← Retour à la liste
warning Sécurité routière — Mai 2010

-Automédication-
Attention, danger au volant !


Nombreux sont les médicaments qui ont pour effet secondaire, un risque de somnolence. Leur présence est d’ailleurs retrouvée chez 10 % des conducteurs blessés ou tués dans un accident de la route !

Qu’il soit vendu avec ou sans ordonnance, un médicament reste un médicament et mal utilisé, il peut provoquer des dégâts. C’est pourquoi avant de prendre quoi que ce soit, il faut toujours peser le pour (à quoi ça va servir) et le contre (quels sont les risques encourus). Or l’expérience montre que l’on néglige trop souvent de se préoccuper des risques, justement, alors que les médicaments concernés sont légion : 13 % des médicaments sont classés de niveau 1 (pictogramme avec un véhicule dans un triangle jaune) en raison d’un risque réel, bien que modéré. Plus ennuyeux, 22 % de médicaments sont classés au niveau 2 (triangle orange) et nécessitent l’avis d’un médecin avant de prendre le volant. Enfin, 2 % des médicaments sont classés de niveau 3 (triangle rouge), ce qui signifie que leur prise est carrément incompatible avec la conduite d’un véhicule (selon l’arrêté du 8 août 2008 pris pour l’application de l’article R. 5121-139 du code de la santé publique). Bien sûr, les somnifères sont les premiers visés, mais il ne viendrait à l’idée d’aucun conducteur sérieux, d’avaler ce type de médicament avant de prendre la route ! Ce n’est pas le cas de certains médicaments en apparence anodins, comme les anti douleurs ou les médicaments pris au cours des infections ORL. Or, en plus de la baisse de vigilance qu’ils entraînent, ils ont un effet « tunnel » (le champ visuel est comme annihilé sur les côtés).

AUX PETITS MAUX, LES BONS REMÈDES !
• Fièvre et douleur : ne surestimez pas vos capacités d’autant qu’une infection fatigue, mais en cas de gêne modeste, du paracétamol peut vous soulager. Il existe des comprimés à sucer, sans eau (type Dolitabs®), ce qui est pratique en voiture.
• Attention : les anti-inflammatoires sont efficaces, mais ils peuvent déclencher des étourdissements et des troubles de la vue !
• Rhume infectieux : du sérum marin en pipettes, en cas de rhume débutant, c’est encore ce qu’il y a de mieux pour déloger les microbes par un effet mécanique (à mettre dans le nez dix fois par jour). À compléter éventuellement avec une spécialité homéopathique comme Coryzalia®, en cas de forte gêne ou encore, par Allium cepa 7 CH (5 granules toutes les heures en espaçant les prises en fonction de l’amélioration) si le rhume est caractérisé par des éternuements et des écoulements clairs très abondants qui irritent le nez. Enfin, si c’est plutôt une grippe, prenez un traitement homéopathique (Dolifébral® ou Oscillococcinum®) dès les premiers symptômes : fièvre et courbatures.
• Attention : les médicaments non homéopathiques vendus pour décongestionner le nez, l’empêcher de couler et stopper les maux de tête, peuvent faire dormir. 
• Rhume des foins : si ce sont des pollens qui déclenchent le problème (rhinite allergique), le sérum physiologique reste une bonne idée pour les dégager, mais avec une spécialité homéopathique comme Rhinallergy®. Et il faut consulter car une allergie aux pollens mérite une prise en charge pour éviter de faire le lit de l’asthme.
• Attention : certains antihistaminiques (mais pas tous) font dormir. Une bonne raison pour dire au pharmacien que vous êtes sur les routes !
• Toux d’irritation : vous n’avez pas le choix, Stodal® et Hélicidine® font partie des rares sirops qui ne font pas dormir.
• Attention : tous les sirops à base d’opiacés qui sont les plus courants au rayon « spécial toux sèche », peuvent vous assoupir en un temps record.
• Soucis digestifs : un antiacide d’action locale (type Rennie, à croquer) neutralise vite les sécrétions acides de l’estomac. Du charbon végétal (à croquer) est très efficace en cas de ballonnements, mais il faut juste le prendre à distance des autres médicaments. Si c’est un mal de ventre, un antispasmodique (type phloroglucinol, en présentation Lyoc) soulage également rapidement et sans risque.
• Attention : certains antidiarrhéiques (même ceux vendus sans ordonnance) peuvent, chez certains, provoquer une petite envie de dormir !

Nathalie Szapiro





TROIS RÈGLES D’OR À RESPECTER EN AUTOMÉDICATION

1/ Ne vous automédiquez pas au-delà de 48 heures, car si les symptômes ne s’améliorent pas ou s’ils s’aggravent, c’est que le problème est plus sérieux que prévu. Et en présence d’une douleur aiguë, d’une forte fièvre sans cause identifiable ou de tout autre symptôme vraiment inhabituel, consultez d’emblée !
2/ Ne prenez qu’un seul médicament à la fois : c’est le meilleur moyen de limiter les risques de prendre deux fois la même molécule par erreur et les risques d’interactions entre médicaments (sources de 130 000 hospitalisations par an !).
3/ Ne dépassez jamais les doses préconisées, même pour des traitements locaux. En effet, certains principes actifs des gouttes oculaires, pommades ou crèmes passent dans le sang et peuvent avoir des effets généraux.


Dans le même thème

Délit d’obtempérer : un phénomène en hausse ?
Le décès d’un jeune de 16 ans en scooter ayant refusé de se soumettre à un contrôle de police, le 11 novembre dernier, à Tourcoing, dans le Nord, met à nouveau un coup de projecteur sur ce délit qui semble être de plus en plus fréquent.
protoxyde d'azote - Conduire sous emprise n’a rien d’hilarant
Vinci Autoroute sensibilise aux dangers de la conduite sous l’emprise du protoxyde d’azote au travers d’une campagne de prévention diffusée sur les réseaux sociaux et sur ses aires d’autoroute.
« Zombies Phone » - Attention aux dangers du smartphone pour les piétons !
La Sécurité routière alerte sur les « Zombies Phone », ces piétons tellement accaparés par leur smartphone qu’ils ne font pas attention à leur environnement.