← Retour à la liste
flag Mouvements sociaux — Mars 2010

-Manifestation-
Le ras-le-bol des auto-écoles de Loire-Atlantique


Une centaine de gérants d’auto-écoles de Loire-Atlantique ont défilé le 18 février dernier à Nantes (44) pour manifester leur ras-le-bol à l’administration. Depuis 2005, le poste de délégué au permis de conduire n’est en effet plus pourvu dans le département.

Trop, c’est trop ! Les gérants d’écoles de conduite en colère ont stationné devant la préfecture de Nantes, le 18 février dernier, bloquant pendant la circulation, environ 1 heure. « Notre revendication première est d’obtenir un délégué du permis de conduire », témoigne Philippe Beaulieu, représentant du CNPA formation des conducteurs dans le département.
En effet, depuis 2005 et l’accident vasculaire cérébral du titulaire, le poste n’était occupé que par intérim, par l’ex-adjoint. Par un jeu de chaises musicales, le poste d’adjoint s’est vu lui occupé par intérim par un inspecteur du département… Logiquement, les effectifs des IPCSR de Loire Atlantique ont diminué (25).
« Avec ce fonctionnement, on ne sent pas de ligne directive. Les inspecteurs du département sont du même point de vue. Il faut un titulaire avec l’expérience du poste. »

LE COUP DE GRÂCE AU MOIS DE DÉCEMBRE
Mais le déclencheur de cette grogne a eu lieu en décembre dernier. « Malgré ce poste de délégué occupé par intérim depuis 5 ans, cela fonctionnait tant bien que mal. Mais au mois de décembre, le délégué par intérim a décidé de se mettre en arrêt de travail. Son adjoint l’a suivi aussitôt !
Du coup, on a encore perdu des inspecteurs puisqu’il a fallu promouvoir deux nouveaux inspecteurs aux postes de délégué et adjoint ! Ils ont été choisis pour recoller les morceaux, c’est comme cela qu’on l’a compris. »
Pour corser l’histoire, des intempéries – notamment du verglas – sont venus perturber les examens dans la région. De nombreuses auto-écoles du département n’ont pas récupéré leurs places. De même, l’absence d’un titulaire au poste de délégué pourrait aussi venir perturber la mise en place de la réforme de l’examen pratique.

DES ACTIONS NE SONT PAS À EXCLURE À L’AVENIR
À l’issue de la manifestation, les inspecteurs ont été reçus par le directeur départemental des Territoires et de la Mer (DDTM) de Loire-Atlantique. « On a exigé un calendrier précis, chose qui nous a été catégoriquement refusé. En revanche, le directeur s’est engagé à faire une demande « musclée » auprès de Michèle Merli pour obtenir un délégué. », indique Philippe Beaulieu.
Comme souvent avec l’administration, il faudra être patient. « Une solution envisageable à court terme serait de faire appel temporairement à un délégué d’un autre département, comme cela a été fait par le passé avec la Vendée. », précise le représentant du CNPA.
Les auto-écoles de Loire-Atlantique vont en tout cas rester vigilantes. « Si la situation perdure, nous n’excluons pas d’autres actions dans les mois à venir. On pourrait par exemple bloquer les examens. »
H. R.


Dans le même thème

Pénurie de places d’examen : Après la manifestation parisienne, l’intersyndicale ne lâche rien !
Face à une pénurie de places d’examen sans précédent, les organisations syndicales des écoles de conduite (Mobilians-ESR, UNIC et UNIDEC) rejointes en septembre par le SNICA-FO, sont mobilisées depuis l’été pour augmenter l’effectif des inspecteurs et le nombre d’heures de formation minimum en B. Le point sur les avancées et les actions à venir.
Pénurie et hausse du prix des carburants : Les auto-écoles sont à la peine
Après le blocage de plusieurs raffineries, les auto-écoles ont subi en novembre 2022 une nouvelle hausse du prix des carburants qui s’ajoute à la revalorisation des salaires. Cette situation devrait engendrer le gel des investissements et des recrutements.
Épidémie de Covid-19 : La profession fait face à la crise et s’organise pour la reprise
Déjà largement secouées par les multiples réformes et la concurrence des plateformes, les écoles de conduite n’étaient pas prêtes à affronter un arrêt total de leur activité. Pour autant, face à cette situation de crise, la profession se révèle solidaire et inventive, en attendant avec impatience la reprise.