sécurité, afin de réduire les risques d’accidents, notamment sur les chaussées à double sens. Ainsi, dans les virages à droite, l’inspecteur s’assurera que le candidat adapte, au besoin, son allure avant d’aborder le virage, puis se positionne à gauche de sa voie de circulation en conservant un coussin de sécurité avec l’axe médian, maintienne son allure dans le virage ou à défaut ne modifie pas de manière importante son allure, et dès que la sortie de virage est visible que le candidat se repositionne en reprenant sa marche normale.
Dans les virages à gauche, l’inspecteur veillera à ce que le candidat adapte également, au besoin, son allure avant d’aborder le virage, puis se positionne à droite de la voie de circulation en conservant un coussin de sécurité avec l’axe médian et l’accotement, puis maintienne son allure dans le virage ou à défaut ne modifie pas de manière importante son allure et enfin, dès que la sortie du virage est visible, que le candidat reste à droite en reprenant sa marche normale.

3/ Savoir se positionner en changement de direction et franchissement d’intersection
L’inspecteur contrôlera que le candidat sait se positionner sur sa voie lors des changements de direction ou franchissements d’intersection en toute sécurité et en respectant les règles du Code de la route.

4/ Savoir se positionner en s’arrêtant
L’inspecteur vérifiera enfin que le candidat sait se positionner lors des phases d’arrêt, en toute sécurité.

Le système de notation
Pour évaluer les compétences du candidat, l’inspecteur dispose d’une grille de notation qui reste identique à celle de l’examen actuel. Ainsi, le candidat peut obtenir au maximum 27 points. Par contre, le niveau requis pour obtenir l’examen a été réévalué puisqu’il faudra un minimum de 21 points pour être reçu à l’examen contre 17 points à l’heure actuelle. Une volonté de l’État qui vise à exiger un niveau supérieur des futurs motards afin de réduire l’accidentologie de cette catégorie d’usagers de la route.

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