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warning Sécurité routière — Juillet 2009

-Polémique-
Éclairage public et sécurité routière font-ils bon ménage ?


Un éclairage public confortable favorise-t-il la vitesse en conduite nocturne, augmentant ainsi le nombre des accidents ? Ce n’est pas l’avis de l’Association française de l’éclairage, qui a exprimé son point de vue à ce sujet.

Plus une route ou une autoroute est éclairée, plus elle serait accidentogène, à cause du renforcement de l’impression de sécurité qu’elle entraîne pour les automobilistes, qui auraient ainsi tendance à augmenter leur vitesse, rassurés par un faux sentiment de confiance. Ce raisonnement paradoxal est contesté par l’Association française de l’éclairage (AFE), qui estime qu’il sert parfois de justification pour réduire l’éclairage des voies de circulation, voire le supprimer, en parallèle avec des motifs d’économie d’énergie et de réduction d’émission de CO2. De plus, toujours selon l’AFE, les tronçons éteints suite à des pannes ou des sabotages ne seraient parfois pas réparés pour cette raison, tandis que d’autres, aujourd’hui éclairés, seraient volontairement éteints.

LES BÉNÉFICES DE L’ÉCLAIRAGE SUR LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE
Aucune étude n’ayant été véritablement effectuée sur le sujet, l’AFE a financé une enquête scientifique sur l’éclairage et la sécurité routière, confiée au CNRS et en particulier au CEPA (Centre d’étude de physiologie appliquée) de Strasbourg. L’AFE a mis en avant plusieurs conclusions de cette étude. Tout d’abord, l’éclairage n’entraîne pas d’augmentation de la vitesse moyenne des automobilistes : elle se révèle identique que la route soit ou non éclairée. D’autre part, la meilleure visibilité constatée par les sujets favorise les comportements d’anticipation et l’optimisation des trajectoires. Les tests ont ainsi montré une anticipation significative du déport en cas d’obstacle sur la route (200 à 250 m plut tôt). L’éclairage offre une visibilité sur une distance 3 à 4 fois supérieure à la distance d’arrêt d’un véhicule. En créant un volume lumineux de faible intensité dans le champ visuel du conducteur, il réduit, voire supprime, le phénomène d’éblouissement provoqué par les phares des autres véhicules ou par les lumières environnantes. Enfin, il rétablit le champ tridimensionnel qui, seul, permet la bonne évaluation des distances. Bref, l’éclairage serait ainsi, selon l’étude citée par l’AFE, moins accidentogène que l’absence d’éclairage.

C. S.

 L’intégralité de l’étude peut être consultée sur le site www.afe-eclairage.com.fr


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