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handshake Congrès professionnels — Juillet 2026

Congrès Mobilians-ESR : Lorenzo Lefebvre succède à Patrice Bessone après seize années de présidence

À l’occasion du 62ème congrès de l’organisation professionnelle, organisé du 22 au 24 mai 2026 àToulon dans le Var, Patrice Bessone a officiellement transmis la présidence à son vice-président, Lorenzo Lefebvre.


Une page se tourne au sein de Mobilians-ESR, avec la passation de pouvoir entre Patrice Bessone et Lorenzo Lefebvre. Une succession annoncée depuis plusieurs mois par celui qui avait choisi de ne pas solliciter un quatrième mandat après seize années à la tête de la branche Éducation et Sécurité Routières.


Le bilan d’un président engagé
Au moment de quitter ses fonctions, Patrice Bessone a dressé le bilan d’une présidence marquée par de nombreux défis pour la profession : concurrence des plateformes numériques, pénurie chronique de places d’examen ou encore restrictions d’accès au Compte personnel de formation (CPF) pour financer le permis de conduire. Avec émotion, il a rappelé son engagement constant en faveur des écoles de conduite : « Je n’ai jamais laissé sans réponse les flétrissures de notre métier. Je ne suis pas allé à Canossa. Malheureusement, j’ai commis des erreurs et j’ai eu des échecs. On sait que l’échec est individuel. Je prends l’entière responsabilité des échecs. Heureusement, nous avons eu des réussites. La réussite, elle, est toujours collective. » Un travail collectif auquel Lorenzo Lefebvre a largement contribué. Adhérent à l’organisation depuis 2004, alors qu’elle portait encore le nom de CNPA Branche Éducation Routière, il a progressivement pris des responsabilités avant d’occuper le poste de vice-président durant sept années. Une expérience qui lui confère une parfaite connaissance des dossiers de la profession.


Trois priorités pour le nouveau président
Dès son entrée en fonction, Lorenzo Lefebvre a défini une feuille de route articulée autour de trois grands chantiers, tout en réaffirmant la demande de Mobilians-ESR de créer 150 postes supplémentaires d’inspecteurs afin de résorber le manque de places d’examen.
►Le premier axe concerne la montée en compétences des formations, notamment à travers un retour à un enseignement théorique plus structuré. « Je constate que la profession s’est peu à peu reposée sur les séries d’apprentissage théorique laissant les élèves seuls face à un outil numérique au détriment de l’enseignement traditionnel du Code de la route en salle. Aujourd’hui, la formation initiale manque de théorie. C’est une vraie perte en termes de sécurité routière. Il faut revenir aux essentiels de la formation théorique. Dans le sens étymologique du mot « révolution », il y a l’idée d’un « retour, retournement sur soi ». Peut-être que nous devrions faire un tour sur nous-mêmes. L’autre sujet qui me tient à cœur concerne la formation AM que je ne trouve pas assez consistante. Il me semble primordial d’augmenter le nombre d’heures de formation et encore une fois, de mettre l’accent sur les règles du Code de la route. » Une analyse partagée par la déléguée interministérielle à la Sécurité routière, Estelle Balit, qui s’est déclarée prête à travailler sur ce dossier. En revanche, interrogée sur l’idée de passer l’examen du Code dès 14 ans, la déléguée a déclaré ne pas être contre un apprentissage dispensé aux jeunes de cet âge leur permettant d’aller dans la rue en meilleure sécurité, mais contre l’idée du passage de l’examen du Code de la route qui donnerait accès au permis dès 14 ans.
►Deuxième priorité : alléger les contraintes administratives qui pèsent sur les établissements. Mobilians-ESR a déjà participé à la réécriture des textes relatifs aux agréments et aux autorisations d’enseigner en concertation avec la Délégation à la sécurité routière. Pour Lorenzo Lefebvre, l’effort doit toutefois être poursuivi. Les pratiques diffèrent encore fortement d’une préfecture à l’autre, certaines exigeant des documents que d’autres ne réclament pas. Afin d’harmoniser les procédures sur l’ensemble du territoire, Mobilians-ESR a proposé à la déléguée interministérielle à la Sécurité routière, la création d’un guide national de référence.
►Le troisième chantier vise à accompagner la transformation du métier. Pour Lorenzo Lefebvre, les écoles de conduite doivent diversifier leurs services et s’inspirer des pratiques développées à l’étranger. « Il y a tellement de choses à faire, il ne faut pas hésiter à s’inspirer de ce qui se fait dans les autres pays. » Une évolution qui passe également par la transition énergétique des flottes. « La direction est prise, on ne peut pas aller contre le sens de l’histoire, constate Lorenzo Lefebvre. Pour autant, cette transition doit être douce et accompagnée. » Le même raisonnement s’applique au développement des véhicules à boîte automatique au sein des parcs de formation.


Préserver le maillage territorial
Si le nouveau président se montre favorable à l’évolution de la profession, il fixe néanmoins une ligne rouge : la préservation du réseau d’écoles de conduite sur l’ensemble du territoire. « Je ne veux pas de fermeture d’auto-écoles ! Il faut garder la notion de proximité qui est l’atout de la profession en conservant un établissement toutes les 2,8 communes françaises. » Et de conclure : « Il faut que l’on soit capable d’évoluer sans subir. » À cet effet, le nouveau président de Mobilians-ESR a invité les adhérents à formuler des propositions concrètes pour améliorer le système de formation à la conduite. Ces contributions alimenteront un Livre Blanc qui sera remis à la Délégation à la Sécurité routière ainsi qu’aux candidats à l’élection présidentielle. Mobilians-ESR entend ainsi obtenir des engagements clairs sur l’avenir de la profession et de l’apprentissage de la conduite en France. 


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