La décision de la DSCR de supprimer les examens supplémentaires initialement prévus pour l’année 2010 est fortement contestée par cinq syndicats d’auto-écoles réunis en intersyndicale.
Après plusieurs mois de discussions sur la réforme du permis de conduire, rien ne va plus entre plusieurs organisations syndicales et le gouvernement ! Le jeudi 4 février, lors d’une réunion avec la DSCR, cinq syndicats (CNPA, FNEC, Unidec, CNSR et Unisdeca) ont décidé de « claquer la porte »
– seule l’Unic a choisi de ne pas quitter la réunion – et d’interrompre leur participation aux travaux de mise en place de la réforme. En effet, les syndicats ont pris ce jour connaissance d’une circulaire de la DSCR annonçant la suppression des places d’examen supplémentaires, justifiée par le fait que le nombre de candidats a diminué en période de crise économique et que l’arrivée de 35 nouveaux inspecteurs doit suffire à satisfaire les besoins des écoles de conduite et de leurs élèves.
Le 8 février, une déclaration commune des cinq organisations syndicales dénonçait cette décision, « prise sans concertation préalable, et en totale contradiction avec les engagements pris par le Premier ministre. »
LETTRE À FRANÇOIS FILLON
Le 10 février, les cinq syndicats adressaient au Premier ministre un courrier commun, qui mettait l’accent sur le fait que l’engagement de débloquer 370 000 places d’examens supplémentaires entre 2009 et 2012, l’une des mesures de la réforme du permis, n’était pas tenue, alors qu’elle « apportait un commencement de solution à un dysfonctionnement portant préjudice, chaque année, à plusieurs centaines de milliers de candidats. » Dans son courrier, l’intersyndicale explique que la décision de supprimer ces examens supplémentaires ne tient pas compte des éléments suivants : « un stock toujours aussi important de candidats en attente d’examens, une baisse des inscriptions en 2009 inévitablement compensée par une hausse dans les années à venir, un afflux prochain de candidats issus de milieux défavorisés qui attendent la concrétisation de l’aide de l’État pour bénéficier du permis à 1 euro par jour, le départ en formation de 1 300 inspecteurs pendant 3 jours pour la mise en place du bilan de compétence de l’examen du permis B (…), et la réduction du nombre d’examens (théoriques et pratiques) par inspecteur, pour permettre la bonne gestion d’Euclide et Aurige. »
Selon l’intersyndicale, c’est au total environ 20 % du potentiel d’examens qui va être ainsi supprimé, sans contrepartie, « ce qui ne fera qu’aggraver la situation et rendra inopérante la réforme du permis de conduire. »
MENACE DE MANIFESTATIONS
La lettre, qui sollicitait un rendez-vous avec le Premier ministre, précise en outre que « faute d’un accord rapide, une manifestation d’envergure (…) sera organisée à Paris et dans plusieurs villes de province. »
Si à l’heure où nous mettons sous presse, aucun contact n’avait été établi entre le Premier ministre et l’intersyndicale, une réunion a cependant eu lieu le 1er mars avec Michèle Merli, déléguée interministérielle à la sécurité routière. Selon Jean-Pierre Lemonnier, porte-parole de l’intersyndicale, « Michèle Merli a tout à fait compris la situation, mais la décision concernant la suppression des places d’examen supplémentaires ne dépend pas directement d’elle. Une réponse à ce sujet doit nous être donnée dans les prochains jours. Si nous n’obtenons pas alors d’engagements écrits, nous appellerons les auto-écoles à descendre dans la rue. »
C. S.
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