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handshake Congrès professionnels — Juin 2006

-43ème congrès CNPA-
Une profession en pleine mutation ?


Le 43e congrès CNPA de la branche auto-école s’est tenu du 2 au 4 juin dernier à Saint-Raphaël dans le Var. L’occasion pour les professionnels de faire le point sur les nombreux sujets d’actualité qui touche le secteur auto-école.

Est-ce le soleil de la Côte d’Azur ou l’actualité très chargée de la profession qui avaient incité les congressistes à se déplacer en nombre ? Toujours est-il que cette année, on comptait pas moins de « 400 inscrits et environ 700 entrées », selon Philippe Malpièce, secrétaire général du CNPA branche auto-école. Il est vrai que le programme était également alléchant pour tous ceux qui souhaitent s’informer de l’évolution des dossiers.

DES ATELIERS SPÉCIFIQUES
Comme tous les ans, des ateliers ont permis de faire le point sur les secteurs en évolution. Ainsi, les exploitants de bateau-écoles, dont l’activité est actuellement en pleine mutation (voir La Tribune des Auto-Écoles n° 117 p. 11) ont pu assister à une exposition très détaillée du contenu de la loi du 5 janvier 2006 applicable dès le 1er janvier 2007, qui prévoit notamment une seule et même direction pour gérer les permis mer et fluviaux, un agrément pour les établissements dispensant la formation bateau, des contrôles de ces établissements, la mise en œuvre d’un livret d’apprentissage et d’évaluation permettant de suivre la progression de l’élève, une évaluation théorique qui se fera sous la forme de QCM avec tirage aléatoire et une évaluation pratique, à l’instar de ce qui se pratique pour les permis terrestres. Rappelons qu’il n’y aura plus qu’un seul permis délivré et que ce document comportera des options. Très important, les établissements souhaitant être agréés dès le 1er janvier 2007, ont de septembre à décembre 2006 pour en faire la demande. L’atelier consacré au groupe lourd était entre autres animé par Loïc Turpeau. L’occasion pour le trésorier du CNPA branche auto-école et président de l’ANPER de répondre à des questions très spécifiques à l’activité PL. Loïc Turpeau a notamment rappelé que « si le jour de l’examen le candidat passait l’épreuve sur un véhicule à boîte automatique, ce dernier se verrait délivrer un permis boîte automatique » ; qu’il « est possible d’utiliser les rétroviseurs de la voiture le jour de l’examen si la largeur de la remorque ne dépasse pas celle de la voiture » ; ou encore qu’il « est obligatoire d’avoir le ticket de pesée de la remorque le jour de l’examen ». Des informations visiblement très attendues par des professionnels qui ont expliqué avoir eu souvent maille à partir avec les inspecteurs lors de l’examen pour des soucis de non-conformité du matériel utilisé. Michel Schipman, nouveau vice-président du CNPA branche auto-école, a quant à lui, profité de l’atelier deux-roues pour présenter la synthèse du questionnaire posé aux participants d’une réunion interne sur les deux-roues qui se tenait le 21 mars dernier à Magny-Cours dans la Nièvre. Enfin, un dernier atelier abordait la question des centres de formation d’enseignants et la réforme prévue du Bepecaser qui ne semble pas avancer à grand pas !

UNE INTERVENTION TRÈS ATTENDUE
L’un des moments phares de ces réunions était sans doute la venue de Yves Le Breton, sous-directeur à la formation du conducteur que les congressistes avaient déjà eu l’occasion de rencontrer l’année dernière à La Rochelle. Ce dernier s’est prêté au jeu d’une discussion avec le président Daniel Blot, Philippe Malpièce, Michel Schipman, Michel Turpeau et la salle. Interrogé sur l’évolution du CSECAOP, Yves Le Breton n’a pas été très bavard, se contentant de souligner que le dossier avançait. « Il y a des projets, mais concrètement, il n’y a pas grand-chose d’abouti », a ironisé Daniel Blot avant d’ajouter que le CNPA allait « faire des propositions sur les misions du CSECAOP ». Concernant les nouvelles questions qui vont enrichir la banque de données pour l’ETG, après avoir énoncé les sept nouveaux thèmes (voir page 7), Yves Le Breton a répondu aux auto-écoles qui estimaient que l’épreuve théorique était devenue trop difficile : « Depuis 2002, nous n’avons pas assisté à une chute des résultats. Cependant, nous avons identifié les difficultés et les publics ayant des problèmes de compréhension et nous avons trouvé des modalités adaptées pour ceux qui en ont besoin »… sans pour autant donner d’exemples concrets.

