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warning Sécurité routière — Février 2026

Accidentalité 2025 : hausse de la mortalité routière en Métropole et en Outre-mer

La ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne, et la déléguée interministérielle à la Sécurité routière, Estelle Balit, ont présenté, le 30 janvier 2026, le bilan provisoire de l’accidentalité routière 2025. Et malheureusement, le nombre de victimes de la route en 2025 est en hausse par rapport à 2024.


L’an dernier, 3 513 personnes ont perdu la vie sur les routes de la France métropolitaine et des Outre-mer. Plus précisément, on déplore 3 260 tués en Métropole (soit 2 % de plus qu’en 2024) et 253 tués en Outre-mer (soit 6 % de plus qu’en 2024).
Si l’on transpose ces données par million d’habitants, on constate que le nombre de décès dans un accident de la route est nettement plus élevé en Outre-mer qu’en Métropole : 89 personnes tuées par million d’habitants en Outre-mer contre 49 personnes décédées par million d’habitants en Métropole, en 2025. Rapporté au million d’habitants, les disparités sont encore plus importantes d’un territoire d’Outre-mer à l’autre. Ainsi, pour la période 2020-2024, on compte en moyenne annualisée 31 tués par million d’habitants à Mayotte, 44 à La Réunion, 81 en Martinique, 122 en Guyane, 123 en Polynésie française, 134 en Guadeloupe et 175 en Nouvelle-Calédonie, contre 48 en Métropole.
Concernant les blessés, la tendance est également à la hausse en France métropolitaine, avec 244 000 victimes en 2025 (soit une augmentation de 4 % par rapport à 2024). En revanche, en Outre-mer, on constate une baisse de 2 % en 2025 par rapport à 2024. Mais cela représente tout de même 4 230 personnes plus ou moins gravement blessées.

Répartition par catégorie d’usagers
En Métropole, seule la catégorie des usagers de deux-roues motorisés présente une diminution du nombre de tués, avec 691 personnes ayant perdu la vie, soit 29 tués de moins en 2025 par rapport à 2024. Sinon, cette hausse du nombre global des tués en 2025 est répartie sur presque l’ensemble des catégories d’usagers de la route : 1 563 occupants de voitures ont perdu la vie (+ 45 tués par rapport à 2024), 501 piétons sont décédés (+ 45 tués), 234 cyclistes sont décédés (+ 10 tués) et 80 utilisateurs d’Engin de déplacement personnel motorisés (EDPM) sont décédés (+ 35 tués). On notera par ailleurs que le nombre de blessés graves dans cette catégorie d’usagers a augmenté de 33 % en un an (1 100 usagers d’EDPM ont été blessées gravement en 2025).
En Outre-mer, 43 piétons ont perdu la vie en 2025, cela qui représente 2 tués de moins qu’en 2024. En revanche, la mortalité routière est en hausse pour les autres catégories d’usagers : 91 occupants de voiture sont décédés (+ 5 tués), 93 usagers de deux-roues motorisés sont décédés (+ 10 tués) et 14 cyclistes sont décédés (+ 5 tués).
Ce bilan provisoire de l’accidentalité 2025 ne fait pas mention de la catégorie des usagers d’EDPM, ce mode de déplacement étant très peu utilisé en Outre-mer. On constate, en revanche, une forte disparité de la mortalité routière entre les différents territoires d’Outre-mer, selon le mode de déplacement. Par exemple, sur les 34 personnes ayant perdu la vie en Nouvelle-Calédonie en 2025, 65 % étaient occupant d’une voiture et seulement 6 % étaient des usagers de deux-roues motorisés. En Polynésie française, la tendance est à l’inverse : sur les 35 tués, 23 % occupaient une voiture contre 63 % qui étaient usagers d’un deux-roues motorisé. En Guyane, la part de personnes décédées dans un accident de la route (43 tués au total en 2025) est le même pour les occupants de voiture que les usagers de deux-roues motorisés, soit 37 % chacune.
Nombre de tués selon le milieu routier
En France métropolitaine, près de deux tiers des victimes de la route sont décédées hors agglomération (1 981 tués en 2025, soit 57 morts de plus qu’en 2024). L’autre tiers des victimes a perdu la vie en agglomération (1 016 morts, soit 14 tués de moins qu’en 2024). Enfin l’autoroute reste le réseau routier le moins accidentogène bien que l’on compte 263 morts en 2025, ce qui représente une hausse de 24 tués par rapport à 2024.

