Le rapport IGA sur le manque de places d’examen enfin divulgué
19/06/2026 Formations/ExamensLe 17 juin 2026, la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, a réuni les organisations professionnelles (OP) de l’enseignement de la conduite (Mobilians-ESR, UNIC et UNIDEC), les représentants des inspecteurs du permis de conduire ainsi que les services de la Délégation à la sécurité routière (DSR) afin de leur présenter en avant-première, les conclusions du rapport de l’Inspection générale de l’administration (IGA) intitulé Réformer l’apprentissage et l’examen du permis de conduire.
Ce rapport de 120 pages, qui formule 27 préconisations, vise à répondre à une préoccupation majeure : la réduction des délais d’attente pour l’accès à l’examen pratique du permis de conduire. Si aucune réforme de rupture n’est annoncée à ce stade, plusieurs orientations fortes ont été présentées pour améliorer durablement le fonctionnement du système.
Recrutement d’inspecteurs
La principale mesure concerne le renforcement des moyens humains avec le recrutement annoncé pour 2027 de 27 inspecteurs supplémentaires (venant s’ajouter aux 20 postes supplémentaires et à la vingtaine d’examinateurs issus de La Poste budgétés en 2026). L’objectif étant d’augmenter significativement la capacité d’examen, avec une production estimée entre 60 000 et 70 000 examens supplémentaires par an. Le recours accru à des inspecteurs retraités ainsi que la poursuite des dispositifs permettant d’augmenter le nombre d’épreuves réalisées figurent également parmi les pistes retenues.
Le rapport souligne par ailleurs la nécessité d’un meilleur pilotage territorial afin de réduire les fortes disparités observées entre départements. Les OP ont insisté sur les difficultés persistantes dans certains territoires particulièrement sous tension et sur l’importance de renforcer les audits et les mécanismes de suivi local.
Augmentation du taux de réussite
L’amélioration du taux de réussite est également identifiée comme un levier majeur. Selon les données de la DSR, chaque point de réussite supplémentaire permettrait d’économiser environ 15 000 examens au niveau national (soit l’équivalent de 4,6 IPCSR). Une réflexion est engagée pour mieux intégrer cet indicateur dans les modalités d’attribution des places d’examen.
Promouvoir la conduite accompagnée
L’intérêt de la conduite accompagnée fait l’objet d’un consensus tant au sein des OP que du Gouvernement. Les résultats présentés confirment son efficacité, avec un taux de réussite supérieur de 20 % au premier passage par rapport à la filière classique et une réduction de 30 % des accidents durant la première année de conduite. Le Gouvernement souhaite donc relancer fortement ce dispositif, notamment à travers des campagnes nationales de communication et l’étude d’un éventuel accès au Code de la route dès 14 ans.
D’autres pistes de réflexions
Plusieurs évolutions de la formation ont également donné lieu à des discussions : augmentation du volume minimal de formation à 28 heures (qui ne semble pas être retenue par le Gouvernement), parcours davantage personnalisés selon les profils des élèves et développement de la formation sur véhicules à boîte automatique avec passerelle vers la boîte manuelle. Cette dernière option est particulièrement soutenue par les OP qui y voient un moyen d’améliorer la réussite à l’examen, de réduire les coûts de la formation et de mieux répondre aux évolutions du parc automobile.
D’autres sujets ont été abordés lors de cette réunion qui a duré plus de 2 heures : adaptation du contrat type des écoles de conduite, évolution de certaines modalités de l’examen pratique, éventuelle participation financière des candidats à partir de la troisième présentation à l’examen pratique, ainsi qu’un possible délai minimum entre deux passages de l’épreuve théorique.
Les réactions de la profession
Les organisations professionnelles ont globalement salué la qualité du dialogue engagé avec la ministre et la prise en compte de leurs préoccupations. « On a senti une écoute de la part de la ministre et de son équipe, avec une véritable volonté de faire avancer ce dossier », se réjouit Christelle Oberholz, présidente de l’UNIDEC, qui poursuit « cette réunion du 17 juin a confirmé l’exigence européenne de faire des entreprises de la formation à la conduite et à la sécurité routière les actrices majeures d’une Éducation routière moderne. Cette orientation devient une politique prioritaire, clairement soutenue par la Présidence de la République ».
Même constat pour Benjamin Panis, président de l’UNIC, qui déclare : « Ces mois de dialogue n’ont pas permis de résoudre immédiatement l’ensemble des difficultés rencontrées par la profession. Ils ont néanmoins permis d’ouvrir un espace de travail constructif et d’engager une réflexion de fond pour faire évoluer durablement l’organisation du système, avec l’objectif d’obtenir des avancées concrètes pour les écoles de conduite, les enseignants de la conduite et les candidats ».
Pour Lorenzo Lefebvre, président de Mobilians-ESR, « ce rapport ne constitue pas une révolution, mais a le mérite de reconnaître noir sur blanc que le manque de places d’examen et d’inspecteurs existe bel et bien ; ce qui n’était pas le cas en juillet 2025 », lorsque l’intersyndicale était reçue au ministère de l’Intérieur. Lorenzo Lefebvre rappelle cependant que « ces annonces constituent une étape et non un aboutissement ». L’essentiel reste donc à faire et de nouvelles réunions de travail devraient être programmées dès cet été.
S. A.
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