Le nouveau modèle de Certificat d’examen du permis de conduire a été testé pendant deux mois dans quatre départements.Expérimenté dans quatre départements du 6 février au 7 avril dernier, le nouveau Certificat d’examen du permis de conduire (CEPC) a reçu un accueil globalement favorable, avec quelques réserves quant à sa présentation et lisibilité. Sur deux pages au lieu d’une, le document est en effet plus détaillé, et donc plus dense, que l’actuel CEPC. Il comprend sur la première page douze blocs de compétences (maîtrise et utilisation des commandes, position sur la chaussée, etc.) avec de nombreuses cases à remplir en fonction des erreurs commises par le candidat. La deuxième page est consacrée à la notice explicative, avec notamment un tableau recensant les codes des situations dans lesquelles les erreurs ont été commises.
DEUX RÉUNIONS DE SUIVIMis en place pour l’occasion, les comités locaux de suivi de l’expérimentation, composés de représentants d’inspecteurs et d’auto-écoles, voire même d’élèves (comme c’était le cas dans l’Aube), se sont réunis à deux reprises : une première réunion au bout d’un mois et une deuxième en fin d’expérimentation. Toutes les auto-écoles ont par ailleurs reçu un questionnaire à remplir pour donner leur avis sur le CEPC testé.
« Dans l’ensemble, les écoles de conduite de l’Aube sont favorables à ce nouveau certificat qui laisse une trace plus détaillée que l’ancien, mais à condition d’apporter quelques améliorations, notamment en ce qui concerne la forme du document », indique Christophe Verluise, président de la branche auto-école du CNPA dans l’Aube. Selon lui, la présentation du document est ainsi « relativement complexe et illisible. Il faudrait grossir les caractères d’écriture et simplifier le verso du document, notamment la codification des erreurs ».
FACILITÉ DE COMPRÉHENSION DIFFÉRENTE D’UN ÉLÈVE À L’AUTREChristophe Verluise signale par ailleurs avec fierté que : « Le département de l’Aube est celui qui a fait le plus de remontées, de la part des inspecteurs, des élèves et des auto-écoles, vers le ministère des Transports ». Étaient d’ailleurs conviés à de la réunion de fin d’expérimentation huit exploitants d’auto-écoles, un moniteur et sept élèves. Bien que favorables sur le principe, ces derniers ont tout de même des avis divergents : simple d’utilisation pour certains, difficile à comprendre pour d’autres, une codification des erreurs trop compliquée, une écriture trop petite, etc. Selon une exploitante, les candidats ont « de grosses difficultés à faire la liaison entre les endroits où sont réalisées les erreurs et leur transcription sur le CEPC ». Au cours de cette réunion, les inspecteurs ont quant à eux été beaucoup plus pointus sur les améliorations à apporter (terminologie utilisée, erreurs à ajouter ou à supprimer, etc.).
En Vendée, les conclusions sont globalement les mêmes. « Le nouveau CEPC permet à l’enseignant de réexpliquer à chaque élève les erreurs qu’il a commises et à quel moment. Alors qu’avec l’ancien CEPC, il n’y avait pas de détails, mais seulement le motif général d’ajournement », explique Jacky Gayant, président de l’Udec 85. Mais comme dans les autres départements, des améliorations sont jugées nécessaires. Entre autres suggestions : améliorer la partie haute du document, ou encore rendre plus identifiable le résultat de l’examen (par exemple « BON » encadré sur fond rose et « INSUFFISANT » encadré sans couleur). Des élèves avaient en effet du mal à comprendre s’ils étaient reçus ou ajournés. Pire, certains candidats ont même conduit avec un CEPC insuffisant, les forces de l’ordre ne connaissant pas le document.
BILAN EN COURS À LA DSCRLe nouveau CEPC était par ailleurs testé dans les Hauts-de-Seine et dans le Calvados. « Globalement, j’y suis favorable », note Abdeslam Lehna, adhérent de l’Unic dont l’auto-école est basée à Bagneux dans les Hauts-de-Seine, qui ajoute cependant : « Pour moi, ça ne change pas grand chose. Quant aux élèves qui sont déjà passés avec l’ancien document, ils n’ont pas vu de grosse différence ». En revanche, Yvette Lefranc, gérante d’une auto-école à Orbec, dans le Calvados, juge que ce nouveau document n’est « pas très utile », car « à la fin de l’examen, l’inspecteur explique à l’élève pourquoi il est reçu ou pas ». Pour elle, « c’est du boulot supplémentaire pour les inspecteurs. L’État ferait mieux de recruter des inspecteurs en plus ».
Comptes rendus de réunion et questionnaires remplis par les auto-écoles et les inspecteurs sont désormais sur le bureau de la DSCR, qui n’a pas pour le moment souhaité s’exprimer car « le bilan est en cours » (à l’heure où nous achevons ce numéro). Elle attend les résultats définitifs avant de décider du sort de ce nouveau CEPC.
Bérengère Huvey