Les écoles de conduite boulonnaises grincent des dents. Mi-juin, la promesse du sous-préfet de leur adjoindre un inspecteur supplémentaire à plein-temps n’était toujours pas tenue. Résultat : les délais d’attente pour passer l’examen du permis de conduire ne cessent d’empirer. Il y a encore quelques années, la ville de Boulogne-sur-Mer comptait quatre inspecteurs. C’était le bon temps, serait-t-on tenté de dire. Depuis, les choses ont évolué dans le mauvais sens. Un inspecteur est parti à la retraite et n’a pas été remplacé, une autre est en congé maternité tandis qu’une dernière est employée à temps partiel. Jean-Yves Lanoy, gérant de l’auto-école Lanoy, estime tout simplement qu’à l’heure actuelle, « Boulogne-sur-mer compte 1,8 inspecteur » !
LES AUTO-ÉCOLES MENÉES EN BATEAUBref, le nombre d’inspecteurs est bien évidemment insuffisant pour une ville de la taille de Boulogne-sur-Mer et les auto-écoles s’en sont plaint à plusieurs reprises auprès de l’administration. « En général, quand on va râler ça va un peu mieux », précise Jean-Yves Lanoy, également président de l’association Gaeb (groupement des auto-écoles boulonnaises) qui défend les intérêts des écoles de conduite de Boulogne-sur-Mer. « L’association a été créée il y a six ans suite – déjà – à un problème au niveau du nombre d’inspecteurs. Mais on ne se réunit pas uniquement pour discuter des problématiques liées à la profession. On se voit aussi de temps à autres pour parler d’autres sujets ! », s’amuse Jean-Yves Lanoy. C’est d’ailleurs tout sourire, à la fin du mois de mai, que les représentants des auto-écoles du Boulonnais confient à la Voix du Nord leur satisfaction d’avoir été entendu par le sous-préfet. Ce dernier leur aurait promis un inspecteur supplémentaire au début du mois de juin.
Seulement voilà, les écoles de conduite de Boulogne-sur-Mer n’ont maintenant plus le cœur à rire. Les promesses du sous-préfet tardent à se concrétiser. « On s’est fait mener en bateau », fulmine Jean-Yves Lanoy. « Ce nouvel inspecteur, on l’attend toujours ! Ni le chef du personnel de la DDE, ni les inspecteurs eux-mêmes, ne sont au courant du recrutement d’un inspecteur supplémentaire. J’ai plus l’impression que le sous-préfet a joué sur les mots puisque, en effet, un inspecteur de Saint-Omer est venu « dépanner » deux samedis d’affilée. Je précise qu’on est prévenu à chaque fois au tout dernier moment ! De toutes façons ça ne suffit pas : on veut un inspecteur qui soit là à plein-temps. Le délai moyen pour repasser le permis en cas d’échec atteint aujourd’hui 4 à 6 mois, ce n’est plus possible. »
BOULOGNE-SUR-MER EN QUEUE DE PELOTONCet embouteillage au niveau de l’examen de la conduite est amplifié par un autre problème : le taux de réussite à l’examen des élèves issus des écoles de conduite boulonnaises. En effet, un quotidien a publié sur Internet – malgré les réticences de la profession – un « classement » des auto-écoles du Nord-Pas-de-Calais, validé par les services préfectoraux. Or, comme le souligne Jean-Yves Lanoy, « la ville de Boulogne-sur-Mer est en queue de peloton ». Si le gérant assure que les auto-écoles boulonnaises se sont remises en question, il semble qu’il y ait toutefois d’autres paramètres qui entrent en compte, dont la – présumée – sévérité des inspecteurs. « On a de bonnes relations avec eux. Il y a de jeunes inspectrices qui ont peut-être placé la barre trop haute au début, mais cela à tendance à s’améliorer ». Jean-Yves Lanoy évoque aussi une population boulonnaise « peut-être plus défavorisée » que celle des communes voisines ainsi que des rues qui sont reconnues comme « techniquement difficiles ».
UNE SOLUTION, ET VITE !Toujours est-il que ce déficit d’inspecteurs accentue la frustration de la profession à Boulogne-sur-Mer. « Dans le Nord-Pas-de-Calais, il y a une désorganisation complète des services préfectoraux », juge le gérant de l’auto-école Lanoy. Il serait temps d’y remédier pour que les auto-écoles boulonnaises puissent désengorger la liste d’attente des candidats à l’examen de conduite et ainsi effectuer leur travail dans les meilleures conditions. Il en va du respect de la profession et de ces jeunes, qui, même s’ils viennent en partie de quartiers populaires, méritent de pouvoir accéder à l’examen avec les mêmes chances que les autres.
Hugo Roger