LE MANQUE DE PLACES D’EXAMENS DANS L’ŒIL DU CYCLONE
Sur la question du manque de places d’examens, un problème national de plus en plus délicat à gérer si l’on en juge au nombre de manifestations qui se sont déroulées ces derniers mois (voir page 8), Yves Le Breton a fait remarquer que la situation était complexe. Pour ce qui est du nombre d’inspecteurs, il est resté très ferme, affirmant que l’on ne pouvait « pas accuser l’État de ne pas débloquer de budget puisque 500 nouveaux inspecteurs avaient été embauchés sur les cinq dernières années ». En ce qui concerne, la gestion de la redistribution des places, il a assuré que la DSCR travaillait actuellement sur le sujet. Quant au taux de réussite qui peut varier d’un inspecteur à l’autre, il a rappelé que « les inspecteurs restaient des être humains » dont l’appréciation pouvait effectivement être différente d’un individu à l’autre, mais a expliqué que la DSCR cherchait également des solutions pour tenter non pas d’homologuer les inspecteurs, mais de les manager. Enfin, il a profité de la présence des auto-écoles pour rappeler que seuls les candidats en mesure de réussir le permis devaient être présentés à l’examen… Enfin, sur le dernier sujet qui fâche, à savoir la nouvelle méthode de répartition (voir page 9), Yves Le Breton a été on ne peut plus clair : « Nous ne constatons pas de consensus négatif. Elle a fait l’objet d’une consultation de la profession. On ne fera jamais un consensus. Mais si l’on devait revenir à a méthode Mayet, ce serait un échec pour tous. Il faut donner sa chance à la nouvelle méthode ».

Sandrine Ancel



LE BUREAU
Président : Daniel Blot
Vice-président délégué : Michel Schipman
Secrétaire nationale : Colette Paradis
Trésorier : Loïc Turpeau
Membres du comité directoire :
Marc Jourdan, Stéphane Mazé et Thierry Revoyre

LE PLEIN DE NOUVEAUTÉS CÔTÉ STAND !

Une quinzaine de stands proposaient leurs dernières nouveautés aux congressistes. Parmi eux, les trois constructeurs français Citroën, Peugeot et Renault occupaient fièrement l’espace des exposants. Renault présentait notamment pour la première fois aux auto-écoles sa Clio III qui a remporté un franc succès dans la profession. Pour sa part Peugeot dévoilait la 207, elle aussi très appréciée des visiteurs. Les deux éditeurs ENPC et Codes Rousseau ont, quant à eux, projeté sur écran quelques exemples des nouvelles questions élaborées en conformité avec les sept nouveaux thèmes de l’ETG tandis qu’Activ Permis présentait ses derniers produits. Outre les fidèles du congrès tels que Master, Auto Assurances, ANPER, Ciprev, AGX, Ciléa, Michelin ou encore La Tribune des Auto-Écoles, les congressistes ont pu découvrir deux nouveaux acteurs Orata qui développe des sites Internet et Sojadis qui équipe en seconde-monte les véhicules pour les personnes à mobilité réduite.

QUELQUES RÈGLES DE MARKETING
Si la plupart des professionnels de l’auto-école reconnaissent l’importance de la pédagogie dans leur métier, plus rares sont ceux qui ont conscience du rôle primordial de la vente dans leur activité. Avant d’enseigner à un élève, il faut le convaincre de s’inscrire dans votre auto-école et non pas chez le concurrent moins cher que vous. Une tâche qui n’est pas forcément facile pour ceux qui n’ont pas la fibre commerciale. C’est peut-être pour cela que la conférence « Marketing et démarche commerciale » animée par Stéphane Berthias de l’Institut supérieur de la vente automobile (ISVA) a fait salle comble et remporté un franc succès. Parmi les recettes proposées par Stéphane Berthias, on notera qu’il faut, certes, informer oralement un client potentiel qui vous demande des renseignements, mais également lui laisser un document écrit. Car non seulement, l’être humain ne peut retenir que six à sept infos en moyennes, mais en plus, le support permet d’argumenter sa démarche marketing. Par ailleurs, il est recommandé de « faire participer la personne (en lui proposant de faire un test de Code sur place ou en la faisant s’asseoir au volant d’un véhicule à l’arrêt). Le simple fait de participer, lui fait faire un pas vers l’engagement. Si la personne ne fait qu’observer, elle ne s’engage pas », souligne Stéphane Berthias qui conseille également de « proposer deux produits minimum qui amènera le client à faire un choix chez vous plutôt que d’aller faire la comparaison avec un autre établissement ». Pour ce qui est de la vente du permis à 1 euro par jour, il suggère de mettre l’accent sur le fait que ce type de financement permet de budgéter le coût du permis sur le mois plutôt que de devoir prévoir une sortie d’argent conséquente à un instant T. Enfin, autre règle de marketing à retenir : « la conquête d’un nouveau client coûte 8 fois plus cher que la fidélisation d’un client ». C’est pourquoi Stéphane Berthias insiste sur l’intérêt de se constituer un fichier d’élèves et de l’exploiter même lorsque ces derniers ont obtenu leur permis. Si un fichier est correctement renseigné, on peut, par exemple, envoyer un petit mail lorsque le petit frère ou la petite sœur d’un ancien élève atteint l’âge de 18 ans ou encore proposer à un ancien élève un stage de mise au point, un an après l’obtention du fameux sésame rose. Des idées à mûrir et à mettre en pratique.


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