La grippe A/H1N1 a pris la forme d’une pandémie au cours de ces derniers mois. Les gérants et moniteurs d’auto-écoles, de par leur proximité avec les clients, font partie des professions les plus exposées au virus. Quelles solutions sont envisagées pour les auto-écoles ? Si l’on pouvait craindre le pire il y a encore quelques mois, les médecins annoncent désormais un taux de mortalité pour la grippe A de 1 à 2 personnes sur 1 000. Soit le taux de mortalité d’une grippe dite « classique », loin du danger que représente par exemple la grippe aviaire, avec un taux de mortalité de 60 personnes sur 100.
UN PIC DE CONTAMINATION DE 2 À 3 SEMAINESCe qui est plus inquiétant, en revanche, c’est le caractère hautement contagieux de la grippe A. « Environ 25 à 30% de la population française sera touchée par la grippe A », indique le professeur Bernard Régnier, expert auprès du ministre de la Santé sur les infections nosocomiales. « Une vague importante de pandémie de 10 à 12 semaines est à prévoir, avec un pic de contamination sur une durée de 2 à 3 semaines », ajoute-t-il. On ne sait pas, en revanche, quand cette vague va déferler. A l’automne ? Au début de l’année prochaine ? A l’heure où nous mettions sous presse, les experts étaient toujours dans l’incapacité de le déterminer précisément…
LES AUTO-ÉCOLES SONT EN PREMIÈRE LIGNEToujours selon le professeur Régnier, « 95% de la contamination se fera à travers les gouttelettes [l’éternuement, les postillons] et le contact direct [une embrassade, une poignée de main] ». Dans les espaces confinés, les risques de contamination sont accrûs. Un facteur à risque qui concerne particulièrement les enseignants de la conduite, dans leur véhicule. Les salles de Code sont aussi de vraies zones à risque et il serait peut-être utile de « dispatcher » les élèves tout au long de la journée pour éviter un « pic » à certains moments de la journée, où la forte concentration d’élèves serait favorable à la circulation du virus. Pensez également à réduire les contacts directs, par exemple lorsque l’on récupère le dossier de l’élève. Rappelons que la dissémination du virus par voie respiratoire s’effectue à une distance de moins de deux mètres et qu’une personne est contagieuse à partir de la veille de l’apparition des symptômes et durant 7 jours après l’apparition de ceux-ci ! Il semble toutefois difficile pour le moniteur de proscrire toute proximité avec l’élève.
LES GESTES À ADOPTERMalgré des risques d’exposition élevés, inhérents à l’activité des auto-écoles, aucun plan ni mesure spécifique anti-grippe n’ont été prévus, selon le propre aveu de l’administration. Mais il ne faut pas s’alarmer pour autant ! Zineb Ouazene, médecin du travail au CIAMT (Centre de la médecine du travail), estime ainsi que « même si tous les cas sont envisageables, les auto-écoles n’auront pas à interrompre totalement leur activité, même au plus haut de la pandémie ». Plutôt un bon point, même si des précautions sont tout de même à prendre.
En premier lieu, porter le masque FFP2 (en forme de bec de canard), préconisé par la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. Problème, ce masque est « difficile à porter » selon Zineb Ouazene, en comparaison avec le masque chirurgical, préconisé pour les malades. Testez-le à bord de votre véhicule, sur une petite distance, pour voir si vous pouvez vous y accommoder en conduisant. Quatre masques FFP2 par employé et par jour vous seront nécessaires. Sachez que si la pandémie passe du stade 5a – aujourd’hui – au stade 5b (le niveau supérieur), le port du masque pourrait être imposé par les autorités sanitaires.
Zineb Ouazene ajoute aussi que la profession devra se munir de « solutions hydroalcooliques » [des gels désinfectants] à employer après chaque passage d’un élève dans la voiture. Autre conseil du médecin du travail, « aérer régulièrement le véhicule, en ouvrant les fenêtres » pour éviter que le virus ne stagne dans un espace confiné. Pour la climatisation, optez bien évidemment pour un recyclage extérieur.
NE PAS TOMBER DANS LA PARANOÏA !Rappelons que les symptômes sont ceux d’une grippe classique… donc aisés à déceler. « Une forte fièvre associée à une toux, des maux de gorge, le nez qui coule, des courbatures… », explique le médecin du travail. Toute complication (asthme, douleur dans le dos, gêne respiratoire) signe une forme grave qui devra être rapidement signalée à son médecin.
Attention non plus à ne pas tomber dans la paranoïa. L’infection peut aussi être totalement asymptomatique et même passer inaperçue ! A l’Île de la Réunion, que l’hiver a propulsé en première ligne face au virus, un gérant d’auto-école a récemment expliqué que sur la centaine d’élèves qu’a compté son auto-école cette année, seules 2 personnes ont été infectées. Les huit moniteurs de son équipe n’ont d’ailleurs pas été contaminés.
Hugo Roger