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work Gestion & management — Août 2019

Saint-Ouen-des-Alleux : une auto-école redynamise la commune !

L’auto-école de Marie-Noëlle Bourdois, implantée à Saint-Ouen-des-Alleux, affiche complet. La raison : 30% de sa clientèle est nationale. Pour accueillir ces élèves, la mairie va créer un hébergement et un service de restauration rapide.


À Saint-Ouen-des-Alleux, une petite ville d’Ille-et-Vilaine, le maire voulait une auto-école pour dynamiser sa commune. « En 2001, l’arrivée de l’autoroute A81 a favorisé l’installation de nouvelles familles. Ces couples ont eu des enfants, en âge aujourd’hui de passer leur permis de conduire », explique le maire, Pierre Thomas. Cette commune de 1 300 habitants est dotée de tous les services de première nécessité : commerces d’alimentation, restaurant, pôle médical. Mais ces derniers se sont développés un peu à l’extérieur de la commune. Conséquence : une désertification du centre-ville. D’où l’idée d’y recréer des commerces. « Nous avons réalisé une étude de marché pour savoir ce qu’attendait la population ». Parmi les propositions : une auto-école, une restauration rapide, un fleuriste, un marchand de chaussures. « L’auto-école est arrivée en tête », rappelle le maire. Par conséquent, la commune a racheté l’ancienne pharmacie et réalisé des travaux de mise en conformité.


Emballement médiatique
Marie-Noëlle Bourdois –alors monitrice d’auto-école à Sens-de-Bretagne– a saisi cette opportunité pour s’installer à son compte. Elle a ouvert son école de conduite en septembre 2018. « J’ai eu des inscriptions dès l’ouverture, mais il y a eu un laps de temps avant que mes élèves ne commencent la conduite. Aussi, j’ai cherché des solutions pour faire rentrer de l’argent ». Solution trouvée en lisant une publicité parue dans La Tribune des Auto-Écoles sur « Ab Prod, passer son permis en province ». Ce site Internet met en relation des candidats d’Île-de-France malchanceux avec des auto-écoles de petites villes de province où passer son permis est plus rapide. « Je suis devenue partenaire de ce site. J’ai aussitôt rempli mon agenda avec des élèves venant de Paris », explique Marie-Noëlle Bourdois. Saint-Ouen-des-Alleux est située à 34 km de Rennes et à 1h15 de la capitale en train. Pas de quoi effrayer les candidats. D’autant plus que Marie-Noëlle Bourdois les récupère et les ramène à la gare de Rennes. Aujourd’hui, cette clientèle nationale représente 30 % de son activité. Non seulement car elle affiche un taux de réussite de 70 %, mais surtout car le bouche à oreilles a pris le relai. Sans compter un emballement médiatique. « Ouest-France a publié un article sur cette clientèle parisienne qui venait passer son permis à Saint-Ouen. Cet article a ensuite été repris par les médias nationaux : TF1, France  2, France 3 sont venus faire des reportages. Je n’ai plus rien contrôlé », s’amuse-t-elle.


Création d’un hébergement
Ces élèves viennent toujours d’Île-de-France, mais aussi de Nantes et de Nice pour les plus éloignés ! Ils suivent à Saint-Ouen-des-Alleux une formation en accéléré, à raison de 4 heures de conduite par jour. « Ils sont âgés de 19 à 43 ans. Certains ont dépensé plus de 5 000 euros pour apprendre à conduire, mais ont échoué une ou plusieurs fois. D’autres ont même dû repasser leur Code ». Aussi, Marie-Noëlle Bourdois reprend tout à zéro avec eux. En avril 2019, neuf candidats ont été présentés à l’examen, six ont été reçus. « Quand ils ratent, je les représente à l’examen jusqu’à ce qu’ils obtiennent leur permis. Nous ne sommes pas là pour rigoler ! Ces élèves viennent pour obtenir leur permis : ils dépensent de l’argent pour cela ». Un budget intégrant les leçons de conduite (49 euros l’heure contre 42 euros pour la clientèle locale), mais aussi tous les frais annexes liés au déplacement à Saint-Ouen-des-Alleux : le train, l’hébergement, la restauration. Or, la commune ne dispose pas d’hôtel. Aussi, pour se loger, les élèves sont obligés de se rendre à Fougères à une dizaine de kilomètres. C’est pourquoi la mairie a décidé de racheter en mai 2019 une maison pour la transformer en chambres. « D’ici 6 à 8 mois, nous serons en mesure d’héberger deux à trois personnes dans ce logement », précise le maire, Pierre Thomas. Autre décision municipale : l’achat d’un local situé à côté de l’auto-école. L’objectif : permettre aux élèves de Marie-Noëlle Bourdois de se restaurer sur place. « Ce nouveau commerce de restauration rapide ouvrira dans un an, le temps que nous réalisions les travaux », indique Pierre Thomas.


Recrutement
D’ici là, la directrice de l’auto-école aura recruté un moniteur afin de répondre à la demande. « Mes journées de travail débutent à 8 heures et se terminent à 20h30. Il m’arrive même de travailler le week-end. Je veux que mon auto-école vive. Par conséquent, je m’adapte aux circonstances et mets tout en œuvre pour réussir ». Marie-Noëlle Bourdois se laisse encore deux ou trois mois avant de procéder à un recrutement car explique-t-elle : « Je souhaite encore un peu consolider mon activité avant d’embaucher un salarié ».


Christine Cabiron


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