Si les parcours des gérants et directeurs rencontrés divergent, ils ont tous la même vision du métier : une dimension humaine forte dans la pédagogie et la présence d’une équipe soudée. Une ambiance familiale qui participe à la réussite des candidats.La douceur de vivre du Beauvaisis enchante dès les premiers pas dans la ville. Dans cette terre – entre ville et campagne – la qualité de vie s’avère précieuse pour les habitants. Aux alentours de cette ville douillette où la verdure n’est jamais loin, le visiteur dénombrera 31 communes qui forment avec Beauvais la communauté d’agglomération du Beauvaisis. Une communauté où travaillent les auto-écoles, au premier rang desquelles se tient juste en face de la gare, celle de Pascal Desperelle.
L’auto-école, Pascal Desperelle est presque tombé dedans quand il était petit. Ouverte il y a 24 ans, juste en face de la gare de Beauvais, son entreprise a vu le jour dans cette ville qu’il connait bien pour y avoir fait ses études. Ce moniteur de formation, passionné par son travail, a dès lors décidé de créer son entreprise, dans la douceur du Beauvaisis. « J’ai tout de suite voulu m’implanter près de ce lieu de passage. Dans ma clientèle, j’ai beaucoup d’élèves qui vont au lycée et prennent ensuite le train pour rentrer. Ils font une heure de Code ou de conduite en attendant le train, ou ils optent pour un apprentissage juste avant de débuter leurs cours du matin. »
UNE AMBIANCE DE TRAVAIL FAMILIALEIdéalement situé à la frontière de deux lycées – l’établissement François Truffaut pour l’enseignement général et le lycée professionnel Saint-Vincent – l’auto-école bénéficie d’un emplacement de choix.
Et Pascal a su y instaurer une ambiance familiale : « Cela fait trente ans que je fais ce métier et j’enseigne la conduite aux frères et aux sœurs de mes anciens élèves, à leurs cousins et à leurs cousines. Ici, le bouche à oreille fonctionne très bien. » Il faut dire que six moniteurs encadrent le gérant qui dispose d’une flotte de sept voitures, parfaitement entretenues, afin d’enseigner au mieux les bases de la conduite à ses élèves.
Ici, on propose le permis à 1 euro par jour et on en est fier. Les clients connaissent le patron et lui font confiance : « Ils savent que nous avons une garantie financière et qu’en cas de problèmes ils seront remboursés. J’ai pignon sur rue depuis près d’un quart de siècle, donc les gens me connaissent et savent que je suis fiable ! », pointe Pascal, d’un air jovial.
RESPONSABILISER LES FUTURS CONDUCTEURSLe directeur, qui a rejoint le réseau ECF en 1996, a su s’équiper d’un matériel dernier cri : pour le Code, les élèves s’entraînent devant un écran plasma dont la disposition permet un bon recul et les met dans les mêmes conditions qu’à l’examen. Ils disposent également de DVD pour parfaire leurs connaissances. « Le samedi, j’organise, conformément à la charte de qualité du permis à 1 euro par jour, des cours de Code portant sur les stupéfiants, l’alcool, la vitesse et l’accidentologie. Le but ? Sensibiliser les jeunes aux dangers de la route, et aux conséquences d’une conduite irresponsable. » Une bonne pédagogie pour les élèves qui sont choqués par ce qu’ils découvrent : garde à vue éventuelle, coup de fil de la police aux parents pour les prévenir d’un accident, confiscation du véhicule… Et qui peut contribuer à une conduite future sérieuse et responsable. Un enjeu de taille pour Pascal.
