Vérifier les acquis et remettre à niveau les possesseurs du permis moto. Tel était l’objectif de la journée organisée le 11 octobre dernier par l’École de conduite européenne de Dunkerque sur le circuit de Croix-en-Ternois.« Après l’obtention du permis moto, il n’y a pas de suivi. De plus, une hausse assez importante du nombre d’accidents de deux-roues motorisés a été relevée ces derniers mois dans la région » constate Carmelo Lo Giudice, co-gérant de l’École de conduite européenne (ECE) située à Dunkerque (Nord) et spécialisée dans les permis moto. « C’est pourquoi j’ai eu l’idée d’organiser une journée de formation complémentaire, une sorte de post-permis à coût raisonnable (70 euros), sur le circuit de Croix-en-Ternois (Pas-de-Calais), spécialement loué pour l’occasion. »
L’EXPÉRIENCE AUGMENTE LA PRISE DE RISQUESCette première journée s’est déroulée le dimanche 11 octobre dernier et a réuni une trentaine de motards, de 18 à 60 ans – dont 50 % d’anciens élèves de l’auto-école ECE – avec différents niveaux d’expérience. « Mais, poursuit Carmelo Lo Giudice, il faut savoir que paradoxalement, plus un motard a d’expérience, plus il a tendance à prendre des risques. Et même le motard le plus raisonnable peut « s’enflammer » à un moment donné, l’euphorie de conduite d’une moto étant totalement différente de celle d’une voiture. De plus, un motard est plus vulnérable qu’un automobiliste. Organiser une journée sur un circuit s’avère très pratique et beaucoup plus sûr qu’en circulation. Les formateurs peuvent être présents sur chaque virage. »
La journée, qui a débuté par un test d’évaluation afin de créer plusieurs groupes de niveau, s’est ensuite focalisée sur la pratique plutôt que sur la théorique, et en particulier sur le rôle du regard et la vérification des trajectoires. « En général les motards rentrent beaucoup trop tôt dans le virage. Nous avons vérifié le positionnement de chacun sur la piste, également à la sortie des virages, où beaucoup de motards font des chutes. Nous avons insisté sur la manière d’incliner sa moto, d’accélérer mais aussi de freiner. »
Outre les cinq moniteurs de l’École de conduite européenne, la journée a été effectuée avec plusieurs partenaires : un officier de la police municipale de Grande Synthe, muni d’un radar pour limiter la vitesse à 130 km/h afin de rester dans les règles de la conduite réelle, un magasin Yamaha et le Racing-team dunkerquois, une association qui engage régulièrement des pilotes dans des championnats de moto.
UNE INITIATIVE BIENTÔT RENOUVELÉEMême si l’ECE attendait davantage de participants, ce qui aurait permis d’amortir l’opération, elle souhaite pérenniser cette formation. « La deuxième édition est prévue pour avril ou juin 2010, sur le même circuit. C’est une période encore plus adéquate pour les motards, à la veille de l’été. D’autre part, nous venons d’acquérir un terrain privé intégrant 6 pistes aménagées sur lequel nous pourrons également dispenser des formations fin 2009/début 2010. Je souhaite que nous fassions des émules afin d’améliorer la sécurité des motards. »
C. S.