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groups Groupements — Février 2010

-Groupements-
La force du collectif !


Face aux clients, aux fournisseurs et aux pouvoirs publics, le responsable d’une auto-école peut se sentir démuni. Rejoindre un groupement permet de bénéficier de la force de frappe du collectif. À nuancer par les inconvénients de cette formule.

L’union fait la force. L’adage bien connu a fait recette et constitue l’un des premiers arguments des groupements pour séduire de nouveaux adhérents. Qu’en est-il dans les faits ? Rejoindre un groupement constitue-t-il la panacée comme leurs responsables l’affirment ? Certains responsables d’entreprises restent, à tort ou à raison, attachés à leur indépendance. Contre vents et marées, ils considèrent leurs libertés comme étant leur trésor le plus précieux. N’ayant de comptes à rendre à personne, ils peuvent mener leur barque à leur guise. Cela étant, d’autres chefs d’entreprise n’attachent pas autant d’importance à leur indépendance. Et de nombreux arguments plaident en leur faveur.

AFFICHER UNE IMAGE DE QUALITÉ
Tout d’abord, rejoindre un groupement renforce la visibilité de son établissement. En arborant les couleurs d’une enseigne nationale, l’auto-école bénéficie des opérations de communication nationales qui renforcent sa notoriété. Un élève ou ses parents seront davantage enclins à faire confiance à une auto-école arborant un logo connu par le plus grand nombre. Au fil des années, certains groupements ont réussi à acquérir une image de marque positive. La réputation de qualité et de sérieux véhiculée par le groupement rassure des clients qui, pour beaucoup, ont du mal à séparer le bon grain de l’ivraie. Arborer les couleurs d’une enseigne nationale peut donc convaincre une clientèle qui, autrement, n’aurait pas poussé la porte d’une auto-école lambda.

UNE DIVERSIFICATION PLUS FACILE
Mais implantées dans leurs régions depuis de longues années, certaines auto-écoles indépendantes bénéficient d’une notoriété établie. Bénéficier de l’image de marque d’une enseigne nationale ne les décidera pas forcément à rejoindre un groupement. Pour les convaincre, les enseignes nationales ont d’autres arguments à faire valoir. Lorsqu’une auto-école indépendante décide de lancer de nouvelles formations, elle doit tout mettre en place par elle-même. Législation, acquisition de nouvelles compétences, démarches à accomplir, le responsable de l’auto-école doit prendre son bâton de pèlerin et investir temps et argent sans être certain de la réussite. Dans ce cas, appartenir à un groupement accélère les démarches à accomplir et permet de bénéficier de l’expérience des autres adhérents. Ainsi, certains groupements disposent de cellules spécialisées dans les formations en entreprise ou à la préparation des permis poids lourds, bateau, engins de chantier ou encore moto. Informées de l’évolution de la législation, ces cellules transmettent leur savoir-faire aux adhérents intéressés et répondent à leurs questions sur toutes les démarches à accomplir pour lancer de nouvelles formations. De plus, certains groupements ont signé des contrats avec des collectivités territoriales ou des entreprises nationales dont les adhérents peuvent profiter au niveau local. Enfin, tout comme le grand public, les entreprises et les collectivités territoriales auront tendance à faire davantage confiance à une auto-école qui arbore les couleurs d’une enseigne nationale qu’à une auto-école qui vient d’ouvrir ses portes.

PESER LE POUR ET LE CONTRE
Malgré ces avantages, certains responsables d’auto-écoles continuent à revendiquer leur indépendance. Un choix qui peut coûter cher. Et pour cause, les enseignes nationales disposent d’une puissance d’achat qui leur permet de négocier des tarifs préférentiels auprès des différents fournisseurs et ce, qu’ils soient éditeurs, constructeurs, assureurs, publicitaires… En aval chacun des adhérents bénéficie de ses tarifs négociés ; ce qui permet parfois de rembourser largement la cotisation versée.
Les groupements proposent également des modules de formation qui peuvent parfois être financés par l’ANFA ou le Fongecif. Outre les formations obligatoires de réactualisation des connaissances demandées tous les 5 ans pour renouveler son agrément, le responsable de l’auto-école peut ressentir également le besoin de se former sur d’autres aspects de sa profession.
Autre atout dans leur manche, les groupements suivent en permanence l’actualité de la profession et les évolutions législatives et font redescendre les informations auprès de leurs adhérents. Certains groupements vont plus loin en fournissant une aide juridique à leurs adhérents. Un argument de poids quand, par exemple, un litige oppose l’auto-école à l’un de ses clients.
Malgré ces avantages, certains restent attachés à leur liberté. Plusieurs groupements imposent la marque et les couleurs des véhicules ou exigent que l’auto-école propose le permis à 1 euro par jour et, par conséquent, souscrive une garantie financière. D’autres obligent leurs adhérents à suivre des formations de gestion, de pédagogie ou encore de techniques commerciales. Enfin, le montant de l’adhésion peut rebuter certains. En fonction de ses priorités, le responsable d’auto-école doit peser le pour et le contre. Et s’il décide de rejoindre un groupement, il doit départager les réseaux selon des critères clairement exprimés. Le meilleur moyen de faire un choix assumé par la suite.