Cette pédagogie ne va pas sans une équipe fidèle et soudée depuis de nombreuses années : « Certains de mes moniteurs sont là depuis 10, 15, voire 17 ans ! Ici, chacun a son planning et 90 % des élèves prennent leur cours avec le même moniteur. Cette régularité et le bon rapport qu’ils entretiennent avec les enseignants participe à leur bonne réussite aux examens. »
D’ailleurs, Pascal compte bien poursuivre ses projets de développement et regarde toujours ce qu’il peut faire de mieux pour améliorer son enseignement. « J’envisage de mettre en place des cours par Internet. C’est la nouveauté de cette rentrée 2009. Ainsi, mes élèves pourront s’entraîner au cours de Codes, et je pourrai les corriger et leur envoyer les résultats en ligne. » Une sacrée avancée en effet pour les élèves de Pascal qui repartent souvent dans leur ville d’origine : Paris, Amiens, Rouen…
L’homme, qui aime avoir un équipement à la pointe de la technologie, confie son plaisir de se tenir informé des dernières avancées. Pour autant, il n’est pas dupe de certaines évolutions dans la profession : « Pour la réforme du permis, je demande à voir. J’ai commencé en 1979, alors j’en ai vu des réformes. Mais j’ai constaté ici que les rapports entre inspecteurs et élèves s’amélioraient, et je dois dire que nos relations avec l’administration progressent aussi, donc celle-ci peut être bénéfique pour tout le monde. »
LA CONFIANCE RÈGNEUne ambiance familiale, c’est aussi l’atmosphère que Gilles Maruejouls a souhaité instaurer dans son auto-école de Chambly, non loin de Beauvais. « Je délègue beaucoup de missions à mes cinq moniteurs, et je leur fais confiance », relève-t-il. Dans l’entreprise créée en février 2000, les élèves sont formés au permis. D’autres stagiaires se préparent à l’examen du Bepecaser et d’autres encore à la spécialisation mention deux-roues. Chez Gil Formation, on organise également des stages de capacité de gestion pour créer son entreprise auto-école, et de réactualisation des connaissances pour le renouvellement quinquennal de l’agrément. « Je souhaitais fonder une entreprise à taille humaine. Se montrer agréable et naturel est aussi une manière de créer une bonne atmosphère dans l’auto-école. »
Outre cette belle palette de cursus, Gil formation est également un centre de récupération de points agréé : « Nous organisons des stages dans quatre villes du département de l’Oise, c’est-à-dire à Chambly, Beauvais, Compiègne et Villers-Saint-Paul, ainsi qu’à Saint-Ouen-l’Aumône dans le Val-d’Oise.
Et ça marche : en 2008, Gil Formation a enregistré un chiffre d’affaires d’environ 450 000 euros ! Une bonne nouvelle qui n’empêche pas Gilles Maruejouls de fourmiller de projets : s’il avait plus de temps, il créerait également une formation au BAFM. « Mais mon planning est chargé. Je devrais donc soit créer de nouveaux postes, soit enlever des activités. » Une réflexion à mener pour le dirigeant.
AVOIR LA FIBRE ENTREPRENEURIALEC’est le 1er octobre 2005 que Jocelyn Stourm, jeune chef d’entreprise dynamique, a repris l’auto-école de la rue Colbert, à Beauvais. Et il a démarré sur les chapeaux de roue : « J’ai toujours eu la fibre entrepreneuriale. Mon grand-père était chef d’entreprise, et j’ai entendu parler de sa réussite toute ma jeunesse. » Un bel exemple qui donne envie à ce jeune papa d’une petite fille de se mettre à son compte. Dès son arrivée dans la ville, il prospecte et mène son étude de marché. « Des 14 auto-écoles que comptait la ville, certaines ne misaient pas vraiment sur l’accueil et pratiquaient des tarifs peu cohérents ».
Il prendra un chemin inverse, c’est décidé. Fort d’une belle équipe de 8 salariés dont 6 moniteurs, Jocelyn Stourm structure autour de lui des collaborateurs qui ont l’esprit de l’entreprise. Objectif de ce dirigeant déterminé : augmenter le taux de réussite aux examens. « Moi, je n’individualise pas les résultats de mes moniteurs. Nous travaillons tous pour une enseigne – CER – dans un même but : la réussite de nos clients », pointe le dirigeant, qui a mis en place une organisation bien précise dans son auto-école.
Dans l’équipe, un directeur pédagogique chapeaute tous les moniteurs exerçant pour le permis B, et s’occupe également de trancher les litiges qui peuvent naître entre eux et les élèves. Un second directeur effectue les mêmes missions pour ses collègues pratiquant le permis moto. « Outre ce rôle de responsable, ils répartissent les places d’examens et donnent la ligne directrice de la formation à l’équipe », relève Jocelyn Stourm. Lui laisse toujours son bureau ouvert pour recevoir ses moniteurs, et entendre leurs demandes. Car l’auto-école n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’elle était avant l’arrivée du repreneur : fini la petite pièce fermée à l’espace peu utilisée. Aujourd’hui, place est faite à une grande salle de cours où les élèves s’exercent au Code devant un magnifique écran plat, tandis que leurs camarades optent pour des tests à pratiquer sur les trois ordinateurs dernier cri de l’espace attenant.
