Les écoles de conduite se sont opposées à la mise en place le 10 mai de l’annonce différée du résultat. L’ADR sera toutefois expérimentée de juin à septembre.« Non à l’annonce différée du résultat dans les Hautes-Pyrénées ! »
Tel est le mot d’ordre commun de trois organisations syndicales (CNPA, Unic, Unidec) ainsi que d’auto-écoles non syndiquées du département. Rappelons que si l’ADR est effective dans 85 % des départements français, une partie de la profession y reste opposé.
L’ADR INITIALEMENT PRÉVUE LE 10 MAILes auto-écoles du département ont appris le 15 avril 2010 par un courrier de la préfecture que l’ADR serait mise en place le 10 mai, consécutivement à l’instauration le 19 avril du nouvel examen pratique. « L’argument de l’échange pédagogique lors de l’annonce directe du résultat n’est plus pertinent dès lors que la fiche d’évaluation sera adressée au candidat et à son auto-école. Les arguments pour l’ADR sont vérifiés : candidats moins stressés, moins d’agressions. De plus, l’ADR permet de consacrer entièrement les 35 minutes à l’examen », a estimé la préfecture.
« On nous a imposé l’ADR sans concertation », s’emporte Raymond Sempastous, président départemental et régional du CNPA. Pour Michel Castex, délégué départemental de l’Unic, « dans tous les départements où l’ADR a été mise en place, on voit que les résultats baissent. »
Jean-Baptiste Quefelean, délégué départemental de l’Unidec, estime que « pédagogiquement, l’ADR n’est pas souhaitable : on n’a plus le retour de l’examen. »
Dans un communiqué commun, les organisations professionnelles estiment qu’« attendre au minimum 2 jours pour connaître le résultat de l’examen, c’est trop si l’on doit répondre à une offre d’emploi ou de stage. Et dans le cas où le dossier (réexpédié en cas d’échec) serait perdu, il faudra attendre 15 jours avant que l’administration n’établisse un duplicata. Sur le plan pédagogique, l’inspecteur n’expliquera plus les raisons d’un ajournement à la fin de l’examen. Le candidat n’en connaîtra donc pas les raisons précises, ce qui rendra plus difficile la correction de ses points faibles. De plus, dans les Hautes-Pyrénées, il n’y a eu aucune violence sur inspecteur. La DDE justifie l’entrée en vigueur de l’ADR par la mise en place du nouveau CEPC (…) qui entraînerait des examens plus longs. Or, depuis sa mise en place le 19 avril, il n’a été constaté aucun allongement de la durée des examens. »
UNE EXPÉRIMENTATION DE 4 MOISUne réunion de concertation a eu lieu le 11 mai avec la DDE. Principaux résultats :
pas d’ADR jusqu’à fin mai, mise en place d’une expérimentation des résultats différés pour les 4 mois suivants (juin à septembre). En octobre, le bilan des 4 mois passés sera effectué par l’administration et les organisations syndicales.
Ces dernières « attendent de voir ce que cela va donner, aussi bien au niveau des candidats, que des auto-écoles et des inspecteurs », tout en restant opposées à l’ADR.
C. S.