Face aux clients, aux fournisseurs et aux pouvoirs publics, le responsable d’une auto-école peut se sentir démuni. Rejoindre un groupement permet de bénéficier de la force de frappe du collectif. À nuancer par les inconvénients de cette formule.L’union fait la force. L’adage bien connu a fait recette et constitue l’un des premiers arguments des groupements pour séduire de nouveaux adhérents. Qu’en est-il dans les faits ? Rejoindre un groupement constitue-t-il la panacée comme leurs responsables l’affirment ? Certains responsables d’entreprises restent, à tort ou à raison, attachés à leur indépendance. Contre vents et marées, ils considèrent leurs libertés comme étant leur trésor le plus précieux. N’ayant de comptes à rendre à personne, ils peuvent mener leur barque à leur guise. Cela étant, d’autres chefs d’entreprise n’attachent pas autant d’importance à leur indépendance. Et de nombreux arguments plaident en leur faveur.
AFFICHER UNE IMAGE DE QUALITÉTout d’abord, rejoindre un groupement renforce la visibilité de son établissement. En arborant les couleurs d’une enseigne nationale, l’auto-école bénéficie des opérations de communication nationales qui renforcent sa notoriété. Un élève ou ses parents seront davantage enclins à faire confiance à une auto-école arborant un logo connu par le plus grand nombre. Au fil des années, certains groupements ont réussi à acquérir une image de marque positive. La réputation de qualité et de sérieux véhiculée par le groupement rassure des clients qui, pour beaucoup, ont du mal à séparer le bon grain de l’ivraie. Arborer les couleurs d’une enseigne nationale peut donc convaincre une clientèle qui, autrement, n’aurait pas poussé la porte d’une auto-école lambda.
UNE DIVERSIFICATION PLUS FACILEMais implantées dans leurs régions depuis de longues années, certaines auto-écoles indépendantes bénéficient d’une notoriété établie. Bénéficier de l’image de marque d’une enseigne nationale ne les décidera pas forcément à rejoindre un groupement. Pour les convaincre, les enseignes nationales ont d’autres arguments à faire valoir. Lorsqu’une auto-école indépendante décide de lancer de nouvelles formations, elle doit tout mettre en place par elle-même. Législation, acquisition de nouvelles compétences, démarches à accomplir, le responsable de l’auto-école doit prendre son bâton de pèlerin et investir temps et argent sans être certain de la réussite. Dans ce cas, appartenir à un groupement accélère les démarches à accomplir et permet de bénéficier de l’expérience des autres adhérents. Ainsi, certains groupements disposent de cellules spécialisées dans les formations en entreprise ou à la préparation des permis poids lourds, bateau, engins de chantier ou encore moto. Informées de l’évolution de la législation, ces cellules transmettent leur savoir-faire aux adhérents intéressés et répondent à leurs questions sur toutes les démarches à accomplir pour lancer de nouvelles formations. De plus, certains groupements ont signé des contrats avec des collectivités territoriales ou des entreprises nationales dont les adhérents peuvent profiter au niveau local. Enfin, tout comme le grand public, les entreprises et les collectivités territoriales auront tendance à faire davantage confiance à une auto-école qui arbore les couleurs d’une enseigne nationale qu’à une auto-école qui vient d’ouvrir ses portes.
PESER LE POUR ET LE CONTREMalgré ces avantages, certains responsables d’auto-écoles continuent à revendiquer leur indépendance. Un choix qui peut coûter cher. Et pour cause, les enseignes nationales disposent d’une puissance d’achat qui leur permet de négocier des tarifs préférentiels auprès des différents fournisseurs et ce, qu’ils soient éditeurs, constructeurs, assureurs, publicitaires… En aval chacun des adhérents bénéficie de ses tarifs négociés ; ce qui permet parfois de rembourser largement la cotisation versée.
Les groupements proposent également des modules de formation qui peuvent parfois être financés par l’ANFA ou le Fongecif. Outre les formations obligatoires de réactualisation des connaissances demandées tous les 5 ans pour renouveler son agrément, le responsable de l’auto-école peut ressentir également le besoin de se former sur d’autres aspects de sa profession.
Autre atout dans leur manche, les groupements suivent en permanence l’actualité de la profession et les évolutions législatives et font redescendre les informations auprès de leurs adhérents. Certains groupements vont plus loin en fournissant une aide juridique à leurs adhérents. Un argument de poids quand, par exemple, un litige oppose l’auto-école à l’un de ses clients.
Malgré ces avantages, certains restent attachés à leur liberté. Plusieurs groupements imposent la marque et les couleurs des véhicules ou exigent que l’auto-école propose le permis à 1 euro par jour et, par conséquent, souscrive une garantie financière. D’autres obligent leurs adhérents à suivre des formations de gestion, de pédagogie ou encore de techniques commerciales. Enfin, le montant de l’adhésion peut rebuter certains. En fonction de ses priorités, le responsable d’auto-école doit peser le pour et le contre. Et s’il décide de rejoindre un groupement, il doit départager les réseaux selon des critères clairement exprimés. Le meilleur moyen de faire un choix assumé par la suite.
Éric Gibory