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handshake Congrès professionnels — Décembre 2025

Congrès ECF - ECF surf sur la vague de l’IA

Le 52ème congrès du groupe ECF a eu lieu à Biarritz, du 6 au 8 novembre 2025, avec comme thématique, l’intelligence artificielle au service du secteur de la formation à la conduite.


« Bonjour ! » Cette année, ce n’est pas le président du groupe ECF, Patrick Mirouse, qui a ouvert ce 52ème congrès annuel du réseau, mais Elisa. Vous ne la connaissez pas ? C’est normal, Elisa n’existe pas ! Bien que chaleureuse et très accueillante, cette voix est un pur produit de l’innovation technologique, illustration parfaite pour introduire un congrès portant sur l’intelligence artificielle. L’IA, aujourd’hui tout le monde en parle… sans trop savoir de quoi on parle. Alors pour clarifier les débats, le groupe ECF avait fait appel à Luc Julia. Cet ingénieur et informaticien français, désormais installé aux États-Unis, est l’un des concepteurs de l'assistant vocal Siri. Si l’IA, et plus exactement l’IA générative, est dans toutes les conversations depuis environ deux ans, en réalité, elle ne date pas d’hier. « La première IA arrive dès 1956, cela fait donc longtemps qu’on l’utilise », a déclaré Luc Julia. « On pourrait même remonter à 1642 quand Pascal invente la Pascaline, la première machine à écrire. L’IA n’est donc pas une révolution, mais une évolution. » En effet, c’est grâce à l’IA que l’on pose vocalement des questions à notre smartphone ou que ce dernier anticipe et corrige nos SMS ou encore que les voitures deviennent de plus en plus autonomes. Mais l’IA s’immisce plus profondément dans nos modes de vie depuis début 2023, date à laquelle ChatGPT et ses concurrents ont permis de demander à l’IA de réfléchir ou d’effectuer des tâches intellectuelles à notre place. Cependant attention ! Comme l’a expliqué Olivier Martinez, consultant et coach en IA, professeur affilié à Sciences Po Paris, « l’intelligence artificielle n’a rien d’intelligent. L’IA est basée sur des calculs informatiques prédictifs. Pour bien utiliser l’IA, il faut d’abord soigner son prompt, à savoir le texte que l’on rédige pour donner le contexte et les instructions. Et surtout bien vérifier ce que l’IA a généré. Car l’IA n’a pas d’affect, elle va piocher dans les données à sa disposition, sans discerner ce qui est fiable de ce qui est faux. » En d’autres termes, l’IA n’est pas une baguette magique. Elle ne remplace pas totalement l’humain, mais doit être utilisée comme un prolongement de l’homme.

Quelle utilisation de l’IA pour l’école de conduite ?
Alors comment l’utiliser dans le cadre de l’école de conduite ? Après cette introduction générale sur l’IA, Patrick Mirouse a donné la parole à des chefs d’entreprises pour témoigner sur la façon dont ils ont introduit l’IA dans leur activité. Olivier Cohn, Dg de la chaîne d’hôtels Best Western, a par exemple expliqué utiliser un Callbot. Cet agent conversationnel vocal peut, grâce à l'intelligence artificielle, comprendre et répondre de manière autonome à certaines questions des clients comme « Acceptez-vous les chiens ? », « Y-a-t-il un parking et est-il payant ? », etc. Ce type de service peut tout à fait être mis en place dans une école de conduite pour répondre, notamment en dehors des heures d’ouverture du bureau, aux questions courantes portant sur les formations dispensées par l’auto-école, les tarifs, etc. C’est surtout, une façon plus personnalisée de répondre aux questions des clients, qu’un simple message enregistré sur répondeur-téléphonique. De son côté, Jean Menu, président de The Good Drive (TDG), a confié travailler sur l’intégration de l’IA adaptative dans le logiciel de son simulateur de conduite. Objectif : permettre au programme de s’adapter en temps réel, aux besoins de l’élève. En clair, si le logiciel détecte que l’élève ne maîtrise pas l’insertion dans les ronds-points, l’IA adaptative permettra de programmer plusieurs séquences de ronds-points sur le parcours proposé. L’IA devrait donc peu à peu s’intégrer dans les pratiques quotidiennes de l’auto-école. Encore faut-il savoir s’en servir à bon escient.

