De département en département, le manque de places d’examens continue de provoquer le mécontentement des auto-écoles. Avant les vacances d’été, c’était au tour de la Haute-Corse, du Haut-Rhin et du Gers de se mobiliser.Les longs délais pour l’attribution des places d’examens soulèvent le mécontentement des auto-écoles aux quatre coins de l’Hexagone (voir La Tribune des Auto-Écoles n° 119 p. 6 et 7). Juste avant les vacances, la colère était loin de retomber.
HAUTE-CORSE : DÉLAI DE 3 MOISAinsi, le CNPA de Haute-Corse a organisé une manifestation le 30 juin, à laquelle « 85 % des auto-écoles du département ont participé ». Au cœur de leur mécontentement : les trois mois de délai pour l’attribution des places d’examen pour le permis B et un coefficient de 0,97 pour le mois de juillet. « Le 29 juin, je suis allée en DDE pour faire des propositions. En vain. Le lendemain, nous avons donc bloqué l’accès au port de Bastia. Le directeur du cabinet du préfet nous a reçus le jour-même. Nous avons obtenu 7 jours d’examen supplémentaires pour juillet. A répartir entre 24 auto-écoles, c’est dérisoire vu le retard accumulé », note Martine Guadagnini, présidente du syndicat.
Autre résultat obtenu : la promesse d’une deuxième réunion. Cette dernière s’est tenue le 26 juillet en présence du préfet, du directeur de la DDE et du directeur des affaires maritimes. Au sortir de l’entretien, Martine Guadagnini fait le point : « J’ai demandé un renfort d’inspecteurs en août, mois au cours duquel nous avons un coefficient de 1,26. Ils vont essayer d’intervenir auprès de la Corse-du-Sud », indique-t-elle, sans grand espoir, car « il est sûrement trop tard ». De plus, « À chaque fois que nous demandons à la Corse-du-Sud de nous dépanner, des inspecteurs se mettent en arrêt maladie. J’ai signalé la situation au préfet qui a dit qu’il allait mettre lesdits inspecteurs à l’article 40, ce qui engendre un contrôle des arrêts maladie par la Sécurité sociale ».
Par ailleurs, le préfet a annoncé une évaluation des examens du permis moto, le CNPA lui ayant signalé les nombreuses pertes de places d’examens, causées par le système – normalement provisoire – d’unités dissociées (plateau et circulation). Le préfet a également promis, à la demande du CNPA, de s’occuper des auto-écoles faisant du travail non-déclaré et pratiquant des prix bas. Enfin, « le préfet nous a assuré que les résultats de l’audit effectué en Haute-Corse en 2004 par monsieur Antoine du ministère des Transports, seront présentés aux auto-écoles ». Bien qu’en partie seulement satisfaite des résultats obtenus, Martine Guadagnini conclut sur une note positive : « Ce qui me rassure, c’est que le préfet a abondé dans mon sens et proposé une réunion future pour voir l’avancement des différents dossiers ».
HAUT-RHIN : AGRESSIVITÉ CROISSANTE DES ÉLÈVESDans le Haut-Rhin, deux phénomènes ont fait monter la tension d’un cran. D’une part, la décision de la DDE, suite à une altercation verbale dans une salle d’examen de code, de placer deux inspecteurs, au lieu d’un seul, en salle. Conséquence : un inspecteur en moins sur le terrain et la baisse du coefficient d’attribution des places d’examens de 1,42 à 1,2 en juillet. D’autre part, l’agressivité des élèves envers les secrétaires d’auto-écoles. « A l’heure actuelle, sur notre département, il faut 4 à 5 mois pour passer le permis. Or, à la préfecture, on dit aux élèves que le délai légal est de 15 jours. Ils reviennent vers nous énervés. C’est à cause de cette langue de bois que nos secrétaires n’arrêtent pas de se faire agresser », dénonce Francis Larger, président de la section auto-école de la CGMPE du Haut-Rhin, qui souhaiterait que l’Etat fasse montre de davantage de transparence : « Je comprends que l’Etat ne puisse pas embaucher ; mais dans ce cas, qu’il communique les délais réels ! Ce n’est pas nous, enseignants de la conduite de faire de la rétention de dossier ou d’empêcher les gens de passer le permis ! »
Deux réunions, organisées les 3 et 10 juillet par la CGPME, le CNPA, l’APAR (association patronale des auto-écoles réunies) et l’association Vrai, voir, agir, réagir en toute intégrité, et qui ont réuni 80 % des auto-écoles du département, ont permis de confirmer l’animosité croissante rencontrées par les professionnels. Faute de solution avant septembre, ces derniers sont prêts à remettre leurs dossiers à la préfecture.
GERS : CHUTE DU NOMBRE D’INSPECTEURSLe Gers, qui n’était pas auparavant touché par le manque de places d’examens, subit de plein fouet le problème depuis avril 2005. « De 5 inspecteurs, nous sommes alors passés à 4, puis à 2,75. Et, lorsque l’inspecteur que l’on nous avait promis est arrivé en avril 2006, un autre est tombé malade », déplore Bernard Perard, président de l’UNPFA du Gers, qui a donc envoyé un courrier à la préfecture. La réponse se faisant attendre, « j’ai téléphoné aux Renseignements Généraux pour prévenir que si nous n’étions pas reçus rapidement, nous ferions une manifestation ».
Banco ! Le 4 juillet, une délégation comprenant l’UNPFA, le CNPA et des non-syndiqués est reçue par le directeur de cabinet du préfet. « Le Gers enregistre un bon taux de réussite, est l’un de ceux qui font le plus de conduite accompagnée, où il y a le moins de places non honorées et où 14 auto-écoles sur 29 ont adhéré au dispositif du permis à 1 euro par jour. Il n’est pas normal que notre département qui joue le jeu sur l’ensemble des préconisations du gouvernement soit pénalisé en places d’examens », a ainsi démontré Bernard Perard. La délégation a obtenu 60 places d’examens en plus pour le mois d’août. Mais « le problème n’est pas résolu, car on a pour cela supprimé les congés d’un examinateur, signale le président de l’UNPFA du Gers. La nouvelle méthode d’attribution des places d’examens fonctionnait bien tant qu’il y avait suffisamment d’inspecteurs, à savoir un coefficient de 1,4 ou 1,5. Aujourd’hui, nous avons un coefficient de 1, et minimum 2 à 3 mois d’attente pour le permis B, et même quatre mois pour le poids lourd.
MANIFESTATION EN VUE ?
Il y a mécontentement des auto-écoles, surtout celles qui font de l’AAC. Et pour cause : les candidats inscrits en conduite accompagnée il y a deux ans ne sont pas pris en compte dans le calcul sur 12 mois de la nouvelle méthode ». Une réunion en préfecture doit avoir lieu en septembre pour voir si la situation s’est améliorée en août ou s’il convient de prendre d’autres mesures. « Si aucune solution n’est trouvée et que l’on continue avec ce coefficient après la réunion de septembre, des actions seront menées », assure Bernard Perard, dont le syndicat pourrait ainsi envisager d’informer les élus locaux, d’encourager la création d’une association de parents d’élèves, voire une manifestation.
Bérengère Huvey