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flag Mouvements sociaux — Novembre 2025

Pénurie de places d’examen : Après la manifestation parisienne, l’intersyndicale ne lâche rien !

Face à une pénurie de places d’examen sans précédent, les organisations syndicales des écoles de conduite (Mobilians-ESR, UNIC et UNIDEC) rejointes en septembre par le SNICA-FO, sont mobilisées depuis l’été pour augmenter l’effectif des inspecteurs et le nombre d’heures de formation minimum en B. Le point sur les avancées et les actions à venir.


Lundi 29 septembre 2025. Les organisations professionnelles (Mobilians-ESR, UNIC et UNIDEC) avaient donné rendez-vous aux écoles de conduite à 7 heures, à Paris Porte d’Auteuil, Porte de Clignancourt, Porte d’Orléans et Porte de Vincennes. Partis en cortège et encadrés par la police, plus de 500 véhicules-école sur lesquels on pouvait lire : « Des moyens, pas des rustines », « Des places d’examen pour nos candidats », « Réussir du 1er coup ? C’est possible en 28 H », ont pris le périphérique parisien pour converger et stationner Cour de Vincennes, dans le 12ème arrondissement de la capitale.
Les manifestants ont ensuite été rejoints par une cinquantaine d’inspecteurs brandissant des drapeaux aux couleurs du SNICA-FO. Ensemble, ils ont rallié le point de rassemblement final, Place de la Nation, en scandant : « Plus d’effectifs, moins de délai ! ».
Les 4 syndicats réunis en intersyndicale ont alors demandé à être, à nouveau, reçus par le gouvernement (démissionnaire), avec comme objectif d’obtenir que la création de 150 postes d’inspecteurs et de 20 délégués supplémentaires soit inscrite dans la loi de Finance 2026. En parallèle, ils réclament le passage à 28 heures du volume minimum de formation (au lieu de 20 heures actuellement). Une mesure qui pourrait être mise en place facilement et adoptée rapidement, comme l’explique l’intersyndicale, puisque cela peut se faire par la simple publication d’un arrêté au Journal Officiel.

Le dossier est placé en haut de la pile
Le lendemain de la manifestation, l’intersyndicale était, une nouvelle fois, reçue au ministère de l’Intérieur. Xavier Pelletier, directeur de cabinet de François-Noël Buffet, alors ministre (démissionnaire) auprès du ministre d’État de l’Intérieur (démissionnaire) Bruno Retailleau, assisté de Louis de Caqueray, conseil sécurité au cabinet du ministre de l’Intérieur, de Faouzia Feriki, directrice adjointe du cabinet de François-Noël Buffet, et de Michèle Lugrand, déléguée interministérielle à la Sécurité routière par intérim, a une nouvelle fois assuré aux représentants de l’intersyndicale que le gouvernement (démissionnaire) avait pris la mesure de la gravité de la situation. Mais qu’aucun arbitrage ne pouvait être pris tant qu’un nouveau gouvernement n’était pas nommé. Pour autant, Xavier Pelletier a affirmé que le dossier de la pénurie des places d’examen était « placé en haut de la pile » et serait traité en priorité dès que le nouveau gouvernement prendra ses fonctions.
De son côté, François-Noël Buffet déclarait dans un communiqué publié le 29 septembre, que 11 785 examens supplémentaires avaient été enregistrés par rapport aux examens supplémentaires d’août 2024, soit une augmentation de 25 %. « Ces chiffres témoignent de l’impact concret des mesures immédiates mises en œuvre cet été pour réduire les délais d’attente et répondre à la forte demande ». Le ministre démissionnaire indiquait également que 15 100 places supplémentaires avaient été programmées en septembre, soit une hausse de 39 % par rapport à septembre 2024 et que 17 542 places supplémentaires étaient prévues en octobre 2025, soit une augmentation de 59 % par rapport à octobre 2024, afin d’atteindre les 80 000 places supplémentaires d’ici la fin de l’année comme annoncé, fin juillet, dans le Plan ministériel pour faciliter l’accès à l’examen pratique du permis de conduire.

IPCSR : 53 postes supplémentaires créés sur les 100 annoncés en 2022
Par ailleurs, le communiqué rappelait que 108 inspecteurs du permis de conduire avaient été recrutés en 2025. Parmi eux, 49 inspecteurs stagiaires ont pris leur poste fin septembre 2025, 32 sont entrés en formation en septembre et seront opérationnels mi-janvier 2026 et 27 lauréats d’un second concours exceptionnel organisé en novembre 2025 seront opérationnels à partir de mai 2026. Ce communiqué indiquait également que10 postes supplémentaires d’inspecteurs seront créés dans le cadre du PLF 2026. Encore faut-il, compte tenu de l’instabilité politique actuelle, que cette loi de Finance 2026 soit votée… Et quand bien même la création de ces 10 postes supplémentaires serait actée, on n’atteindra même pas en 2026, les 100 postes supplémentaires annoncés à l’été 2022 par Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur. En effet, jusqu’à présent, sur les 100 postes, seuls 53 ont été créés, selon Michèle Lugrand. C’est peu en trois ans…et cela malgré l’urgence de la situation.

Une mission Flash pour améliorer le taux de réussite
Toujours dans ce communiqué, François-Noël Buffet rappelait le lancement d’une mission Flash visant à étudier des pistes « afin d’améliorer un taux de réussite qui demeure trop faible, inférieur à 60 % ». Une mission pas si « Flash » que cela puisqu’elle devrait prendre environ 5 à 6 mois. Surtout, elle nécessite la désignation d’un parlementaire chargé de mener les travaux ; parlementaire qui à l’heure où nous bouclons ce magazine début octobre, n’était toujours pas nommé.
En tout cas, la profession entend bien participer aux discussions et ne manque pas de propositions à soumettre, comme le passage obligatoire d’un test d’évaluation avant la présentation à l’examen pratique, la généralisation du permis sur boîte automatique, la généralisation de la formation en conduite accompagnée, l’abaissement à 14 ans de l’accès à la conduite accompagnée afin d’avoir une plus longue expérience de conduite avant de se présenter à l’examen pratique, etc. Toutes ne seront évidemment pas retenues, mais cette palette de mesures proposées aussi bien par les syndicats que les groupements, montre l’implication de l’ensemble de la profession pour trouver des solutions.
Quoi qu’il en soit, après la manifestation parisienne du 29 septembre, le SNICA-FO a donné comme mot d’ordre à ses adhérents de faire grève tous les lundis jusqu’à ce que le gouvernement accède aux revendications de l’intersyndicale. Le syndicat d’inspecteurs est soutenu localement par Mobilians-ESR, l’UNIC et l’UNIDEC.
Ainsi, dès le lundi 5 octobre, des actions étaient menées un peu partout en France (Appoigny dans l’Yonne, Mérignac en Gironde, Toulouse en Haute-Garonne, etc.) et, à l’heure où nous bouclons ce magazine, une nouvelle manifestation nationale était prévue le lundi 13 octobre, à Lyon. Une chose est sure : l’intersyndicale ne lâche rien et ne lâchera rien, tant qu’elle n’aura pas obtenu ce qu’elle demande. 


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