La conduite accompagnée dès 14 ans, le cheval de bataille d’ECF
Outre cette projection vers l’avenir pour les écoles de conduite, ce congrès a permis d’aborder les différents sujets d’actualité de la profession, avec Michèle Lugrand, alors déléguée interministérielle à la Sécurité routière (par intérim depuis le départ de Florence Guillaume et en attendant la nomination d’Estelle Balit), mais aussi avec Catherine Bachelier, sous-directrice à l’Éducation routière, et son adjoint, Tristan Riquelme, ainsi que Frédéric Gillodes, chef du bureau de Modernisation du permis de conduire et Philippe Cambray, administrateur national de référentiel des auto-écoles. Sans surprise, la question de la pénurie de places d’examen a largement été abordée ; l’occasion pour Michèle Lugrand de faire un point d’étape sur le Plan Buffet annoncé fin juillet 2025 et pour Patrick Mirouse de rappeler les propositions d’ECF, notamment celle concernant l’accès à la conduite accompagnée dès 14 ans. « Quand je lis les propositions de ECF, je constate que l’on partage les mêmes valeurs », a déclaré la déléguée interministérielle par intérim. Pour autant, la DSR s’interroge sur l’AAC à 14 ans. « Je constate que cette proposition ne met pas tout le monde d’accord, ce qui n’empêche pas d’y réfléchir, a confié Michèle Lugrand. C’est pourquoi nous travaillons sur une étude qui permettra d’étudier les freins, notamment de certains parents, et de dresser un état des lieux de ce qui fonctionne ou pas. » Le résultat de cette étude devrait être rendu début 2026.

Réélection de Patrick Mirouse à la présidence du groupe ECF
Par ailleurs, 2025 était une année d’élection au sein du groupe ECF et Patrick Mirouse, dont le mandat de président arrivait à son terme, a été réélu à ce poste pour un nouveau mandat de trois ans. Lors de son discours de politique générale, il a donc présenté le projet ECF 2025-2028. Baptisé « Accélérons l’avenir », cette feuille de route repose sur huit axes majeurs :



  1. Le partage et les échanges, qui vise à redynamiser les instances nationales et régionales pour renforcer la cohésion du réseau.

  2. La pédagogie, afin de moderniser les pratiques, développer l’Agence pédagogique ECF et intégrer l’IA et la simulation dans la formation.

  3. Le marketing et le commerce. Objectif : structurer une cellule nationale pour soutenir les adhérents dans leur développement local et digital.

  4. Les ressources humaines pour valoriser les collaborateurs et renforcer la formation au sein d’ECF Académie.

  5. La transformation digitale, avec comme but de moderniser les systèmes d’information, de fluidifier les parcours clients via la plateforme ECF One et d’exploiter l’IA au service des équipes et des apprenants.

  6. La communication institutionnelle pour porter haut la voix d’ECF auprès des pouvoirs publics et défendre un accès équitable à la mobilité.

  7. Le développement du réseau qui consiste à déployer le plan Points Relais ECF et accompagner les projets de transmission et d’investissement locaux.


Et enfin, l’ouverture à l’internationale, notamment avec le renforcement des partenariats européens et africains et la valorisation de l’expertise française en sécurité routière.
Pour Patrick Mirouse, « ce projet porte une double ambition : renforcer le développement et la pérennité des adhérents ECF, en leur offrant des outils, des moyens, des services et un accompagnement renforcé », et en parallèle « créer avec chaque personne formée à l’ECF une relation durable, en l’accompagnant tout au long de sa vie de conducteur. Symbole d’un réseau en mouvement, « Accélérons l’avenir » incarne la volonté du Groupe ECF de conjuguer innovation, performance et humanité ».

Nouveau bureau ECF
Président : Patrick Mirouse
1ère vice-présidente : Sophie Lamaix
2ème vice-président : Frédéric Filippi
3ème vice-présidente : Virginie Sauvage
Trésorière : Sophie Vigier
Secrétaire national : Laurent Malbrancq


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