Obtenir l’Attestation de sécurité routière (ASR) relève parfois du parcourt du combattant. C’est pourquoi l’UNIC et Mobilians-ESR demandent une réforme du système.
Chaque année, les élèves de 5ème suivent une formation obligatoire plus ou moins développée portant sur les règles de sécurité routière à l’issue de laquelle ils répondent à un QCM de 20 questions. S’ils obtiennent la moyenne, ils se voient délivrer l’Attestation scolaire de sécurité routière de 1er niveau (ASSR1). En classe de 3ème, une nouvelle formation abordant la sécurité routière est dispensée et débouche, après le passage d’une nouvelle épreuve, sur l’Attestation scolaire de sécurité routière de 2d niveau (ASSR2). Des documents à conserver précieusement puisqu’ils sont indispensables pour s’inscrire au permis AM, A, A2, B et B1 en école de conduite pour les jeunes de moins de 21 ans. Que faire en cas d’absence le jour de l’examen ou si le jeune n’obtient pas la moyenne, à savoir au moins 10/20 (ce qui est cependant extrêmement rare compte tenu de la facilité de l’épreuve) ? Le jeune ne se voit en effet pas remettre le précieux sésame. Normalement, les établissements scolaires doivent prévoir une session de rattrapage. Mais ce n’est pas toujours le cas. Il peut également arriver que le jeune soit absent lors de la session de rattrapage pour une raison ou une autre.
Un manque de places dans les Greta
Alors pour permettre aux non-détenteurs de l’ASSR2 de s’inscrire à la formation d’une première catégorie de permis de conduire (A, A2, B ou B1), l’État a prévu la possibilité de passer une épreuve pour obtenir une Attestation de sécurité routière (ASR) au sein d’un groupe d’établissements de l’Éducation nationale (Greta). Encore faut-il avoir une place comme le signale Alexandre Allegret-Pilot, député du Gard (UDR), dans une question écrite publiée au Journal Officiel de l’Assemblée nationale, le 17 février dernier. « J’attire l'attention de Monsieur le ministre de l'Intérieur sur les difficultés croissantes rencontrées par les candidats à l'obtention de l'attestation de sécurité routière (ASR), en raison de la saturation, voire de l'absence, de sessions organisées par les Greta sur le territoire national. De multiples remontées de terrain, notamment émanant des écoles de conduite, font état d'un nombre de sessions insuffisant au regard des besoins. Dans plusieurs départements, les places ouvertes pour l'année à venir sont intégralement attribuées dès les premiers mois, entraînant des délais d'attente pouvant atteindre un an ou davantage. »
Un problème à l’échelle nationale
Un problème que confirme Benjamin Panis, président de l’UNIC, puisque c’est lui qui a mobilisé le député du Gard sur ce dossier. Le président de l’UNIC a également adressé une lettre à la déléguée interministérielle à la Sécurité routière, Estelle Balit, dans laquelle il indique que la déléguée départementale de l’UNIC dans le Cher « s’est vu confirmer que seules 40 places pour l’ASR ont été ouvertes pour l’année 2026 et que celles-ci sont d’ores et déjà intégralement attribuées, alors que nous ne sommes que le 9 février 2026 ». Contacté par La Tribune des Auto-Écoles, Lorenzo Lefebvre, vice-président de Mobilians-ESR témoigne lui-aussi d’un problème qui n’est pas cantonné au seul département du Cher, mais que l’on rencontre au niveau national.
Confier l’ASR aux écoles de conduite
Si pour l’heure, Benjamin Panis affirme ne pas avoir obtenu de réponse de la DSR, il propose que les écoles de conduite prennent la relève des Greta pour faire passer le test de l’ASR : « On pourrait étudier la possibilité de confier cette mission aux écoles de conduite, en s’assurant que cela se passe dans un cadre bien réglementé. On pourrait également proposer une formation théorique, suivie du passage de l’examen ». Une proposition que fait également Mobilians-ESR. « Cela permettrait aux jeunes d’avoir une vraie formation dispensée par des enseignants de la conduite dont l’enseignement du Code de la route et de la sécurité routière est le métier, déclare Lorenzo Lefebvre. Cela permettrait également d’offrir plus de proximité aux candidats en s’appuyant sur les écoles de conduite qui constituent un fort maillage du territoire français. » Quoi qu’il en soit, il est impératif de trouver rapidement une solution. Car si l’ASR ne concerne pas énormément de personnes, elle s’adresse « majoritairement à des publics en situation de précarité, souvent sortis du système scolaire, pour lesquels l'accès au permis de conduire constitue un levier essentiel d'insertion professionnelle, d'autonomie et de mobilité. Le manque de sessions disponibles crée ainsi une rupture d'égalité d'accès à la formation et va à l'encontre des objectifs de sécurité routière et des politiques publiques en faveur de l'emploi et de l'inclusion », comme le souligne le Sénateur du Gard, Laurent Burgoa (Les Républicains) qui s’est également adressé au ministre de l’Intérieur, via une question écrite, le 19 février dernier.