Selon un rapport du Transport Research Laboratory, les phares LED qui ont remplacé les lumières jaunes sur les véhicules, présentent une intensité lumineuse trop forte qui pourrait s’avérer dangereuse pour les yeux.
La nuit, les phares des autres véhicules vous éblouissent et vous gênent pour conduire ? Ce ressenti est largement partagé par nombre de conducteurs. En effet, selon une étude du Transport Research Laboratory (centre de recherche anglais sur les transports), 97 % des conducteurs déclarent être régulièrement ou occasionnellement gênés par l’éblouissement des phares des véhicules venant en sens inverse.
La généralisation des phares à LED est au cœur du problème. Là où les anciennes ampoules halogènes dépassaient rarement 1 300 lumens au début des années 2010, les optiques LED actuelles peuvent atteindre plus de 4 000 lumens, avec une lumière plus blanche et plus dure. Le rapport du Transport Research Laboratory, basé sur l’analyse de plusieurs centaines de véhicules, révèle une luminance moyenne de 15 860 cd/m², avec des pics mesurés à 63 566 cd/m². Or, le seuil de confort visuel recommandé par les ophtalmologues pour éviter l’éblouissement se situe autour de 40 000 cd/m². Ce seuil est donc fréquemment dépassé.
Que prévoit la réglementation ?
Sur le papier pourtant, tout est réglementé. En France, les constructeurs automobiles doivent respecter la norme internationale ECE R149. L’intensité des feux de croisement est encadrée, tout comme celle des feux de route. Mais cette réglementation mesure la puissance émise par le phare, et non la luminance réellement perçue par l’œil humain. Or, c’est bien là que le bât blesse car c’est cette perception qui provoque l’éblouissement et la gêne visuelle.
Différents facteurs altèrent le réglage des phares
En outre, certaines configurations aggravent fortement le phénomène. Un simple dos d’âne, une bosse ou une montée provoquent un mouvement de caisse suffisant pour que le faisceau se dirige brièvement vers les yeux des conducteurs arrivant en face ou via le rétroviseur. Les conditions météorologiques jouent également un rôle important : par temps de pluie, la chaussée mouillée agit comme un miroir et amplifie l’intensité lumineuse perçue.
Autre facteur déterminant : le type de véhicule. Selon l’étude du Transport Research Laboratory, la luminance élevée des phares représente 23 % du problème, tandis que le type de véhicule pèse pour 20 %. Concrètement, plus un véhicule est haut, plus ses phares sont positionnés à hauteur du regard des conducteurs de berlines plus basses. Sans surprise, neuf des dix véhicules les plus associés à l’éblouissement sont des SUV, majoritairement équipés de LED.
Les conséquences pour les usagers sont loin d’être anodines. L’éblouissement peut provoquer une perte temporaire de vision et un stress lumineux nécessitant un temps de récupération de 30 à 60 secondes. Pour preuve, près de deux tiers des conducteurs interrogés déclarent être contraints de ralentir jusqu’à retrouver une visibilité suffisante pour leur permettre de poursuivre leur conduite en toute sécurité.
L’importance de bien régler ses phares
Une partie du problème reste toutefois évitable. Un phare mal réglé est l’une des premières causes d’éblouissement. Or, les chocs, même mineurs, comme un trottoir ou un dos d’âne, peuvent dérégler les optiques. Le chargement du véhicule peut également modifier l’orientation du faisceau. Aussi, vérifier régulièrement le réglage de ses feux, utiliser correctement la molette de correction de hauteur et demander un ajustement lors du contrôle technique sont autant de gestes simples pour réduire l’éblouissement et améliorer la sécurité de tous.