Sables d’Olonne : une Mustang pour le plaisir de conduire, mais aussi pour communiquer

L’auto-école Jacky et fils, installée aux Sables d’Olonne, a acheté une Ford Mustang. L’objectif : faire rêver les élèves en les mettant au volant d’une « belle Américaine » et se démarquer des autres écoles de conduite.

Gérant de l’auto-école Jacky et fils, située aux Sables d’Olonne, en Vendée, Patrice Gayant n’imaginait pas que sa Ford Mustang transformée en véhicule-école allait attirer aussi vite l’attention des médias régionaux. « Avant de communiquer sur cette voiture, j’ai circulé dans les Sables d’Olonne avec le panneau de toit. J’ai été aussitôt contacté par la presse locale », s’amuse-t-il. Il faut dire qu’une auto-école qui possède une Mustang n’est pas courant. En France, environ une dizaine de Mustang ont été transformées en véhicule-école par la société Drive Matic Legrand. « En 2016, j’ai rencontré un collègue - Eddie Ieu qui gère l’auto-école Henry à Lunéville – qui en possédait une », se souvient Patrice Gayant. « C’est lui qui m’a donné envie d’acheter une Mustang. » Car le Vendéen cherchait une voiture de sport pour se démarquer et intéresser les jeunes au permis de conduire. « Nous avons du mal à les faire venir dans nos établissements car ils entendent dire que la voiture est une option coûteuse et que ce n’est pas obligatoire d’en posséder une quand on vit en ville. » Il fallait donc trouver un moyen « fun » pour les attirer vers son établissement. Pour cela, Patrice Gayant a misé sur le plaisir de conduire.

Le rêve américain en Vendée
« Je voulais une voiture qui fasse rêver. Or, la Mustang incarne le rêve américain. Mon but est que les élèves découvrent la conduite à l’ancienne. À savoir, rouler doucement dans une voiture décapotée, les vitres ouvertes. » Pour cela, il a choisi un Ford Mustang de 2017 décapotable. Ce modèle est doté d’un moteur de 2,3 litres qui développe malgré tout 317 ch ! Une « petite » cylindrée spécialement conçue pour le marché européen. Patrice Gayant ne voulait pas de véhicule en boîte automatique car, selon lui, « le plaisir de la conduite passe par le passage des vitesses ». Après deux ans de recherches, la perle rare a été trouvée en Bulgarie. Une fois importé et équipé en doubles commandes, le véhicule a été agréé par la préfecture de la Vendée. Une opération de communication qui a coûté 38 000 euros à l’auto-école. « Cet investissement est plus efficace que d’acheter de la publicité. Par ailleurs, pour nous faire connaître, nous ne voulions pas recourir à des actions de marketing ou à des gestes financiers qui dévalorisent le permis de conduire. »

Assiduité récompensée
En effet, le prix des leçons sur ce bolide n’est pas surfacturé aux élèves. Lorsqu’ils ont entre 15 et 20 leçons, ils prennent le volant de la Mustang pendant 30 minutes. « C’est une sorte de récompense de leur assiduité. Ils adorent ! » Il faut dire qu’ils vont déambuler sur le front de mer, qui se prête à l’exercice avec sa multitude de terrasses de cafés et de restaurants. « C’est la partie « girly » du parcours, où l’on roule à 20 km/h. Je ne sais pas qui hallucine le plus : l’élève qui est au volant ou les passants ! » Mais, avant cela, ils doivent prendre en main la Mustang. Car son gabarit est sans commune mesure avec un véhicule d’auto-école classique. En attestent sa longueur (4,78 m) et sa largeur (2 m). « Le capot est interminable », reconnait Patrice Gayant. D’où la nécessité de s’entraîner un peu sur le parking de l’auto-école avant de partir en balade. « Le moment le plus drôle, c’est lorsqu’on leur demande de faire une marche arrière ou un créneau. La pression monte aussitôt ! »

Entre 10 et 11 litres aux 100 km
En dehors de cet aspect ludique, l’enseignant a conçu un programme de formation adapté à cette voiture. Les élèves découvrent en effet la manipulation d’un véhicule équipé d’un moteur puissant, mais qui supporte de rouler doucement. « Paradoxalement, cela garantit une plus grande souplesse et pardonne beaucoup plus les erreurs d’accélération qu’une petite cylindrée. » Autre aspect : l’instauration d’une sorte de challenge visant à maîtriser la consommation, qui reste très élevée, puisque se chiffrant entre 10 et 11 l/100 km en utilisation urbaine. « Nous avons sélectionné le mode éco-conduite. Un écran installé entre les compteurs de vitesse et le compte-tours affiche la consommation en temps réel. Les élèves constatent qu’en roulant en deuxième, ils sont à 30 km/h et le curseur de consommation est quasiment dans le vert. » Et à 80 km/h, ils découvrent un moteur qui ronronne un peu plus fort. « C’est l’occasion de leur rappeler que c’est une propulsion et que ce véhicule n’est pas fait pour faire des chronos. Pour cela, il faut aller sur un circuit. » Pour autant, pas question d’utiliser la Mustang pour les examens, bien qu’elle soit homologuée pour cela. « Les candidats seraient trop stressés par rapport à son gabarit ». En revanche, Patrice Gayant l’utilise pour les permis moto. « Les premières fois, les inspecteurs ont pensé que c’était une blague ! ».

Christine Cabiron