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two_wheeler Deux-roues — Juillet 2026

L'évaluation de la trajectoire de sécurité à l'examen moto en question

Six ans après l'intégration de la trajectoire de sécurité à la formation pour les permis A1 et A2, l'évaluation de cette technique de conduite lors des examens pratiques en circulation reste sujette à débat. En l'absence d'évaluation par la DSR, les modalités divergent selon les centres d'examen.


'introduction en 2020 de la trajectoire dite « de sécurité » en virages en tant que critère d'évaluation à l'épreuve pratique en circulation des permis de conduire A1 et A2 ne s'est pas accompagnée d'une formation uniforme pour les équipes d'inspecteurs du permis de conduire sur l'ensemble du territoire. Selon les départements, la « mise à jour » des IPCSR a varié d'une simple demi-journée théorique jusqu'à une journée entière de pratique avec des gendarmes motocyclistes. Dans certains cas, des initiatives locales ont permis d'aller plus loin dans la collaboration des équipes des services de l'éducation routière avec des forces de l'ordre motocyclistes, « avec l'inconvénient d'avoir comme référence la démonstration de professionnels aguerris, alors qu'il faut savoir se mettre au niveau d'un candidat souvent inexpérimenté », relève Maxime Bourgeois, secrétaire national du syndicat d'inspecteurs Unsa-Saneer et inspecteur moto dans le Rhône. Il se souvient que son équipe locale y a consacré plusieurs demi-journées de formation en interne pour que ceux qui maîtrisaient déjà cette trajectoire la démontrent et forment ceux qui ne la connaissaient pas. Mais cela n'a pas été le cas partout, notamment dans des départements avec de trop faibles effectifs d'IPCSR ou de gendarmes motocyclistes.


Des différences importantes d’un département à l’autre
Cette disparité de formation et de sensibilisation à cette technique de conduite (largement inconnue avant 2020) entraîne aujourd'hui une diversité dans la mise en œuvre de celle-ci et dans le niveau d'exigence des inspecteurs. Plusieurs enseignants moto (ils ont demandé à garder l'anonymat), dont certains ont changé de centre d'examen au cours de leur carrière, témoignent de différences parfois importantes d'un département à l'autre, avec certains inspecteurs qui refusent d'évaluer ce critère, au motif qu'ils n'auraient pas été associés à cette réforme ou qu'ils estiment ne pas y avoir été suffisamment formés. Ou d'autres cas où des inspecteurs non-motards, qui n'ont qu'une connaissance théorique de cette trajectoire, se montrent particulièrement exigeants sur ce point, sans tenir compte des nécessités concrètes de l'adaptation au contexte ou du niveau débutant des candidats. Rappelons qu'à l'heure actuelle, aucun bilan de la mise en œuvre de la trajectoire de sécurité n'a encore été réalisé par la DSR.


Apprendre à parler le même langage entre IPCR, enseignants et élèves
« Je ne suis pas étonné que certains inspecteurs soient loin d'être des experts dans ce domaine précis et que certains enseignants fassent comme ils peuvent, avec ce qu'ils ont cru en comprendre. Or si cette trajectoire n'est pas mise en œuvre ou mal mise en œuvre, nous fabriquons de l'insécurité routière », constate Renaud Debry, référent moto national du groupement ECF. Responsable moto des écoles du CERCA qui couvrent une quinzaine de départements du Grand Ouest, il ne constate pas de souci majeur sur l'évaluation de la trajectoire en virages lors des examens pratiques en circulation, mais appelle tout de même de ses vœux une amélioration de la situation. « Ce qui nous manque, c'est du dialogue entre les différents intervenants. Une solution pourrait être de créer des journées de rencontre tripartite entre motocyclistes d'administration, inspecteurs et enseignants moto, pour que tout le monde parle le même langage », propose-t-il. Il suggère en outre que cette technique de conduite devienne un axe obligatoire de la formation complémentaire « passerelle » dont le programme officiel n'a pas été mis à jour depuis 2013 et ne tient actuellement pas compte de l'introduction en 2020 de la trajectoire de sécurité.


’Unsa-Saneer réclame plus de formations des IPCSR
L'ensemble des acteurs concernés par ce sujet souligne l'importance de la pratique moto, de l'expérience de la diversité des situations rencontrées, dans la mise en œuvre et dans l'évaluation de la technique de trajectoire, qui doit s'accompagner d'un travail de regard, de la maîtrise de l'allure et d'une adaptation correcte à l'environnement routier. La nécessité d'une expérience concrète moto sur route rend encore plus difficile le travail d'évaluation par une grande partie des IPCSR qui, bien que titulaires du permis moto, ne sont pas (ou plus) motards pratiquants. Le syndicat Unsa-Saneer prône à ce sujet une réelle mise en œuvre, harmonisée sur l'ensemble du territoire et sur la base d'un référentiel commun, des formations prévues par la directive européenne de 2006 pour les experts, à savoir quatre jours de formation aux examens par période de deux ans et cinq jours de formation à la conduite des véhicules par période de cinq ans. Ce syndicat demande que les formations à la conduite moto soient réalisées dans les écoles motocyclistes de l'administration, soit au CNFSR de la gendarmerie à Fontainebleau (Seine-et-Marne), au CNFM de la police à Sens (Yonne) et à l'école des brigades moto des Douanes à La Rochelle (Charente-Maritime), afin d'assurer un meilleur maillage territorial et une pratique concrète de cette compétence de conduite.


Fabien Lecoutre


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