← Retour à la liste
flag Mouvements sociaux — Juillet 2010

-Manque de places d’examens-
L’Unic multiplie les actions médiatiques


L’Unic a engagé un plan d’action pour alerter l’opinion publique sur le problème du manque de places d’examens : vidéo, pétition sur Internet ou encore dépôt sauvage de dossiers d’élèves devant le cabinet de Dominique Bussereau.

Selon le syndicat Unic, « il y a en France 4 millions de candidats en attente d’une place d’examen. Dans certains départements, ils doivent attendre 4, 5, 6 mois. Or, passer son permis est un droit, l’État doit prendre ses responsabilités. »

CRÉATION D’UNE VIDÉO
Pour faire passer le message, le syndicat a réalisé la vidéo « Permis de conduire, la grande injustice ». Il s’agit d’une fiction où des clients de plusieurs commerces et services (boulangerie, société d’ambulances, parking payant) cherchent à acheter une baguette, obtenir une ambulance ou un ticket de parking. À chaque fois, la réponse du commerçant est la même : « J’ai atteint les quotas, je ne peux vous donner satisfaction. »
« Absurde ? Pourtant c’est comme ça que l’État traite vos auto-écoles », conclut la vidéo.
Deuxième action, le syndicat a lancé un site Internet spécifique (www.apoilsanspermis.com) et un groupe sur Facebook afin d’expliquer aux élèves et au grand public « la vérité sur les places d’examens au permis de conduire ». Une pétition est en ligne pour obtenir de l’État la création d’un « droit opposable à l’examen du permis de conduire ».
« Quand un jeune s’inscrit dans une école de conduite, il dépose une demande de permis de conduire. En regard de cela, il a l’obligation de faire 20 heures de conduite mais l’État ne lui garantit pas d’avoir une place d’examen », explique Philippe Colombani, président de l’Unic. En effet, « si les délais d’attente pour passer le permis sont aussi longs, c’est à cause d’un manque d’inspecteurs. Si l’État accepte d’enregistrer une demande de permis de conduire, il doit mettre en œuvre les moyens pour que l’élève ait une place. » Selon le syndicat, le 4 juin, cette pétition « avait déjà recueilli 2 000 signatures ».

ACTION SYMBOLIQUE LE 10 JUIN
Le matin du 10 juin, des adhérents de l’Unic et des élèves d’auto-écoles – en tout une cinquantaine de personnes – se sont rendus 40 rue du Bac à Paris, devant le cabinet de Dominique Bussereau, secrétaire d’État chargé des Transports, afin d’y déposer symboliquement des centaines de dossiers d’élèves qui attendent pour passer le permis. Quatre camions sont arrivés sur place, remplis de dossiers, que les adhérents de l’Unic ont commencé à décharger symboliquement sur place. Philippe Colombani et des membres du syndicat ont alors souhaité faire signer au secrétaire d’État un accusé de réception – lui aussi symbolique – de ces dossiers, mais n’ont pas été autorisés à franchir les portes de son cabinet. Cependant, l’Unic pourrait être reçu avant la fin du mois de juin par un conseiller du ministre de l’Écologie Jean-Louis Borloo. D’autre part, l’Unic prévoit de sensibiliser par l’envoi d’un courrier l’ensemble des députés au problème du manque de places d’examens.

C. S.





MISE EN PLACE D’UNE ÉVALUATION DES BESOINS DES ÉLÈVES

Claude Liebermann, président du CSER, a été chargé par Michèle Merli, déléguée interministérielle à la sécurité routière, d’évaluer le « stock » d’élèves dans les écoles de conduite, afin de trouver une solution au problème du manque de places d’examens. Pour Claude Liebermann, « il s’agit, à travers l’étude concrète d’une dizaine de départements, d’arriver à trouver une méthode permanente d’évaluation des besoins pour prendre les mesures qui conviennent. Ce n’est pas forcément aisé, car les besoins varient selon les départements et les périodes de l’année. De plus, les auto-écoles et leurs élèves n’ont pas forcément le même langage. » La date à laquelle les résultats de cette enquête seront communiqués n’est pas encore fixée.


Dans le même thème

Pénurie de places d’examen : Après la manifestation parisienne, l’intersyndicale ne lâche rien !
Face à une pénurie de places d’examen sans précédent, les organisations syndicales des écoles de conduite (Mobilians-ESR, UNIC et UNIDEC) rejointes en septembre par le SNICA-FO, sont mobilisées depuis l’été pour augmenter l’effectif des inspecteurs et le nombre d’heures de formation minimum en B. Le point sur les avancées et les actions à venir.
Pénurie et hausse du prix des carburants : Les auto-écoles sont à la peine
Après le blocage de plusieurs raffineries, les auto-écoles ont subi en novembre 2022 une nouvelle hausse du prix des carburants qui s’ajoute à la revalorisation des salaires. Cette situation devrait engendrer le gel des investissements et des recrutements.
Épidémie de Covid-19 : La profession fait face à la crise et s’organise pour la reprise
Déjà largement secouées par les multiples réformes et la concurrence des plateformes, les écoles de conduite n’étaient pas prêtes à affronter un arrêt total de leur activité. Pour autant, face à cette situation de crise, la profession se révèle solidaire et inventive, en attendant avec impatience la reprise.