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work Gestion & management — Juillet 2009

-Formation continue-
Stage obligatoire : les enseignants, c’est pour bientôt !


Si les contours de la formation continue obligatoire pour les enseignants de la conduite restent toujours flous à la fin mai, tout laisse à penser que la question devrait se décanter au cours de l’année prochaine.

Selon l’anecdote en vogue, la formation continue pour les enseignants de la conduite avait déjà été envisagée en 2001… lors de la mise en place du stage de réactualisation des connaissances pour les gérants. C’est une simple faute de frappe de l’administration qui aurait alors supprimé « la case » formation continue pour les moniteurs. Qu’à cela ne tienne, huit ans plus tard, la question revient sur le tapis. Prévue dans le point 15 de la réforme sur le permis de conduire, la formation continue pour les moniteurs d’écoles de conduite est plutôt bien accueillie par la profession.

RIEN AVANT 2010 ?
Etienne Charoing, vice-président de l’Unisdeca (Union Indépendante des salariés de l’enseignement et de la conduite automobile) se montre ainsi satisfait. « En tant que salariés, nous y sommes bien sûr favorables. Cela fait des années que l’on attend la création de ces stages. Ca ne pourra que tirer la profession vers le haut. » Avant de poursuivre : « on ne devrait pas en savoir beaucoup plus avant 2010 étant donné les priorités du moment. » En effet, selon la direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR), rien de nouveau n’est à signaler dans l’avancement du projet depuis la présentation de la réforme du permis de conduire, le 13 janvier dernier. Contenu, durée et coût, tout reste donc à définir. Les principaux centre de formation ne proposent donc pas encore de stage obligatoire de réactualisation des connaissances pour les enseignants de la conduite. Mais, selon leurs dires, ils restent dans les « starting-blocks » ! Il faut dire que ce marché ouvre des perspectives assez réjouissantes pour ces prestataires. Mais, pour l’heure, les priorités de l’administration concernent davantage la réduction du coût du permis et les délais de passage à l’examen. La formation continue obligatoire pour les salariés n’est donc pas à attendre – au moins – avant l’année prochaine.

LA FORMATION CONTINUE DOIT PERMETTRE DE GAGNER EN QUALIFICATION
Une échéance lointaine, certes, mais qui n’enlève rien à l’inéluctabilité du projet, comme le souligne Jean Chanois, président du Snecer-Unsa (Syndicat national de l’enseignement de la conduite et de l’éducation routière) : « la formation continue est une obligation pour chaque métier en Europe – directive européenne – et elle doit s’inscrire dans une hiérarchie des diplômes. Elle est donc inévitable. » Le Snecer-Unsa est en tout cas satisfait qu’une telle disposition soit désormais très sérieusement envisagée. « Le Snecer a toujours demandé une formation continue des enseignants salariés et des exploitants. La formation continue, ce n’est pas la possibilité de passer la mention moto quand on est enseignant auto. C’est la possibilité de s’améliorer, d’actualiser les connaissances et de confronter sa pratique aux autres. La formation continue doit nous permettre de réactualiser nos connaissances mais aussi de gagner en qualification. » Le président du syndicat Snecer-Unsa tient cependant à préciser qu’« une nouvelle génération de formateurs-chercheurs doit voir le jour, et que les sujets de recherche – comme l’unification du concept d’écoconduite –  débouchent sur des connaissances validées qui fassent preuve d’autorité. »

MILITER POUR UNE RÉFORME PROFONDE DE LA FILIÈRE
La formation continue obligatoire, oui, mais il faut qu’elle soit bien pensée et ainsi être utile à l’évolution professionnelle de l’enseignant ! Le CNSR ( Chambre syndicale des salariés responsables de l’enseignement de la conduite et de la sécurité routière ), par la voix de son secrétaire général Bruno Garancher, attend plus de l’administration. « Heureusement que certaines entreprises n’ont pas attendu de décisions de l’état pour proposer de la formation ! Tout enseignant de la conduite est bien entendu favorable à la mise en place de ces stages obligatoires. Mais cela ne suffit pas. Nous devons militer et faire pression pour que ce soit une refonte profonde de la filière qui soit mise en place » affirme le secrétaire général du CNSR. Avant de conclure : « quel plan de carrière peut-on donner à un jeune de 20-25 ans quand il arrive dans le métier ? Le taux de turn-over dans la profession est actuellement proche de 23 %. Il faut que la formation continue permette d’accéder à d’autres fonctions. Il faut réformer complètement le système avec l’acquisition de nouveaux droits et la possibilité de passerelles vers d’autres métiers ».

UN PAS EN AVANT
Les enseignants de la conduite sont pour la plupart satisfaits de se voir octroyer la possibilité d’améliorer leurs qualifications. Quoi de plus logique ? En effet, quel salarié serait contre le fait d’acquérir de nouvelles compétences dans le cadre de son emploi ? Si l’administration ne doit pas s’arrêter en si bon chemin et trouver des solutions viables pour assurer une stabilité à la profession, ce point de la réforme du permis de conduire va valoriser la filière auprès des jeunes – ou moins jeunes – qui souhaitent se lancer dans le métier de moniteur d’auto-école. Reste désormais aux acteurs de ce dossier à déterminer comment s’articuleront ces stages obligatoire de réactualisation des connaissances pour les enseignants de la conduite… et à convaincre les exploitants que « perdre » un salarié durant quelques jours ne nuira pas à leur activité !

Hugo Roger



LA FORMATION ? IDÉAL POUR FIDÉLISER LES SALARIÉS !

Voir un salarié partir en stage de perfectionnement est souvent mal vu par l’exploitant. Les mentalités ont cependant tendance à évoluer sur ce sujet. Comme l’indique Hervé Baptiste, directeur de l’entreprise Davantages Informatique & Formation, « ce qui freine le plus souvent les gérants lorsqu’un salarié part en stage, c’est le coût de la formation. Or, certains ne sont pas forcément au courant qu’une partie des frais est prise en charge ». Des centres de formation ont identifié des manques et proposent de nouveaux services aux moniteurs, mais aussi aux gérants et aux secrétaires d’école de conduite. Parmi les nouveautés, notons « l’animation de RDV pédagogiques en salles » destiné à ceux – et il y en a – qui ont du mal à prendre haut la parole devant les clients. Autres stages de perfectionnement bien utiles : « management des auto-écoles », pour apprendre à (bien) recruter les moniteurs, « marketing-vente-acceuil », « animation post-permis »et « formation à l’éco-conduite ». Joël Cassegrain, président de l’association Ligne Droite – créée en novembre 2008 – appuie : « ce qui plaît le plus aux enseignants actuellement, c’est les formations en éco-conduite et en risque routier. Les enseignants cherchent à se former pour intervenir dans ces deux domaines auprès des entreprises. »  Hervé Baptiste conclut : « certes le gérant se prive d’un salarié pendant un certain temps. Mais, au fond, former les moniteurs, n’est-ce pas le meilleur moyen de les fidéliser ? »


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