Une « voiture tueuse » a provoqué le décès du mari de Laurence Bégo en janvier 2007. Cette courageuse mère de famille revient pour La Tribune des Auto-Ecoles sur cet épisode tragique et sur les motivations qui l’ont amené à devenir monitrice d’auto-école. « J’ai fait mon deuil de mon mari. Mais le deuil de l’accident, jamais, tant qu’on n’aura pas retrouvé le chauffard, que l’on puisse enfin le regarder dans les yeux ». Laurence Bégo, ancienne assistante maternelle, n’oubliera pas ce jour où son mari est mort dans un accident de la circulation, en Vendée. Un « danger de la route » avait intempestivement doublé le mari de Laurence Bégo, provoquant une collision entre un véhicule arrivant de face et la voiture du défunt mari. Avant de prendre la fuite. Plus de deux ans après, malgré quelques maigres indices – un petit véhicule, bleu ou vert, immatriculé dans le 85, avec un A apposé derrière – et la réouverture de l’enquête en janvier dernier, l’assassin reste introuvable.
MONITRICE –PRESQUE – PAR HASARD« J’ai été arrêtée 6 mois, ma vie devait changer », explique ensuite Laurence Bégo. Un an plus tard, la mère de famille se décide à passer le Bepecaser. Endeuillée par un accident de la route, puis s’engager dans la formation à la conduite, le lien semble évident, presque un scénario de film. Ce n’est pourtant pas le cas. « C’était totalement inconscient. C’est un de mes fils qui m’a fait réaliser en me disant que je n’étais pas devenue monitrice par hasard ». Laurence Bégo est en tout cas satisfaite de sa nouvelle vocation même si, au départ, une amie inspectrice lui avait « fortement » déconseillé de se lancer dans le métier, à cause du « rythme » de travail. « Ma principale difficulté, c’est de pouvoir concilier les horaires et de m’occuper de mes quatres enfants à charge », confirme-t-elle.
Autre inquiétude, certains profils d’apprentis conducteurs. « Ce qui m’a affolé, ce sont les personnes qui sont naturellement dangereuses au volant, qui bravent l’interdit », explique Laurence Bégo. Mais la monitrice, qui officie à Challans (85), ne regrette pas son choix. « J’ai une bonne approche avec les jeunes, c’est un public qui me convient tout à fait. Attention, je ne vais pas les voir pour leur évoquer mon expérience tragique de la route ! Je veux juste leur faire passer des messages. » Dans l’immense majorité des cas, les cours se déroulent à la perfection !
H. R.