Éric Gibory





PHILIPPE AUGÉ, CER BOBILLOT, PARIS
« Parfois, il faut savoir être diplomate »

« Ma mère a créé l’entreprise il y a 37 ans. J’ai pris sa succession et mon fils m’a rejoint, il y a 10 ans. CER Bobillot emploie 14 collaborateurs dont 10 moniteurs. Nous avons adhéré à CER, il y a 24 ans. Nous sommes la 28ème entreprise à avoir rejoint ce groupement. J’avais envie de nouer des contacts avec d’autres professionnels. Et puis je voulais me former et CER répondait à cette attente. J’ai commencé à l’âge de 21 ans. Je n’avais pas d’expérience professionnelle. Plus je pouvais suivre de stages, mieux je me portais et mieux se portait l’entreprise. De plus, je peux échanger des idées avec les autres membres du groupement. Il y a une dizaine d’années, quand mon fils m’a rejoint dans l’entreprise, j’ai eu envie de quitter CER. Je n’étais pas d’accord sur la manière de développer le réseau et d’améliorer les actions communes. Mais mon fils m’a convaincu de rester.
Avant de rejoindre CER, nos locaux arboraient des couleurs bleues. Nous avons été obligés d’adopter le code couleur de CER en noir, rouge et blanc. Cette contrainte m’a freiné au début tout comme l’abandon de notre nom, mais aujourd’hui, en terme de communication, l’harmonisation du réseau est un avantage. Avant de rejoindre le groupement, nous bénéficions d’une réputation de sérieux, mais le nom de CER améliore notre image de marque.
À ce sujet, je reproche à CER de ne pas être assez actif en terme communication. Mais il faut savoir être diplomate pour rester dans un groupement. Il faut accepter les décisions de la majorité, même si vous n’êtes pas du même avis. Cela étant, nous bénéficions de tarifs intéressants auprès des fournisseurs référencés et nous disposons d’une certaine souplesse pour choisir celui qui répond le mieux à nos attentes. Il n’en reste pas moins que celui qui ne veut pas respecter d’obligations communes doit rester en dehors des groupements. »




JÉRÔME BERGER, EUGÈNE FORMATION,
CITY ZEN ET CITY PRO, SÉLESTAT (BAS-RHIN)
« City Zen et City Pro préservent notre identité »

« Eugène Formation existe depuis 1965. Avec ma sœur, nous représentons la troisième génération à la tête de l’entreprise. Nous avons rejoint City Zen et City Pro, il y a trois ans. Au moment où le groupement m’a contacté, nous nous apprêtions à lancer des formations professionnelles. Nous avons pu échanger avec d’autres adhérents qui proposaient déjà ce type de formation. Et City Pro nous a apporté une aide logistique. Le groupement City Pro a été certifié au niveau national pour avoir le droit de délivrer les CACES. Si le centre est aux normes, il obtient cette certification. Les démarches à accomplir sont moins lourdes. De plus, nous proposons aux entreprises des formations à la prévention du risque routier. Nous disposons d’une piste dédiée. Le groupement nous aide à obtenir plus rapidement les agréments. De plus, certaines entreprises nationales voulaient former leurs salariés sur l’ensemble du territoire. Avec City Pro, nous pouvons leur proposer un réseau national. Par ailleurs, nous sommes audités par des centres référents qui nous donnent des conseils pour nous améliorer. L’inconvénient du groupement pourrait résider dans le manque de liberté, mais nous restons indépendants en matière de gestion. C’est ce qui nous attirait chez City Zen et City Pro qui, contrairement à d’autres groupements, n’impose qu’un code couleur et préserve notre identité. De plus, l’aspect convivial est important. Nous sommes très souvent en relation avec d’autres adhérents et nous nous aidons mutuellement. »




EUGÈNE TEXIER, TEXIER-CONDUITE,
ANPER, LES BROUZILS (VENDÉE)
« Les adhérents ne suivent pas toujours »

« J’ai racheté l’entreprise en 1976 et nous avons adhéré à l’Anper dès sa création en 1985. Au début, le rôle de l’Anper a été de former ses adhérents, un rôle fondamental pour la pérennité de nos entreprises. L’adhésion ne coûte que 100 euros par an, une somme modeste par rapports aux avantages. En Vendée, nous sommes 30 adhérents Anper. Les rencontrer régulièrement me fait sortir de ma voiture et permet d’envisager la sécurité routière dans sa globalité. Le côté convivial est également un atout important de notre groupement. De plus, grâce à l’Anper, nous obtenons des tarifs préférentiels auprès de nombreux fournisseurs. Cela étant, j’aimerais qu’Anper mette en place des formations clefs en main pour convaincre les entreprises et les collectivités de faire appel à nos services. J’aimerais également que tous les adhérents soient obligés d’adopter le logo du groupement. Mais les autres adhérents ne suivent pas toujours. En revanche, je peux conserver mon nom. Je suis en milieu rural et, contrairement à l’Anper, beaucoup de gens me connaissent. L’Anper devrait faire davantage d’efforts en matière de communication. »


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