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edit_note Examens — Avril 2026

Pénurie de places d’examen : L’intersyndicale alerte les médias

Après les manifestations menées cet automne, l’intersyndicale a changé son mode d’action. Le 4 mars dernier, elle a organisé une conférence de presse afin d’alerter sur le manque de places d’examen et présenter les solutions soumises au gouvernement.


En guise de préambule, Philippe Destarkeet, secrétaire général du Snica-FO, a dressé un état des lieux devant la quinzaine de journalistes venus assister à la conférence de presse organisée par l’intersyndicale. « Depuis, 2019, la demande de places d’examen a augmenté de 15 %. Aujourd’hui, le délai moyen d’accès à l’examen pratique après un premier échec est de 79 jours à l’échelon national, soit bien au-delà du seuil de 45 jours fixé en 2015 par la loi Macron. Seuls huit départements sont en-dessous des 45 jours. Et dans les départements où cela se passe bien, la situation est fragile. C’est pourquoi nous demandons à l’État une hausse de 12 % des effectifs, soit 150 inspecteurs et 20 délégués supplémentaires. Il s’agit d’une mesure à très faible coût, mais à très fort potentiel d’économies, puisque ce recrutement est évalué à seulement 8 millions d’euros, quand l’insécurité routière coûte 100 milliards d’euros à la collectivité chaque année. »


L’intersyndicale en attente des décisions de l’État
« Il y a vraiment urgence, poursuit Christelle Oberholz, présidente de l’UNIDEC. D’autant que Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, avait annoncé à l’été 2023, la création de 100 postes d’inspecteurs supplémentaires. Mais, de manière inexplicable, seuls 53 de ces postes – pourtant budgétisés ! – ont été pourvus. » Benjamin Panis, président de l’UNIC, s’agace : « On nous mène en bateau depuis des mois. On nous dit que nous avons mis le doigt sur le problème, mais il ne se passe rien. L’État doit enfin prendre des décisions ! Cependant, il y a une ligne rouge à ne pas dépasser, à savoir qu’il n’est pas question d’abaisser le niveau de l’examen du permis de conduire ».


Des propositions pour augmenter le taux de réussite
Une des solutions pour réduire les délais d’obtention de places serait d’augmenter le taux de réussite, sans pour autant dégrader le niveau de l’examen. Pour cela, l’intersyndicale propose plusieurs pistes. Patrick Mirouse, président de l’ECF, milite pour développer la filière de la conduite accompagnée. L’AAC qui représente à peine 20 % des formations au permis B affiche un taux de réussite de 75 % contre 58 % en la filière classique. Le président d’ECF voudrait même proposer l’AAC dès 14 ans. « C’est un âge pivot, à partir duquel les jeunes ont accès à la mobilité avec le permis AM. Ils peuvent partager l’espace de la route, sans pour autant avoir leur Code. En débutant l’AAC à 14 ans, ils pourraient passer leur Code et commencer à engranger de l’expérience de conduite. » Karl Raoult, président de CER, propose d’inciter à passer l’examen pratique sur boîte automatique. « L’apprentissage sur boîte auto est plus simple car l’on n’a pas à gérer le passage des vitesses. On peut donc se concentrer sur l’analyse de la prise d’informations. La généralisation du passage de l’examen en boîte auto permettrait d’augmenter le taux de réussite. De plus, cela va dans le sens de l’histoire puisqu’à terme, toutes les voitures seront hybrides ou électriques. » Lorenzo Lefebvre, vice-président de Mobilians-ESR, rappelle enfin que l’intersyndicale a demandé à l’État d’augmenter le volume minimum de formation de 20 à 28 heures (4 h de cours théoriques obligatoires + 24 h de pratique). « Augmenter la durée minimale légale entraînera certes une hausse du prix d’appel, mais elle contribuera aussi à réduire le coût final du permis, estime Lorenzo Lefebvre. Car un candidat mieux préparé se présente avec davantage de changes de réussir du premier coup. » 


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