Lors du CISR du 13 janvier dernier, le Premier ministre, François Fillion, annonçait une révision des questions ETG et le passage de l’examen sur ordinateur. Un comité d’experts a été consulté avant de présenter le projet aux représentants de la profession.Supprimer les questions aux tournures trop complexes ou ambiguës, mais aussi en créer de nouvelles portant sur la prise de conscience des risques, les nouvelles mobilités, l’écoconduite, le partage de l’espace public ou encore le comportement des conducteurs novices, tel est l’objectif de la refonte des 514 questions de l’actuelle banque de données utilisée lors de l’épreuve théorique générale.
Pour mener à bien cette révision, un comité d’experts a d’ores et déjà été consulté lors de trois réunions de travail qui ont eu lieu les 19 et 26 mai, et le 4 juin. La synthèse de ces travaux devrait ensuite être présentée aux représentants de la profession lors d’une « commission miroir ».
PASSAGE DE L’EXAMEN SUR ORDINATEURPar ailleurs, le ministère souhaite que le passage de l’ETG se fasse sur des ordinateurs individuels. Selon un communiqué de la DSCR, « la première étape consiste à rechercher et sélectionner, après appel à concurrence, un assistant à maître d’ouvrage pour préparer l’appel d’offre de conception et de réalisation du système qui sera lancé à l’automne 2009 ». L’objectif étant d’être opérationnel d’ici mi-2011.
LES SYNDICATS EXPLOITANTS RESTENT MITIGÉSPour Daniel Blot, président du CNPA –formation de la conduite, « la suppression des questions utilisant une terminologie trop compliquée est une bonne chose, mais il faut veiller à ne pas rendre le permis trop facile. De nombreuses questions ont déjà été éliminées et nous estimons que le niveau est désormais acceptable ». Quant au passage de l’ETG sur ordinateur, le CNPA estime que « cela ne peut être que meilleur d’un point de vue pédagogique car le tirage aléatoire permet d’éviter le bachotage et la triche. Mais il ne faut pas que cela entraîne une diminution du nombre de centres d’examens ».
Jean-Louis Bouscaren, président de l’Unidec, tient tout d’abord à souligner « sa surprise de ne pas faire partie de la commission d’experts ». Il ajoute : « L’examen du permis de conduire est celui qui concerne le plus grand nombre de Français. On est obligé de s’adapter à tous les publics, sans tomber dans la négation de la connaissance. » Sur la question du passage de l’examen ETG sur ordinateur, l’Unidec estime « qu’il ne faut pas rêver. C’est une bonne mesure, mais elle n’est pas applicable avant trois ou quatre ans. C’est un os à ronger pour les gens, l’administration n’a pas les moyens de mettre cela en place à court terme. Par ailleurs, si les questions ETG sont rendues publiques sur Internet, il faut que la banque de données contienne au moins de 2 000 à 2 500 questions. »
Philippe Colombani, président de l’Unic, estime que « la suppression des questions trop complexes est une bonne chose. Mais attention à ne pas trop simplifier non plus ! Si des candidats n’arrivent pas à répondre à une question nécessitant un simple calcul mathématique, ça ne dépend plus de nous, mais de l’Education nationale. Philippe Colombani juge par ailleurs que « le passage de l’ETG sur des ordinateurs, avec tirage aléatoire, permettra d’éviter la fraude. Selon Gilles Leblanc, il y aura des salles de Code attitrées, en nombre suffisant. Il nous a assuré un minimum d’une salle d’examen par préfecture et sous-préfecture. »
Le président de la FNEC, Michel Terekoff, indique lui que « la révision des questions est actuellement souhaitable, car il y a beaucoup de questions pièges. A la vue d’une photo en 2D, on est pas en situation réelle, on ne peut donc pas aller trop loin dans l’évaluation des candidats ». Quant au passage de l’ETG sur ordinateur, la FNEC pose la question : « Est-ce que certains élèves seront en mesure d’utiliser l’appareillage à leur disposition ? On préconise un retour à l’ancien système d’admissibilité de l’ETG avec des séances collectives. Sur le plan pédagogique, en revanche, il est vrai qu’on éviterait plus facilement les fraudes ».
S. A. et H. R.