Le logo CER, présent sur le tapis rouge du sol et aussi sur les casquettes que s’amusent à porter le patron et ses moniteurs, et les posters de l’équipe de foot locale instaurent une ambiance bon enfant. « Nous apprécions beaucoup l’enseigne CER reconnue pour son savoir-faire et la qualité de ses formations. Ce partenariat nous a permis également de participer aux discussions consacrées à la réforme du permis. » Pourtant, tout n’est pas rose dans ce texte, concède Jocelyn Stourm. Car par exemple ceux qui vont échouer à l’examen vont faire de la conduite accompagnée avec leurs parents et cela constituera un manque à gagner pour les auto-écoles. » Au final, l’homme considère que la réforme comporte de bonnes idées. Le problème ? Leur mise en œuvre. Il n’en dira pas plus. En attendant, il contrôle avec une précision d’horloger les passages de ses élèves. « Avec le logiciel Rapido, je peux vérifier quand ils sont venus, à quel rythme, combien de tests ils ont effectué et combien de fautes. Le programme me permet d’affiner la formation, de les orienter vers les cours adaptés, et surtout de savoir s’ils sont prêts pour l’examen. » Le nerf de la guerre. Manifestement les méthodes d’enseignement de Jocelyn Stourm s’avèrent un succès : 75 % des élèves ont réussi leur Code en 2008 et 64,08 % ont eu leur permis B en 2007 ! Il faut dire que l’homme a également réussi à fidéliser ses moniteurs : un point important dans la qualité de l’enseignement. « Je les paye ! J’ai augmenté les salaires dès que j’ai repris l’entreprise. D’ailleurs, je compte développer le permis moto en recrutant un moniteur supplémentaire. »
La preuve que l’esprit d’entreprise fonctionne ? « J’ai triplé le chiffre d’affaires de mon prédécesseur ». Sans doute qu’en plus d’un vrai sens des affaires, Jocelyn Stourm a su communiquer sur son entreprise, et fédérer son équipe derrière lui.
Olivia Jamet
MISER SUR LE SAVOIR-ÊTRE
« Je voulais créer mon entreprise. » C’est ainsi que Pascal Hérouin a fondé Angadreme formation en novembre 2005, une société de formation au Bepecaser et au BAFM et de stages de récupération de points. Après 21 ans d’armée et une expérience d’examinateur au BAFM, l’homme décide de se lancer. « J’avais envie de transmettre mon savoir, car je savais ce que l’on attendait des moniteurs en centres d’examen », relève-t-il. Né au Mans, terre d’élection des courses automobile, ce chef d’entreprise a toujours eu une passion pour la voiture. « Je mise avant tout sur le savoir-être, pointe-t-il. Quelle est mon intention ? Qu’est-ce que je veux transmettre à l’élève ? Voilà les questions que je me pose ! » En effet, outre le BAFM, il forme les futurs moniteurs d’auto-école au Bepecaser et organise des stages de récupération de points.
Le dialogue est ici de mise. L’enseignant profite des deux jours du stage pour établir une relation avec le conducteur et discuter de sa manière de concevoir la route. « Une amie psychologue avec laquelle je travaille régulièrement a élaboré une approche orientée sur la relation humaine, afin de susciter la réflexion des participants sur leur pratique au volant, par exemple sur la fatigue, l’alcool, la vitesse, les distances de freinage, le stress… » Mais le chef d’entreprise ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et fourmille de projets. Angadreme formation a enregistré un chiffre d’affaires de 160 000 euros en 2008 et compte poursuivre sa croissance. « Afin de soutenir le développement de ma société, j’aimerais organiser des stages de formation au risque routier en entreprise, afin de sensibiliser chacun à l’importance des bonnes pratiques au volant. »
CARTES D’IDENTITÉ
Auto-école ECF Directeur : Pascal Desperelle
Formations proposées : B et AAC
Employés : six moniteurs et une secrétaire
Véhicules : deux Clio et cinq Polo. Le gérant envisage de remplacer ses Polo par des Clio pour toute sa flotte
Inscriptions : entre 200 et 300 par an.
Tarifs permis B : 840 euros (forfait de 20 h avec le Code), 34 euros l’heure de conduite.
Gil FormationGérant : Gilles Maruejouls
Effectifs : 8 salariés dont cinq moniteurs
Formations proposées : permis A, B, AAC, BSR, Bepecaser et spécialisation mention deux-roues, stages de capacité de gestion et de réactualisation des connaissances, stages de récupération de points.
Véhicules : 5 Citroën C3 et une Peugeot 807, 4 Kawasaki ER6, 4 Suzuki 500 GSE.
Tarifs : permis B (910 euros pour 20 h)
CER Jocelyn
Gérant : Jocelyn Stourm
Effectifs : 8 salariés
Formations proposées : permis A, B, AAC, A1, EB, BSR
Véhicules : 5 207 et une Citroën C4
Motos : 2 ER6 et une 125 ; un scooter Ludix
Tarif permis B : 950 euros au total (20 heures avec le code)
Angadreme formationGérant : Pascal Hérouin
Véhicules : 2 Citroën C4
Forfaits : stage de récupération de points. Deux jours (250 euros)
Formation BAFM : partie admissibilité (350 heures / 4 200 euros), partie admission (105 heures/2 100 euros).