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Sécurité routière — Mai 2010
-Vigilance-
Stop à la fatigue !
Elle multiplie par huit le risque d’avoir un accident corporel quand le conducteur est fatigué. Un risque sans doute accru si c’est le moniteur qui « dort » !Un conducteur sous l’emprise de la fatigue voit son temps de réaction doubler, comme s’il avait 0,5 g/l d’alcool dans le sang. Pour un moniteur qui doit pouvoir réagir à tout instant au moindre écart de son élève, ce retard à la décision peut être fatal. ➢ C’EST LA FATIGUE !• Le piège : les signes de fatigue sont insidieux et dans le pire des cas, on peut carrément s’endormir sans même s’en rendre compte. Mauvais effet garanti ! D’où l’intérêt de bien connaître les signes avant coureurs que sont les crispations douloureuses dans le cou, les épaules, le dos et les membres, l’impression d’être mal installé, l’envie fréquente de changer de position, le picotement des yeux et la tête lourde. Avant l’endormissement « pour de bon », il y a aussi des passages « à vide » qui peuvent durer jusqu’à 20 minutes, comme en pilotage automatique. Durant ces périodes de vigilance minimale, c’est comme si votre élève était seul maître à bord !• On oublie : aucune des astuces habituellement préconisées, n’est valable. Prendre des excitants (café, thé), ça va surtout vous donner l’illusion d’être moins fatigué. Fumer une cigarette, ça a même l’effet inverse car l’oxyde de carbone contenu dans la fumée diminue la concentration. Ouvrir la vitre dans l’espoir que l’air vous réveille, n’a strictement aucun impact sur votre envie de sombrer dans les bras de Morphée. Manger du sucré, ça augmente brutalement la sécrétion d’insuline (une hormone chargée de faire rentrer le sucre dans les cellules) et donc ça vous réveille sur le coup… mais dans les 60 minutes qui suivent, votre taux de sucre dans le sang chute à nouveau (et même encore plus) d’où un nouveau pic de fatigue encore plus difficile à combattre !• On préfère : pour ne pas en arriver là, l’idéal serait de mettre votre siège en position couchette, de fermer les yeux et de déconnecter au moins 20 minutes comme un pilote professionnel. Évidemment, si vous êtes au milieu d’un cours, ça n’est guère possible. Dans ce cas, trouvez-vous un parking ou une petite rue tranquille et demandez à votre élève de travailler quelques manœuvres. C’est quand même nettement moins risqué qu’à 110 km / heure sur l’autoroute !➢ C’EST MÉDICAL !• Le piège : la mauvaise nuit, c’est l’ennemi numéro un des professionnels de la route, mais dans ce cas, ce n’est pas une surprise et vous savez ce qu’il vous reste à faire : dormir ! Attention également aux médicaments (voir p. 23) qui diminuent la vigilance, ils sont vraiment nombreux (antalgiques, anti-inflammatoires, anti allergiques, antitussifs, etc.). Remplacez-les si possible par d’autres mieux tolérés, avec l’aide de votre médecin. Là où ça se complique, c’est quand la cause de votre fatigue chronique est médicale. Dans ce cas, vous pouvez vous coucher comme les poules, que cela n’y changera rien. Seul le traitement de la cause peut vous aider. Mais pour cela, encore faut-il consulter.• On oublie : prendre des excitants ou des vitamines à longueur d’année, ça va alléger votre porte-monnaie. Retarder le diagnostic et donc la prise d’un traitement efficace. Mais certainement pas résoudre votre problème. Si vous prenez n’importe quoi, ça peut même l’aggraver !• On préfère : vous n’avez pas le choix, un bilan médical s’impose. Une femme sur cinq est concernée par le manque de fer. Outre la fatigue, un essoufflement à l’effort, une pâleur et une tendance aux infections récidivantes peuvent donner l’alerte. Une prise de sang demandée par le médecin retrouve un taux de ferritine effondré (inférieure à 15 µg/l), que seule la prise de fer pendant 3 à 6 mois, permet de corriger. Chez un homme fatigué, c’est parfois une surcharge en fer qui est retrouvée ! Or là, le traitement, c’est la saignée. Mais attention, une saignée moderne, à savoir une prise de sang. On est loin du malade imaginaire de Molière !Autre cause fréquente de fatigue : une thyroïde capricieuse. Une personne sur cinquante est concernée (une femme dans 80 % des cas). En cas d’hypothyroïdie, la plus fréquente, prise de poids, frilosité et baisse de moral accompagnent la fatigue. En cas d’hyperthyroïdie, amaigrissement, sueurs et irritabilité sont au rendez-vous… Là encore, une prise de sang suffit généralement à faire le diagnostic. Le traitement dépend de la cause (inflammation, nodule, etc.) et peut faire appel à la chirurgie, l’irradiation de la glande et/ou aux médicaments. Les autres causes de fatigue chronique sont encore très nombreuses : infection, parasitose, diabète, insuffisance cardiaque, insuffisance respiratoire, syndrome d’apnées du sommeil, cancer, allergie, régime déséquilibré, dépression, etc. Pour trouver la bonne, le médecin doit mener l’enquête. Une fois la cause de la fatigue chronique repérée, le plus gros est fait… il n’y a plus qu’à traiter !
N.S.
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