← Retour à la liste
school Formation — Février 2026

Un permis spécifique « voiture électrique » : bonne ou mauvaise idée ?

Tandis que le gouvernement travaille sur un « plan d’électrification des usages », destiné à mettre la France sur la trajectoire de la neutralité carbone à l’horizon 2050, l’Union française de l’électricité (UFE) propose des mesures concernant le permis de conduire.


L’Union française de l’électricité (UFE) est une association qui regroupe les entreprises du secteur électrique français (EDF, Engie, TotalEnergies, etc.). Sa mission : accélérer la transition énergétique. Le 22 décembre dernier, l’UFE a dévoilé 10 -piliers pour électrifier la France dans lequel sont présentées 50 « propositions concrètes pour accompagner cette orientation », dont certaines comme « généraliser le Permis de conduire électrique », concernent directement les auto-écoles.

Des propositions un peu floues
Concrètement, le rapport suggère de « renforcer l’électromobilité dans l’examen du permis de conduire », c’est-à-dire « intégrer des modules spécifiques sur la conduite et la recharge de véhicules électriques dans le Code de la route et le permis de conduire ».
Autre proposition : « obliger les auto-écoles à proposer un Permis de conduire électrique ». Selon l’UFE, « un tel permis permettrait de conduire une voiture automatique à prix réduit par rapport à son équivalent thermique. En effet, un véhicule électrique générant moins de dépense à l’usage qu’un véhicule thermique, il présenterait un avantage économique pour les auto-écoles qui serait répercuté sur le prix du permis ». Bref, ce serait gagnant-gagnant pour les écoles de conduite et leurs élèves. Et pour devancer la critique sur le coût élevé d’acquisition d’un véhicule thermique, l’UFE argue : « La mise en place d’aides ciblées pourrait réduire d’autant plus son prix (par exemple : prêt à taux zéro pour financer un véhicule électrique à double commande) ».
L’UFE suggère aussi d’étendre « la formation à la mobilité électrique du programme Advenir aux professionnels routiers (auto-école, etc.) ». La formation « porterait notamment sur les avantages de l’électromobilité et les dispositifs d’aides disponibles ».

Un coût pour les auto-écoles
« La profession n’a pas attendu l’UFE pour passer à l’électrique », déclare Patrice Mirouse, président d’ECF. « Cela fait longtemps que le réseau s’est équipé de Renault Zoe qui sont peu à peu remplacées par la R5 E-Tech. Par ailleurs, ECF propose déjà un module spécifique « voiture électrique » pour apprendre à gérer, entre autres, l’accélération et le freinage qui diffèrent par rapport à un véhicule thermique. » Cependant, les représentants de la profession sont contre l’obligation qui serait faite aux auto-écoles de proposer un permis électrique et donc de devoir s’équiper de véhicule électrique. Même si comme le rappelle Patrice Bessone, président de Mobilians-ESR, « Bpifrance avait développé un programme d’aide au financement d’un véhicule électrique pour les auto-écoles », Christelle Oberholz, présidente de l’UNIDEC affirme que « cela reste un coût non--négligeable pour une auto-école ». Sans compter le coût de l’assurance. Comme le fait remarquer Benjamin Panis, président de l’UNIC, « les primes d’assurance augmentent en moyenne de 15 %, (…) et de nombreuses compagnies cessent d’assurer les professionnels, les laissant sans alternative. Investir dans de tels véhicules pour nos formateurs entraînera donc mécaniquement une augmentation du coût de la formation, et non l’inverse », comme l’affirme l’UFE.
Autre obstacle : la recharge. « Toutes les écoles de conduite n’ont pas forcément la possibilité de recharger devant leur local, souligne Christelle Oberholz. Et si l’on recharge la batterie pendant la nuit, cela ne suffit pas forcément pour tenir toute la journée, lorsque l’on enchaîne les leçons. »

Un permis avec code restrictif
Par ailleurs, « le véhicule électrique pose le problème du passage du permis uniquement sur la boîte auto », rappelle Patrice Bessone. Si le nombre de candidats optant pour un permis B78 augmente, il reste encore minoritaire (17 % en 2024). De plus, poursuit le président de Mobilians-ESR, « l’UFE va à contre-courant du parlement européen qui semble freiner ces derniers temps sur le dossier de la transition énergétique des véhicules. Alors laissons les écoles de conduite effectuer la transition énergétique à leur rythme. D’autant que comparées à l’ensemble de la société, elles ne sont pas les moins bonnes élèves ».
Enfin, si étendre la formation à la mobilité électrique du programme Advenir aux auto-écoles n’est pas une mauvaise idée, rappelons que l’Avere-France qui porte le programme Advenir propose déjà des mini-formations gratuites accessibles aux auto-écoles.


Dans le même thème

ECF développe ses actions dans le post-permis moto
Le partenariat entre Honda et ECF est reconduit en 2026 pour les Honda Safety Days,
des journées de formation avancée des motards, axées sur la maîtrise et la confiance au guidon.
Des formations que ECF veut davantage développer.
CPF : La profession ne s’avoue pas vaincue
Après l’entrée en vigueur de la loi de Finances 2026 et la forte restriction d’accès au financement du permis via le CPF, la profession cherche de nouvelles voies pour rebattre les cartes.
Se former à l’handiconduite
Pour ouvrir son entreprise aux personnes en situation de handicap et toucher ainsi ce public dans les meilleures conditions d’accueil possible, il est indispensable d’avoir suivi une formation spécialisée. Dispensée par de nombreux organismes, cette formation est aussi proposée par Noël Touzé, dans son école de conduite de Cholet, dans le Maine-et-Loire.