← Retour à la liste
flag Mouvements sociaux — Juillet 2009

-Pas-de-Calais-
Incertitude sur l’avenir du centre d’examen de Bruay-la-Buissière


Après la levée de bouclier des auto-écoles face à un changement sans concertation de centre d’examen, les établissements sont revenus à leur centre initial de Bruay-la-Buissière. Mais pour combien de temps ?

« Il n’y a eu aucune concertation préalable avec les auto-écoles ». C’est ce qui exaspère particulièrement Joël Mortier, gérant du CER Mortier, situé à Auchel (62), et président départemental de la FNEC. Le 13 mars dernier, une quarantaine d’auto-écoles de différentes communes dépendant du centre d’examen de Bruay-la-Buissière ont été informées par la DDE du Pas-de-Calais que dès le 1er avril, elles devraient, pour passer l’ETG, rejoindre celui de Béthune, plus éloigné. « Ceci dans le cadre d’une politique de regroupement de centres d’examen et de suppression de petits centres. De plus, la salle de Béthune est gratuite alors que celle de Bruay était payante », indique Joël Mortier.

LES AUTO-ÉCOLES DE CENTRE EN CENTRE
Une fois au centre d’examens de Béthune, les soucis se sont accumulés, selon Joël Mortier. Et le gérant de les énumérer : « problèmes d’horaires, retards dans le début des épreuves, salle mal insonorisée, absence de places de stationnement aux abords de la salle… »
Alors, avec plusieurs autres collègues, il décide d’intervenir auprès de la DDE. Cela a porté ses fruits, puisque « en mai, nous avons pu retourner à Bruay, non pas dans notre salle initiale, la salle Hurtrel, mais dans la salle communale de Marmottan, qui elle, est gratuite. Nous devons finalement retrouver la salle Hurtrel à partir de juin. Elle sera alors elle-aussi gratuite, grâce à notre rencontre avec le maire de Bruay. Bref, dans le Pas-de-Calais,  les auto-écoles voyagent beaucoup pour aller passer l’examen ! »
Les écoles de conduite se demandent toujours si la DDE envisage à long terme de supprimer le centre de Bruay. « Le doute persiste. Nous avons contacté le médiateur de la République Jean-Paul Delevoye, qui a transmis nos interrogations au ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo. Ce dernier a confirmé « qu’aucune décision de regroupement de certains centres d’examens dans le Pas-de-Calais n’a été prise. Si des évolutions devaient être envisagées (…), elles ne le seront qu’après consultation de l’ensemble des parties concernées au plan local. » Malgré ces termes rassurants, les auto-écoles restent vigilantes…

LE CNPA ÉGALEMENT INDIGNÉ
La présidente départementale du CNPA dans le Pas-de-Calais, Marie-Françoise Le Berre, exprime également sa colère. « La décision de fermer le centre d’examen et d’aller sur Béthune nous a été annoncée brutalement, sans aucune concertation avec les organisations professionnelles, alors que c’est normalement obligatoire. J’ai envoyé un courrier au préfet du Pas-de-Calais pour exprimer mon indignation à ce sujet. Car si on laisse faire pour le centre de Bruay, c’est la porte ouverte à la fermeture d’autres centres. Si le centre de Bruay est finalement transféré à Béthune, nous n’hésiterons pas à manifester ! »
Du côté de la DDE du Pas-de-Calais, Yves Hanot, délégué de la cellule éducation routière, reconnaît en effet « qu’il n’y a pas eu de concertation avec les auto-écoles », tout en indiquant que « dans l’immédiat, aucune suppression du centre de Bruay ni aucun retour au centre de Béthune ne sont prévus. »

C. S.



Dans le même thème

Pénurie de places d’examen : Après la manifestation parisienne, l’intersyndicale ne lâche rien !
Face à une pénurie de places d’examen sans précédent, les organisations syndicales des écoles de conduite (Mobilians-ESR, UNIC et UNIDEC) rejointes en septembre par le SNICA-FO, sont mobilisées depuis l’été pour augmenter l’effectif des inspecteurs et le nombre d’heures de formation minimum en B. Le point sur les avancées et les actions à venir.
Pénurie et hausse du prix des carburants : Les auto-écoles sont à la peine
Après le blocage de plusieurs raffineries, les auto-écoles ont subi en novembre 2022 une nouvelle hausse du prix des carburants qui s’ajoute à la revalorisation des salaires. Cette situation devrait engendrer le gel des investissements et des recrutements.
Épidémie de Covid-19 : La profession fait face à la crise et s’organise pour la reprise
Déjà largement secouées par les multiples réformes et la concurrence des plateformes, les écoles de conduite n’étaient pas prêtes à affronter un arrêt total de leur activité. Pour autant, face à cette situation de crise, la profession se révèle solidaire et inventive, en attendant avec impatience la reprise.