A l'appel du syndicat Snica-Fo, les inspecteurs et délégués du permis de conduire se sont mis en grève le 12 janvier dernier, à l'échelon national. Le point sur leurs revendications.
Mardi 12 janvier, boulevard Saint-Germain, à Paris, face au ministère de l’Équipement et du Transport. En milieu de matinée, bravant le froid polaire, une quarantaine d’inspecteurs affiliés au syndicat Snica-Fo ont planté le piquet de grève. Thierry Giroud, délégué général du syndicat, résume l’état d’esprit ambiant :
« L’administration n’est pas crédible. Rien n’a avancé sur la réforme. Aujourd’hui, on veut leur démontrer qu’on est déterminé. La sécurité routière est-elle toujours une priorité nationale ? À eux de prouver qu’ils sont capables d’entamer un dialogue constructif ». Au niveau national, selon nos sources, entre 35% et 55% des effectifs nationaux des inspecteurs du permis de conduire se sont mis en grève.
LES SUJETS QUI FÂCHENT
En cause, la communication du secrétaire d’État aux Transports, Dominique Bussereau, la revalorisation des salaires, mais aussi plusieurs points litigieux de la réforme. En premier lieu, la volonté de l’administration d’imposer un écart-type de 5% sur les taux de réussite entre les inspecteurs dans chaque département (si un inspecteur affiche un taux de réussite de 55%, ses collègues ne pourront descendre en dessous des 50%) est une pilule difficile à avaler pour le corps des IPCSR.
Autres sujets de mécontentement, l’application Euclide-Aurige (le nouveau système informatique de gestion des places d’examen), que les inspecteurs souhaitent « cadrer ». La profession souhaite 30 candidats par séance – et pas un de plus – du matériel de saisie et des moyens de connexion adaptés.
Les inspecteurs ne comprennent pas pourquoi les pouvoirs publics des départements de l’Allier, du Cantal, de la Haute-Loire, du Puy de Dôme, des Bouches du Rhône et des Landes ont pris la décision de placer les bureaux des examens du permis de conduire en préfecture alors qu’au niveau national, la consigne est que ces bureaux soient situés dans les Directions Départementales des Territoires.
Enfin, la profession souhaite aussi que l’administration revalorise les carrières des inspecteurs et délégués du permis de conduire.
DES ENGAGEMENTS, MAIS RIEN D’ÉCRIT
Après une heure de discussions avec une conseillère de Dominique Bussereau, la délégation du Snica-Fo – au sein de laquelle figurait son secrétaire général, Christian Grolier – est venue rapporter la teneur des échanges avec l’administration.
« Beaucoup d’engagements mais, pour l’heure, rien d’écrit », a insisté Christian Grolier. Sur l’évolution statutaire, le gouvernement a engagé des négociations pour que le recrutement des inspecteurs se fasse à niveau bac+2 et non plus au niveau bac, ce qui ouvre la voie à une revalorisation de leur statut de cadre B à cadre A. Par ailleurs, les primes sont revalorisées pour l’année 2010 et les promotions en 2ème classe devraient être doublées pour l’année prochaine (120 postes en 2011 contre 60 postes en 2010).
En ce qui concerne les 5% de réussite imposés entre chaque inspecteur, le gouvernement aurait entamé une réflexion au vu des arguments présentés par le syndicat. Pour l’heure, il semble peu probable que cette mesure de la réforme soit supprimée, mais les IPCSR ont milité pour que le résultat « brut » ne soit pas le seul et unique critère pris en compte. Un cahier des charges – avec des statistiques hétérogènes – pourrait être respecté. Autrement dit, seraient prises en compte – par exemple – des variables telles que le nombre de passage à l’examen de l’élève, le nombre d’heures prises en conduite, etc. Un groupe de travail devrait être mis en place sur ce sujet.
VERS UNE GRÈVEILLIMITÉE ?
Sur le discours du secrétaire d’État aux Transports, Christian Grolier a joué l’ironie : « Apparemment, on aurait mal compris. Selon sa conseillère, lorsque Dominique Bussereau répète à l’envie son discours sur un permis plus rapide, il ne parle pas en terme d’évaluation mais en terme de contraintes administratives. »
En revanche, la situation est restée bloquée sur l’application Euclide-Aurige. Le syndicat réclamait que l’examen du Code de la route soit organisé avec 30 candidats convoqués par séance afin que chaque inspecteur travaille dans des temps réglementaires. Suite à ce premier contact, il semblerait que l’administration se refuse à envisager cette éventualité. Face à cela, Christian Grolier a évoqué l’hypothèse d’une grève illimitée – à une date non fixée – pour faire plier l’administration sur ce point.
H. R.
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