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Congrès professionnels — Juillet 2010
-47e congrès CNPA-
Le manque de places d’examens cristallise les mécontentements
Réforme du permis, du PNF, du Bepecaser, directive européenne sur la formation au permis… les sujets de discussion n’ont pas manqué. Mais une nouvelle fois, c’est le manque de places d’examens qui a marqué le plus ce 47e congrès du CNPA, qui s’est tenu à Blois du 21 au 23 mai.
Si le soleil était au rendez-vous, les congressistes se sont montrés studieux. Il est vrai que le menu de ce 47e congrès du CNPA – branche auto-école était assez copieux.
En hors d’œuvre, Michel Schipman, vice-président du CNPA a fait un point sur les réflexions menées sur le nouveau PNF. En octobre dernier, un premier projet avait été présenté. Ce dernier avait été jugé inapplicable par le CNPA qui avait alors demandé l’élaboration d’un contre-projet.
« On tend actuellement vers un référentiel de compétences. Dès que le texte concernant ce nouveau programme sera paru, il faudra s’atteler à définir les programmes. Le CNPA souhaite qu’ils ne soient pas trop compliqués », a souligné Michel Schipman.
QUID DE L’AVENIR DU BEPECASER ?
Deuxième sujet épineux : la réforme du Bepecaser. Alors qu’un arrêté vient de paraître (voir p. 4), Michel Schipman a rappelé la situation pour le moins ubuesque de ce dossier qui traîne en longueur depuis plusieurs années. Homologué niveau IV jusqu’en 2011, « il faudra remonter un dossier pour demander la prolongation de l’homologation… La grande question est de savoir ce que l’on va faire pour la cession 2012 ». Il y a donc urgence à réformer ce diplôme. Le CNPA, qui ne souhaite pas que le Bepecaser soit sous la coupe du ministère de l’Éducation nationale, se félicite que l’ANFA (Association nationale pour la formation automobile) ait été mandatée pour constituer un référentiel visant à définir un nouveau diplôme qui pourrait dépendre du ministère de l’Emploi.
QUAND L’EUROPE DONNE SES DIRECTIVES…
Autre dossier quelque peu rébarbatif, mais pour le moins décisif : la directive européenne 2006/36/CE. Ce texte voté par le Parlement européen, à Bruxelles, le 20 décembre 2006, prévoit, entre autres, d’harmoniser les exigences de formations à la conduite pour les différents permis dans les pays de l’Union. Concrètement, les États membres ont jusqu’au 19 janvier 2011 pour transposer ce texte dans leur propre législation et jusqu’au 19 janvier 2013 pour appliquer les nouvelles dispositions prévues par leur législation.
« Autant dire que c’est demain ! », s’est exclamé Michel Schipman, avant d’exposer dans différents ateliers de travail les conséquences directes pour la France, notamment la création de nouvelles catégories de permis : AM pour les cyclo et C1, C1E, D1 et D1E pour le groupe lourd. Ces nouvelles dispositions ne seront évidemment pas sans conséquences au niveau de la formation à la conduite et il convient de suivre de près les évolutions de ces différents dossiers.
UN MANQUE DE PLACES D’EXAMENS TOUJOURS CRIANT !
Mais le sujet qui a, une nouvelle fois, fait l’objet de longues et âpres discussions tout au long de ce congrès, porte sur le manque de places d’examens. « Le secrétaire d’État aux Transports, Dominique Bussereau, avait dit que le nouvel examen permettrait d’obtenir de meilleurs résultats aux examens du permis de conduire et que cela résoudrait le problème du manque de places d’examens, car celui-ci n’était pas dû à un manque d’inspecteurs », a déclaré Daniel Blot, le président du CNPA. Force est de constater que « le nouvel examen est en vigueur, mais que le manque de places d’examens est toujours aussi criant ». Un problème illustré par le témoignage de plusieurs congressistes qui ont exposé les soucis qu’ils rencontraient au quotidien pour présenter leurs élèves.
Le président du CNPA s’est tout de même réjoui que les places supplémentaires prévues pour 2010 et qui avaient été annulées en début d’année, aient été finalement à nouveau accordées. « Sur le terrain, on assiste réellement à un manque de places d’examens et la demande devrait encore augmenter », a appuyé Daniel Blot. D’autant qu’après une année 2009 un peu morose, « les inscriptions reprennent en 2010, Pôle Emploi recommence à financer des formations au permis et de plus en plus de villes proposent des systèmes de bourses au permis. »
Pour le CNPA, la seule solution consisterait, à l’heure actuelle, à augmenter le nombre d’inspecteurs.
