Carburant : privées d’aide, les auto-écoles annoncent une hausse des tarifs

23/09/2026 Économie/Entreprise

Économie/Entreprise Carburant : privées d’aide, les auto-écoles annoncent une hausse des tarifs

Les auto-écoles vont devoir augmenter leurs tarifs. Alors que le gouvernement a annoncé, mardi 22 septembre 2026, de nouvelles mesures pour aider les Français confrontés à la hausse des prix des carburants, les écoles de conduite ne figurent pas parmi les bénéficiaires. Une décision qui provoque la colère du secteur, qui estime ne plus pouvoir absorber l’augmentation de ces coûts.

Une augmentation de 3 à 4 € par heure
« On n’a pas le choix, on va devoir augmenter nos tarifs », a déclaré Boris Grabowski, vice-président de Mobilians-ESR, mercredi 23 septembre sur France Info. Selon lui, la hausse pourrait atteindre 3 à 4 euros supplémentaires par heure de conduite. Elle concernerait cependant uniquement les nouveaux contrats (les élèves déjà inscrits conservant les conditions tarifaires prévues dans leur contrat).
Pour les professionnels, cette hausse est devenue inévitable après plusieurs mois durant lesquels ils ont tenté de contenir la facture pour leurs élèves. « Nous avons tenu six mois en limitant la hausse répercutée sur nos élèves, alors que notre marge est aujourd'hui divisée par deux », explique pour sa part Lorenzo Lefebvre, président de Mobilians-ESR. Concrètement, Boris Grabowski qui dirige une école de conduite à Châteauroux, estime que son entreprise a dépensé environ 5 000 euros supplémentaires en carburant depuis le début de la crise géopolitique, soit entre 700 et 800 euros de plus chaque mois. Une charge particulièrement lourde pour des entreprises qui doivent effectuer de nombreux kilomètres pour assurer les heures de conduite.
Le secteur réclamait un dispositif d’aide spécifique. Mobilians-ESR demandait notamment une aide de 35 centimes par litre, sur le modèle de celle accordée aux pêcheurs. Patrick Mirouse, président d’ECF, plaidait quant à lui pour une aide de 20 centimes par litre. « C’est un comble que l’on ne soit pas concernés car on forme les grands rouleurs », déclarait-il mardi 22 septembre, sur France Info.
Le président de l’UNIC, Benjamin Panis, va plus loin : « Pour une école de conduite, le carburant n’est pas une dépense accessoire : c’est un outil de travail. Chaque heure de conduite nécessite de faire rouler un véhicule. Chaque hausse du carburant augmente donc directement le coût d’exploitation de l’entreprise. En France, nous devons aujourd’hui ouvrir le débat sur un allègement fiscal beaucoup plus important, pouvant aller jusqu’à 50 centimes par litre, plutôt que de multiplier les aides ciblées. Un allègement fiscal directement à la pompe permettrait de donner une véritable bouffée d’air aux écoles de conduite et à l’ensemble des professionnels qui dépendent de leur véhicule pour travailler, tout en bénéficiant à tous les automobilistes. »

Une double peine pour les familles
La profession dénonce également les conséquences de cette absence de soutien de l’État sur l’accès au permis de conduire. Les familles pourraient être confrontées à une double augmentation : celle de leurs dépenses liées aux déplacements quotidiens et celle du coût du permis de leurs enfants. « Les tarifs des formations au permis vont augmenter, même si nous ferons tout pour limiter cette hausse, au moment même où les aides publiques se réduisent et où de plus en plus de jeunes n'ont déjà plus les moyens de passer le permis de conduire », déclare Lorenzo Lefebvre qui souligne que cette situation intervient alors que les difficultés de mobilité touchent déjà une part importante de la population. Selon le Baromètre des Mobilités du Quotidien de Wimoov, publié le 17 septembre 2026, 17 millions de Français majeurs, soit 31 % de la population, sont en situation de précarité de mobilité, contre 15 millions en 2024. Chez les 18-24 ans, 36 % n’ont pas le permis, notamment pour des raisons financières. Wimoov indique également que 22 % des jeunes ont déjà renoncé à un emploi ou à une formation faute de solution de mobilité.

Vers une mobilisation ?
Pour les écoles de conduite, l’équation devient donc particulièrement difficile : continuer à contenir leurs prix signifie rogner davantage leurs marges ; à l’inverse, répercuter la hausse du coût du carburant risque de rendre le permis encore moins accessible aux jeunes et aux ménages modestes. C’est pourquoi la colère monte dans la profession qui n’exclut pas de se mobiliser dans les prochains jours.
S. A.
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