Victimes selon l’âge
Pour comprendre la véritable évolution du risque pour chaque classe d’âge, il est utile de regarder le nombre de tués par million d’habitants de chaque classe d’âge. Pour rappel, en 2025, 49 personnes sont décédées par million d’habitants en France métropolitaine. Les taux les plus forts, indiquant les classes d’âge les plus à risque de décéder sur les routes, sont :
- 95 tués par million d’habitants pour les jeunes de 18-24 ans ;
- 81 tués par million pour les seniors de 85 ans ou plus ;
- 70 tués par million pour les seniors de 75-84 ans ;
- 61 tués par million pour les 25-34 ans.
L’indicateur des blessés graves estimés rapporté à la population s’établit à 249 blessés graves par million d’habitants, en 2025. Les taux les plus élevés, indiquant les classes d’âge les plus à risque d’être blessées gravement lors de leurs déplacements sont les moins de 35 ans. Les 18-24 ans et 14-17 ans ont 2 fois plus de risque que la moyenne d’être blessés gravement (513 blessés graves estimés par million d’habitants pour les jeunes de 18-24 ans et 504 blessés graves estimés par million pour les adolescents de 14-17 ans). Enfin, les 25-34 ans présentent 1,3 fois plus de risque que la moyenne, avec 324 blessés graves estimés par million d’habitants.

Surreprésentation des hommes

En France métropolitaine, parmi les 3 260 personnes décédées sur les routes en 2025, 77 % étaient des hommes. La part des hommes blessés graves était de 75 %. Et 84 % des présumés responsables d’accidents mortels étaient des hommes. Ainsi la part des hommes dans la mortalité routière reste prépondérante. C’est encore plus vrai en Outre-mer. En 2025, les hommes ont représenté 82 % des décès, 75 % des blessés graves et 91 % d’entre eux étaient présumés responsables de l’accident.

Des accidents souvent évitables

Lors de la présentation de ces chiffres, Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, a rappelé que « 3 513 vies perdues, 248 230 blessés, dont près de 17 000 blessés graves », ce sont « autant de familles brisées. Parce que les chiffres de l’accidentalité ne sont pas un décompte abstrait, et que ces victimes nous obligent, nommons précisément une réalité inadmissible : une grande partie de ces drames étaient évitables ».

Renforcement de la répression et de la prévention

Pour sa part, la déléguée interministérielle à la Sécurité routière, Estelle Balit, s’est dans, un premier temps, félicitée de la baisse du nombre de morts depuis 50 ans. Rappelons qu’en 1972, 18 034 personnes avaient perdu la vie dans un accident sur les routes de France. Depuis cette date devenue tristement historique, « la courbe de la mortalité routière n’a cessé de baisser, même si cette baisse n’est pas linéaire ». Cependant, la Déléguée interministérielle à la Sécurité routière estime qu’il « n’y a pas de fatalité » et que l’on peut encore réduire le nombre de victimes de la route. Pour cela, le gouvernement mise sur un durcissement répressif à l’égard des comportements dangereux, notamment avec la création du délit d’homicide routier entré en application en décembre dernier. Il mise aussi sur des campagnes de prévention incitant, entre autres, les usagers à mieux s’équiper pour la pratique du vélo et des EDMP, notamment en portant systématiquement un casque. « Un mort sur deux en vélo a succombé après un choc à la tête », a indiqué Estelle Balit, qui veut également « lutter contre la représentation ludique de la trottinette » et les comportements illégaux devenus banals, comme monter à deux sur une trottinette ou encore utiliser des écouteurs alors que « c’est totalement interdit ». 


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