LES INSPECTEURS MONTRÉS DU DOIGT
Des inspecteurs cependant une nouvelle fois décriés par les auto-écoles. « Le nouvel examen ne pouvait changer que si les inspecteurs changeaient. Or, on constate que si la profession s’est adaptée, ce n’est pas le cas des inspecteurs, s’est insurgé le président du CNPA. Malgré Le guide de l’évaluation (déjà utilisé, mais pas encore officiel), qui sert de référent pour évaluer les élèves, les inspecteurs font ce qu’ils veulent et n’ont pas changé leur façon de noter. Certains ne savent même pas comment accorder le point concernant la conduite économique ». Pour Daniel Blot, les inspecteurs sont des « électrons libres », c’est pourquoi, le CNPA réclame la publication des taux de réussite, inspecteur par inspecteur. Par ailleurs, le CNPA a une nouvelle fois dénoncé l’annonce différée, qui est, selon Daniel Blot, « un moyen pour les inspecteurs de se décharger de leurs responsabilités ».
MICHÈLE MERLI, UNE INVITÉE TRÈS ATTENDUE
Daniel Blot a bien évidemment profité de la venue à ce 47ème congrès CNPA, de la déléguée interministérielle à la sécurité routière, Michèle Merli pour lui faire part des problèmes de la profession (manque de places d’examens, difficulté de communication avec la DSCR, dysfonctionnement de certaines auto-écoles associatives, etc.) et l’interroger sur divers points (date de parution des textes concernant le permis à points, quid du fond de garantie prévu pour le permis à 1 euro par jour, etc.).
Il a par ailleurs proposé de mettre en place un cahier de doléances que remplieraient les auto-écoles confrontées à un problème sur le terrain et qui serait ensuite adressé à la Direction de la sécurité et de la circulation routières.
Très à l’écoute et ouverte aux problèmes de la profession, Michèle Merli a tenu à rappeler en guise de préambule qu’elle avait « beaucoup d’estime pour cette profession qui n’a pas toujours auprès du public, l’image qu’elle devrait avoir. […] J’ai le sentiment que les auto-écoles joue un véritable rôle dans la sécurité routière du XXIème siècle. […]La mise en place de la réforme du permis B était prévue sur trois ans. Nous sommes actuellement à mi-mandat et c’est maintenant que les choses s’accélèrent. C’est vrai que tout ne va pas bien sur le terrain. Je vous remercie de les signaler et je vous assure que nous passons les messages ».
À L’ÉCOUTE, MAIS FERME !
Pour autant, Michèle Merli n’est pas tombée dans la démagogie outrancière et n’a pas manqué de rappeler les responsabilités de chacun. « Cette réforme, nous l’avons faite ensemble et nous sommes allés le plus loin où nous pouvions aller. Prenez-le vraiment comme une reconnaissance de votre profession, même si effectivement il y a des problèmes sur le terrain. Mais je vous demande de ne pas être en face à face avec les centres de sécurité routière et de mieux communiquer. […] Vous pouvez faire un cahier de doléances, mais moi-aussi ! Je n’ignore pas que certains professionnels ne présentent pas des candidats prêts et n’atteignent pas les 50% de réussite… ».
Et pour revenir plus précisément sur le problème de manque de places d’examens, la déléguée interministérielle a joué la carte de la transparence :
« Je sais que vous pensez que les 55 créations de postes d’inspecteurs ne sont pas suffisantes. Mais je tiens à vous dire que la DSCR a été le seul ministère à obtenir la création de postes de fonctionnaires et la non-application du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Pour créer ces postes, j’ai notamment supprimé 8% des emplois à la DSCR et le personnel a été requalifié en emploi sur le terrain. Il est vrai que l’on ne se rendra compte véritablement de cet effort qu’à la fin de l’année 2010 puisque ces personnes sont actuellement en formation et donc pas encore sur le terrain ».
Enfin, si Michèle Merli a reconnu qu’il existe bel et bien des différences de notations d’un inspecteur à l’autre et qu’il y avait encore beaucoup à faire pour harmoniser le système, elle a refusé de stigmatiser un corps professionnel et a appelé à une meilleure communication entre auto-écoles et inspecteurs : « Vous avez vos difficultés et les inspecteurs ont les leur. Nous sommes dans un partenariat et il ne faut pas penser que l’autre à toujours tous les torts. »
Sandrine Ancel
HOMMAGE
Un hommage a été rendu à Pierre et Germaine Dubois. Victimes de la tempête Xynthia, ces deux adhérents octogénaires ont perdu la vie dans leur villa de La Faute-sur-Mer (85). Daniel Blot a rappelé que Pierre Dubois avait été le fondateur du magazine L’auto-école dans l’ouest, avant de demander une minute de silence.
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